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« Je rêve de retourner chez moi »

Réadaptation Urgence
Irak

Reema a 72 ans et est originaire de Gogjali, un village irakien frontalier de Mossoul. Les combats l’ont amenée à se réfugier avec sa famille dans le camp de déplacés de Khazer. Souffrant de plusieurs maladies, Reema ne survit qu’avec l’aide des siens. Les équipes d’urgence de Handicap International lui ont rendu visite.

 Reema avec sa petite fille Dhoha dans leur tente du camp de Khazer en Irak

Reema avec sa petite fille Dhoha dans leur tente du camp de Khazer en Irak | © E. Fourt / Handicap International

Lorsque l’équipe de Handicap International frappe à la porte de la tente de Reema, c’est une jeune fille vêtue d’un long manteau qui les salue. Dhoha invite les kinésithérapeutes de l’association à entrer, en leur expliquant doucement : « Vous devez rencontrer ma grand-mère, elle a besoin de vous ». Assise sur un fin matelas posé à même le sol, Reema invite les professionnels de l’association à s’installer dans la tente. « Je souffre de diabète et d’arthrite, je ne peux plus marcher et je suis très fatiguée », leur dit-elle. Dhoha s’installe auprès de sa grand-mère et essaie de la protéger du froid en lui frottant le dos.

Reema demande à sa petite fille d’allumer le poële pour réchauffer un peu la tente. Dehors, le vent souffle alors que Reema se confie aux professionnels de l’association. « Nous venons de vivre plus de deux ans d’horreur », raconte-t-elle tristement. « Pas un jour ne s’est écoulé, au cours des deux dernières années sans que je n’ai pleuré. Ici, il fait très froid, surtout la nuit. Mais au moins, la peur nous a quittés. » Reema raconte aussi sa fuite et comment elle est arrivée dans ce camp. « Cela a été très dur. Nous sommes partis à pied. Mes enfants et petits-enfants me poussaient à tour de rôle dans mon fauteuil roulant. Dhoha est constamment avec moi, elle m’aide énormément », ajoute-t-elle en regardant tendrement sa petite fille. « Ça me fait plaisir de le faire, grand-mère », répond l’adolescente.

Des conseils et des aides à la mobilité

Les professionnels de Handicap International s’enquièrent ensuite de l’état de santé de Reema. « Ici, je vais tout de même un peu mieux qu’à Gogjali, je me sens moins fatiguée. J’arrive enfin à dormir et je pense que ça m’aide. » La vieille dame admet tout de même souffrir de son manque de mobilité et de douleurs persistantes aux genoux. Salam, kinésithérapeute, lui donne quelques conseils pour que son état s’améliore. Il explique également à Dhoha les exercices de réadaptation qu’elle peut faire faire quotidiennement à sa grand-mère. Bientôt, il apportera un fauteuil roulant et un déambulateur à Reema pour qu’elle puisse se déplacer plus facilement dans le camp.

Avant que les professionnels de Handicap International ne quittent sa tente, Reema leur confie ses espoirs. Elle voudrait pouvoir un jour retourner chez elle avec le reste de sa famille. « Et cette fois, c’est moi qui prendrais soin d’eux. Je commencerai en leur cuisinant un bon repas… »


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Publié le : 31 janvier 2017
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