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Une prothèse, ça change la vie !

Appareiller et rééduquer
Haïti

James Medina, 25 ans, a été amputé suite au séisme du 12 janvier 2010 et a reçu une prothèse de Handicap International. Aujourd'hui étudiant en orthopédie grâce à l'association, il explique pourquoi il suit une formation de technicien orthopédiste.

Prothesiste

© Corentin Fohlen / Handicap International

« Parfois, je me demande pourquoi j'étais dans ce bâtiment, pourquoi j'ai perdu une jambe. Nous étions vingt-cinq étudiants quand les murs de l'université se sont effondrés. Seuls six d'entre eux ont survécu. J'ai passé une journée sous les décombres, protégé par les corps de mes cinq amis. Ce souvenir terrible me revient chaque jour. Et je me rappelle aussi les mots du médecin : "James, ton pied est mort. On doit couper". Dès que j'ai porté ma prothèse, je ne me suis plus senti handicapé et j'ai arrêté de pleurer. Aujourd'hui, je commence à travailler avec des patients. Peut-être que Dieu a voulu que ce soit mon destin, que je devienne celui qui donne des prothèses aux autres. »

James se lève tous les jours très tôt pour trouver un tap-tap, un taxi collectif, pour se rendre au centre de réadaptation où il suit une formation de technicien orthopédiste. Initiée par Handicap International, cette formation de trois ans est dispensée par son partenaire Healing Hands for Haïti. Grâce à ses connaissances, James appareille des personnes amputées comme lui.

« Les déplacements me prennent presque trois heures par jour. Après une journée de travail je rentre très tard chez moi. J'étudie la nuit, dans la cour, pendant que dorment mes six sœurs et frères. Je dors quelques heures avant de me lever pour repartir étudier. Je suis épuisé mais ça en vaut la peine. »

« Les orthopédistes réalisent un très beau travail. Quelques mois après le séisme, après la cicatrisation de mon moignon, je me suis rendu au centre de réadaptation de Handicap International. J'y ai fait de nombreux exercices pour préparer mon corps à recevoir une prothèse. Le jour où je l'ai essayée, j'ai immédiatement compris que cette prothèse, ma nouvelle jambe, allait changer ma vie. Les patients sont rassurés car moi aussi je porte une prothèse. Les jeunes, surtout, se sentent moins différents. Ils voient que c'est possible de croire en l'avenir malgré le handicap.»

James retourne examiner son nouveau patient, Dooly, un petit garçon de 5 ans dont les genoux sont malformés. Pour marcher, il a besoin d'orthèses, des appareillages destinés à maintenir et renforcer ses jambes trop faibles. La fatigue a déjà disparu du visage de James.

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Publié le : 10 janvier 2014
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