Go to main content

« J’ai peur pour ma fille de 2 ans »

Réadaptation Urgence
Irak

La famille de Sinat, 2 ans, est arrivée fin 2016 dans le camp de Khazer en Irak, qui accueille quelque 30 000 personnes ayant fui la ville de Mossoul et ses environs. Sinat souffre de paralysie cérébrale et ses parents s’inquiètent beaucoup de son état de santé. Une équipe de Handicap International leur a rendu visite pour que la petite fille bénéficie de soins de kinésithérapie adaptés.

Sinat avec un kinésithérapeute de Handicap International en Irak

Sinat avec un kinésithérapeute de Handicap International en Irak | © E. Fourt / Handicap International

Assise à même le sol, Hana tient deux de ses trois enfants dans les bras. Sinat, presque 2 ans, semble dormir à poings fermés. À côté d’elle, son petit frère de 4 mois regarde l’équipe de Handicap International entrer dans la tente familiale. Mohamad, kinésithérapeute et Diana, travailleuse sociale, se présentent à Hana. Des voisins les ont informés qu’un de ses enfants souffrait de paralysie cérébrale et ils souhaitent lui venir en aide. Hana accepte l’offre des professionnels de l’association et les invite à s’installer sur le matelas posé par terre, à côté d’un berceau en bois. Sinat se réveille alors et Mohamad la prend dans ses bras. « Je n’ai appris que récemment ce dont ma fille souffrait vraiment », explique Hana au kinésithérapeute.

« Le jour où Sinat est née, elle n’a pas pleuré et j’ai tout de suite compris qu’il y avait un problème. Les docteurs m’ont dit qu’elle avait de grosses difficultés à respirer mais que tout irait bien. Ils l’ont opérée et m’ont expliqué que le prochain bilan de santé aurait lieu lorsqu’elle aurait 1 an. Ce n’est qu’il y a deux mois que j’ai appris qu’elle souffrait d’une paralysie cérébrale », ajoute-t-elle.

La kiné est essentielle pour cette petite

Mohamad fait une première évaluation de l’état de santé de Sinat. « Elle souffre d’une déformation importante au niveau de la colonne vertébrale et de la hanche. La kinésithérapie est essentielle pour cette petite et si nous n’agissons pas rapidement, son état va empirer considérablement », explique-t-il alors qu’il fait faire quelques exercices au bébé. Il commente chacun de ses gestes pour qu’Hana puisse les reproduire quotidiennement dès aujourd'hui. Très concentrée, la mère de Sinat pose des questions et regarde attentivement les mouvements du kinésithérapeute.

« J’ai très peur pour ma fille. Nous venons de vivre deux ans d’angoisse, d’exécutions, de menaces et d’explosions en tous genres… Dieu merci, je ne peux pas me plaindre de la vie dans le camp après ça. Mais je suis encore très anxieuse quand je pense à l’avenir de mes enfants. Sinat, à cause de sa maladie, me préoccupe d’autant plus. J’aimerais tellement qu’elle puisse grandir comme toutes les autres petites filles de son âge… »

Hana, mère de Sinat

L'ironie de l'histoire

Alors que la session se termine, Hana prend Sinat dans ses bras. « Vous savez quelle est l’ironie de toute cette histoire ? », dit-elle alors calmemement, « Nous sommes originaires de Khazer. Il y a deux ans, lorsque le groupe État islamique est arrivé dans notre village, nous avons fui vers Mossoul. Jamais nous n’aurions pensé qu’ils prendraient le contrôle d’une si grande ville. Aujourd’hui, nous sommes de retour dans notre village d’origine, mais nous vivons dans un camp. J’espère que nous pourrons bientôt retourner dans la maison que nous avons quittée il y a deux ans. Me sentir chez moi m’aidera à tourner la page et à me faire moins de souci pour mes enfants. »

Sinat avec un kinésithérapeute de Handicap International en Irak © E. Fourt / Handicap International
Sinat avec un kinésithérapeute de Handicap International en Irak © E. Fourt / Handicap International
 

Hana avec deux de ses trois enfants dont Sinat dans ses bras, dans leur tente dans le camp de Khazer en Irak © E. Fourt / Handicap International
Hana avec deux de ses trois enfants dont Sinat dans ses bras, dans leur tente dans le camp de Khazer en Irak © E. Fourt / Handicap International
 


Lire également :

 

Publié le : 20 janvier 2017
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relations donateurs
04 78 69 67 00

Relations presse

Nathalie BLIN
04 26 68 75 39 / 06 98 65 63 94
nblin@handicap-international.fr

 

 

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

"Votre aide a renforcé notre motivation"
© Elisa Fourt / HI
Réadaptation Urgence

"Votre aide a renforcé notre motivation"

Talal et sa famille sont réfugiés au Liban depuis le début de la guerre en Syrie. L’année dernière, le père de famille a été victime d’un grave accident et est aujourd'hui partiellement paralysé. Handicap International l’accompagne avec des soins de kinésithérapie.

L’action contre les mines en 2018
© Elisa Fourt / HI
Déminer les terres

L’action contre les mines en 2018

Les évolutions du déminage tiennent beaucoup aux mutations récentes des contextes d’intervention. Thomas Hugonnier, responsable de l'action contre les mines au siège de Handicap International, explique les caractéristiques du déminage aujourd’hui.

Farhana, kinésithérapeute, raconte son travail dans un camp de réfugiés
© Philippa Poussereau / HI
Réadaptation

Farhana, kinésithérapeute, raconte son travail dans un camp de réfugiés

Farhana, kinésithérapeute de Handicap International, travaille au camp de Kutupalong au Bangladesh, l’un des plus grands camps de réfugiés au monde. Ibrahim est l’un des 600 000 Rohingyas ayant fui les violences qui ont éclaté au Myanmar en août 2017. Lourdement blessé, sa vie a radicalement changé. Farhana raconte sa rencontre avec Ibrahim et le travail qu’ils ont réalisé ensemble.