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Widad : « Je peux marcher à nouveau »

Réadaptation
Irak

En 2009, Widad a été blessée avec d’autres membres de sa famille dans une attaque à la voiture piégée en Irak. Cinq ans plus tard, elle a dû fuir sa ville à l’arrivée de groupes armés. Depuis son retour à Jalawla, les équipes de Handicap International lui proposent des sessions de kinésithérapie. Les séances de rééducation mises en place par l’association ont permis à Widad de marcher à nouveau.

Ola à côté de sa mère, Widad, lors d’une session de kinésithérapie menée par Omar de Handicap International

Ola à côté de sa mère, Widad, lors d’une session de kinésithérapie menée par Omar de Handicap International | © E. Fourt / Handicap International

Omar, kinésithérapeute, et Haider, travailleur psychosocial, se rendent ce matin chez Widad, à Jalawla. Il y a sept ans, cette mère de famille a survécu à une explosion, alors qu’elle était partie faire ses courses au marché. Immédiatement transportée à l’hôpital le plus proche, elle a du être opérée plus d’une dizaine de fois car son nerf sciatique avait été touché. Après cet accident, Widad n’a jamais pu remarcher correctement. « C’est le chef du village qui nous a informés de son cas, il y a quelques mois », explique Omar. « Lorsque nous avons entendu son histoire, nous sommes immédiatement partis la rencontrer pour lui proposer des soins de réadaptation. » Depuis, Handicap International aide Widad à se déplacer à nouveau.

Omar entame une série d’exercices avec elle sous le regard attentif d'Amer, son mari. « Le but de cette session est de renforcer les muscles de la jambe droite de Widad et d’expliquer à son mari comment lui faire faire ce genre d’exercices quand nous ne sommes pas présents », détaille le kinésithérapeute. « Nous avons également fourni des béquilles, une chaise-toilette et un lit à Widad pour faciliter son quotidien. »

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Ces quelques pas sont une victoire

Omar annonce à la jeune femme qu’il lui a apporté une autre chose qui va beaucoup l’aider. Il sort de son sac une orthèse, qu’il fixe à la jambe de Widad. « Cela va tout changer pour elle », dit-il en souriant. Le kinésithérapeute invite alors la jeune femme à se lever et à marcher, en s’appuyant sur sa béquille dans un premier temps. Widad ne semble pas très confiante, mais tente d’avancer comme elle peut. Très vite, elle réalise que l’orthèse soutient son pied droit et lui permet de le positionner correctement au sol : elle accélère le pas. Alors qu’elle avance désormais sur la pelouse de son jardin, son sourire ne fait que s’agrandir. « Et bientôt, ses béquilles ne seront qu’un lointain souvenir », ajoute Omar.

Pour Widad, ces quelques pas sont une victoire. Voilà plusieurs années qu’elle ne se déplaçait que très difficilement. « Le plus dur a été quand nous avons dû fuir notre ville, il y a deux ans », raconte-t-elle. « Nous sommes partis dans la nuit et dans la panique, j’ai oublié ma béquille. Heureusement que nous n’avons pas fait tout le chemin à pied, je n’aurais pas pu suivre… »

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"Ça me rappelle pourquoi je fais ce métier"

Widad et sa famille ont trouvé refuge dans une autre ville du gouvernorat. « Pendant près de deux ans, nous avons dû vivre à 27 dans une seule chambre. La vie était très dure là-bas », raconte-t-elle. « Puis, en février dernier, nous sommes rentrés à Jalawla. Notre maison avait été pillée et nos fenêtres cassées... Ces dernières années ont été très difficiles pour moi… »

Alors que la session de kinésithérapie touche à sa fin, Widad remercie Omar pour son aide. « Avant, je ne pouvais ni me lever, ni marcher. Alors, j’ai l’impression d’avoir fait des progrès. Le fait de marcher à nouveau va me permettre de subvenir aux besoins de mes proches. La situation à Jalawla est difficile et j’aimerais aider mon mari, avec les dépenses de la famille. Je pourrais, par exemple, préparer des spécialités et les vendre : j’adore faire la cuisine. » Omar est ravi : « Quand je vois les gens que l’on aide faire de nouveaux projets et aller de l’avant, cela me rappelle pourquoi je fais ce métier ».

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Publié le : 10 février 2017
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