Accès direct au contenu
 
 

10 ans après le séisme, des soins de réadaptation de meilleure qualité et des infrastructures améliorées

Réadaptation
Haïti

Haïti n’a pas été épargné au cours de ces dix dernières années. À un tremblement de terre dévastateur le 12 janvier 2010 suivi d’un terrible ouragan en 2016, s’ajoute une grande instabilité politique qui paralyse le pays encore aujourd’hui. En 2010, Handicap International avait déployé dans le pays l’une des plus grandes missions d’aide humanitaire de son histoire. L'association continue d'apporter une contribution majeure au renforcement du réseau de réadaptation physique.

Moïse, 13 ans, et son frère aiment jouer au foot. Moïse a perdu sa jambe suite au séisme de 2010 en Haïti. Il a reçu une prothèse grâce au soutien de Handicap International.

Moïse, 13 ans, et son frère aiment jouer au foot. Moïse a perdu sa jambe suite au séisme de 2010 en Haïti. Il a reçu une prothèse grâce au soutien de Handicap International. | © Davide Preti / HI

Le 12 janvier 2010, Haïti a été secoué par un séisme d’une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter. Le bilan a été particulièrement lourd : plus de 230 000 habitants ont perdu la vie et 300 000 autres ont été blessés. Dans la région touchée par la catastrophe, les infrastructures médicales ont été en grande partie détruites. Haïti ne comptait alors que 13 kinésithérapeutes, la plupart vivant à l’étranger. Le pays a dû également faire face à cette absence de spécialistes en réadaptation.

Un paysage d’apocalypse 

« Des camps improvisés ont surgi un peu partout. Des centaines de survivants dormaient sur les parkings des hôpitaux. La plupart des structures de santé s’étaient effondrées », explique Sylvia Sommella, directrice de Handicap International en Haïti. En 2010, Sylvia est arrivée à Port-au-Prince quelques jours après le séisme. « Les gens continuaient à rechercher des survivants coincés dans les décombres. Les maisons s’étaient effondrées, complètement pliées sur elles-mêmes. À certains endroits, la poussière levée par les maisons effondrées flottait encore dans l’air. Un véritable paysage d’apocalypse. »

> En vidéo, le témoignage d'Aleema Shivji, kiné membre de l'équipe d'urgence de Handicap International en 2010 :

Déploiement rapide de l’aide d’urgence

Handicap International est intervenue immédiatement après la catastrophe. Sa plateforme logistique qui fonctionnait depuis plusieurs années a alors été renforcée et quelques jours après le séisme, les premiers kinésithérapeutes et des tonnes de matériel humanitaire arrivaient déjà sur le terrain. Dès février 2010, quelques semaines après la catastrophe, l’ONG fournissait les premières prothèses d’urgence dans les camps de fortune. En mars, ses équipes ont commencé à travailler dans un centre de réadaptation. Au plus fort de l’intervention, plus de 600 de ses collaborateurs étaient à pied d’œuvre pour prêter secours aux survivants. Plus de 90 000 personnes ont bénéficié de soins de réadaptation et plus de 1 400 autres ont reçu une orthèse ou une prothèse. En outre, un soutien psychosocial a été apporté à plus de 25 000 victimes.

> En vidéo, découvrez Moïse, bénéficiaire de Handicap International passionné de football :

En savoir plus sur son histoire

> Lire les témoignages d'autres bénéficiaires :

Se préparer à de nouvelles urgences

En 2012, Handicap International a lancé un programme de formation de techniciens en orthopédie et de techniciens en réadaptation physique en coopération avec USAID et l’université Don Bosco de El Salvador. Ce programme, mis en œuvre jusqu’en 2016, a permis de former 86 nouveaux experts qui travaillent actuellement en Haïti.

Handicap International met aujourd’hui l’accent sur la formation permanente, l’objectif étant de développer encore les connaissances des spécialistes locaux en réadaptation. Marie Dorcasse-Laguerre est en charge de ce projet pour l’association : 

« Nous appuyons les étudiants et les professionnels pour suivre une formation en ligne. Après chaque module de formation, nous organisons des sessions pratiques sur le terrain avec un kinésithérapeute qui joue le rôle de tuteur pour renforcer les compétences techniques. S’il y a un tremblement de terre d’ici deux à cinq ans, nous aurons des professionnels disponibles sur le territoire haïtien pour pouvoir faire face à l’urgence. »

Handicap International collabore également avec les organisations professionnelles de kinésithérapeutes et de techniciens en orthopédie et en réadaptation, ainsi qu’avec le Réseau associatif national pour l'intégration des personnes handicapées (RANIPH). Trois hôpitaux sont accompagnés pour améliorer la qualité et renforcer la capacité de leurs services de réadaptation : l’Hôpital St Michel de Jacmel, l’Hôpital de l’Université de l’État d’Haïti à Port-au-Prince et l’Hôpital de la Convention Baptiste d’Haïti au Cap-Haïtien.

Handicap International apporte également un soutien aux communautés vulnérables et isolées du Nord du pays, l’objectif étant de les aider à se préparer et à se protéger en cas de nouvelles catastrophes naturelles. L’ONG accompagne aussi quelque 450 personnes handicapées dans leur parcours d’accès à l’emploi ou à une activité économique. Enfin, Handicap International entend aussi lutter contre le nombre élevé d’accidents de la route. Des équipes de l’association sensibilisent les habitants et se rendent dans les écoles pour expliquer aux élèves les dangers de la route. Dans le domaine des transports publics, les chauffeurs ont également la possibilité de suivre des cours de sécurité routière.


Haïti aujourd'hui : un contexte inquiétant

La crise socio-politique qui se prolonge en Haïti a un impact lourd pour les habitants, en particulier les personnes handicapées, sur leur accès aux produits de première nécessité, aux soins de santé, à l’éducation, etc. La population rencontre de graves difficultés pour se nourrir : 35 % de la population a besoin d’une assistance alimentaire de toute urgence, soit 3,67 millions de personnes.
En septembre et en octobre 2019, les organisations humanitaires ont dû faire face à des obstacles (pénurie de carburant et insécurité) pour accéder aux populations, ce qui a limité leur capacité à apporter un soutien à des milliers de Haïtiens. Les services publics haïtiens ont, quant à eux, considérablement réduit leurs activités. Depuis novembre 2019, la situation s’est stabilisée et apaisée, et les activités des organisations humanitaires et de développement ont repris progressivement.
Les personnes handicapées, qui comptent parmi les populations les plus précaires et les plus discriminées, souffrent de façon accrue des effets de la crise. Depuis le début des troubles, elles sont exposées à des risques disproportionnés, comme les violences physiques et la criminalité. Elles rencontrent de grandes difficultés pour se déplacer en raison des barricades, des manifestations, etc. Leurs difficultés à accéder aux produits de première nécessité et aux services sociaux (nourriture, eau potable, santé) s’en trouvent aggravées. Pour Handicap International, il est essentiel de pouvoir continuer à apporter un soutien aux personnes qui en ont le plus besoin.

Des catastrophes naturelles fréquentes
Ouragans et tremblements de terre sont fréquents, affaiblissant une population vulnérable et endommageant les infrastructures déjà défaillantes. Le pays a également été touché au cours des dernières années par une épidémie de choléra qui a contribué à fragiliser la population. Il n’y a pas eu de nouveau cas de choléra déclaré récemment.

Publié le : 11 janvier 2020
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relation donateur :
Tél. : 04 78 69 67 00
Écrivez-nous

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Covid-19 : reprise des activités de réadaptation au Cambodge
© HI
Réadaptation

Covid-19 : reprise des activités de réadaptation au Cambodge

Sensibilisation au Covid-19, séances de réadaptation, insertion professionnelle… Handicap International reprend ses activités au Cambodge.

Rencontre avec nos équipes et nos bénéficiaires en RDC Améliorer la santé mentale Réadaptation

Rencontre avec nos équipes et nos bénéficiaires en RDC

Notre collègue Elise Cartuyvels s'est rendue au Nord Kivu en République démocratique du Congo avant le début de la crise de Covid-19, accompagnée d’un cameraman/photographe professionnel, afin de produire des témoignages de bénéficiaires pour rendre compte des actions de Handicap International à ses donateurs et sympathisants. Elle s’est également filmée avec son smartphone, suivez-la sur place !

Madame Dhahabo ne laissera pas passer le virus !
© HI
Prévention Réadaptation Santé

Madame Dhahabo ne laissera pas passer le virus !

Au Kenya, Handicap International apprend aux plus vulnérables, dont les personnes handicapées comme Madame Dhahabo, à se protéger du Covid-19. Témoignage.

*

(format: nom@fournisseur.com)

Je m'inscris