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« Rentrer chez nous sera trop difficile »

Urgence
Irak

Ahmad, Zakia et leurs 5 enfants ont fui leur village en Irak. Ils vivent désormais dans le camp de Khazer, qui accueille des dizaines de milliers de déplacés depuis octobre 2016. Encore traumatisés par leur départ et les deux ans passés sous le joug du groupe État islamique, Ahmad et son épouse ont reçu une équipe de Handicap International pour une session de soutien psychosocial.

En Irak, les jeunes Ibrahim et Ghaïda dessinent pendant que leurs parents s’entretiennent avec Handicap International

© E. Fourt / Handicap International

Aujourd’hui, deux représentants de Handicap International se rendent dans la tente d’Ahmad. Ils sont accueillis par une petite fille au sourire radieux qui les invite à rentrer pour rencontrer ses parents. Alors qu’Ahmed et Shinda se présentent à la famille, Ghaïda retourne dessiner dans un coin de la tente avec son petit frère Ibrahim. Les professionnels de l’association sont venus discuter avec Ahmad et Zakia de leur expérience. Depuis quelques jours, les travailleurs psychosociaux se déplacent dans le camp de Khazer, tente par tente, pour apporter un soutien d’urgence aux familles déplacées. « Ces personnes viennent de vivre quelque chose de particulièrement traumatisant. Il est essentiel qu’elles puissent en parler et exprimer ce qu’elles ressentent. », explique Shinda, travailleuse psychosociale.

"Nous étions en enfer"

« Avant 2014, nous menions une vie relativement normale », raconte Ahmad. « J’étais fermier et je produisais mes propres œufs, mon lait… Lorsque cela ne suffisait pas, je travaillais aussi comme chauffeur de taxi. Mes enfants allaient à l’école et bien que nous ayons peu, nous étions tous en bonne santé et heureux. » Le père de famille soupire et ajoute : « Lorsque le groupe État islamique est arrivé dans notre village il y a deux ans, nous avons tout perdu. C’est comme si nous étions arrivés en enfer, du jour au lendemain. Je vivais dans la peur constante. »

Zakia, la femme d’Ahmad, prend la parole à son tour :

« Pendant deux ans, nous avons dû utiliser nos économies pour survivre. La vie était très dure. Mais le plus compliqué pour moi, ce sont les images gravées dans ma mémoire et qui ne me quittent pas. Je revois les explosions de voitures piégées et les crimes en tous genres. Aujourd’hui, je ne pense pas que nous retournerons un jour dans notre village. Rentrer sera trop difficile après ce que nous venons de vivre. »

"Je continuerai d'avancer pour mes enfants"

Les professionnels de Handicap International écoutent attentivement Ahmad et son épouse et leur donnent des conseils pour gérer leurs émotions au quotidien. « Si je dois être honnête avec vous, je n’ai plus beaucoup d’espoir quant à l’avenir de mon pays », confie Ahmad.

« Mais malgré ça, je continuerai d’avancer pour mes enfants. Aujourd’hui, ma priorité est qu’ils reçoivent l’éducation dont ils n’ont pas pu bénéficier au cours des deux dernières années. Leur bonheur est tout ce qui m’importe maintenant. »

Publié le : 17 janvier 2017
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