Accès direct au contenu
 
 

Restes explosifs de guerre : l'éducation aux risques sauve des vies

Mines et autres armes
Palestine

En plus d’importantes destructions matérielles, près de 10 000 engins non explosés – roquettes, têtes de missiles, bombes – ont été laissés par le conflit qui a secoué la Bande de Gaza à l’été 2014. Depuis mars 2015, les équipes de Handicap International sensibilisent les habitants des quartiers les plus touchés pour éviter des accidents potentiellement mortels. Illustration avec une séance d’éducation aux risques à Deir Al-Balah qui a abouti au désamorçage de quatre engins non explosés.

Session d’éducation aux risques des restes explosifs de guerre par Handicap International dans la bande de Gaza.

© Handicap International

C’est une journée ordinaire pour l’équipe de Handicap International. Aujourd’hui, les trois animateurs sillonnent les quartiers de Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. Comme à leur habitude, ils informent un groupe d’habitants sur les restes explosifs de guerre, leurs aspects, leurs dangers et qui alerter lorsqu’ils en trouvent.

Alors qu’ils mènent depuis une demi-heure une session d’éducation aux risques, une main se lève : « J’en ai chez moi, dit l’un des participants, un homme d’une trentaine d’années. Je pensais que c’était sûr et que cela ne posait pas de danger… » Il ajoute : « Je voudrais bien m’en débarrasser mais j’ai peur de la réaction des autorités ».  Malgré sa réticence, les animateurs parviennent à le convaincre de prévenir ces dernières.

Quelques instants plus tard, une équipe des forces de sécurité arrive dans le quartier. Un périmètre de sécurité de 300 mètres est rapidement établi. Après quelques minutes de manipulation, les restes explosifs sont désamorcés puis déposés dans la voiture de police.

Plus de 30 000 personnes sensibilisées

Les équipes de Handicap International en profitent pour faire de la pédagogie auprès des curieux qui se sont regroupés en voyant l’intervention des forces de sécurité. Elles expliquent le sens de leur action, reviennent sur ce que sont les restes explosifs... Un homme âgé prend la parole : « Moi, j’ai deux bombes qui sont restées dans mon champ. Vous pouvez m’en débarrasser ? ». L’équipe de déminage intervient une nouvelle fois et parvient à désamorcer trois engins suspects. Selon les démineurs, ces engins étaient sur le point d’exploser.

« À Gaza, les habitants ont malheureusement tendance à garder de vieux restes explosifs chez eux », constate Alaa Alkhatib, chef de projet de Handicap International en Palestine. « Seules les sessions d’éducation aux risques leur permettent de prendre conscience du danger et de changer de comportement. »

Depuis mars 2015, plus de 30 000 Gazaouis ont été sensibilisés aux risques des restes explosifs par les équipes de Handicap International, comme Hamza et sa famille qui ont évité une catastrophe.

Publié le : 18 juillet 2016
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relation donateur :
Tél. : 04 78 69 67 00
Écrivez-nous

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Syrie : neuf ans de violences, le chaos humanitaire
© Bahia Z. / HI
Mines et autres armes Secourir les déplacés/réfugiés Urgence

Syrie : neuf ans de violences, le chaos humanitaire

Alors que près d'un million de personnes – principalement des femmes et des enfants – ont fui les combats et les bombardements à Idlib en Syrie, Handicap International appelle les États à s'engager pleinement dans le processus diplomatique international visant à mieux protéger les civils contre l'utilisation des armes explosives en zones peuplées. La situation actuelle constitue l’une des pires crises humanitaires depuis le début du conflit en 2011.

Une victime de mine lance un appel international pour faire reculer l’administration Trump
© Basile Barbey / HI
Mines et autres armes

Une victime de mine lance un appel international pour faire reculer l’administration Trump

Victime d’une mine, Gniep Smoeun est l’une des premières personnes appareillées par Handicap International au début des années 80. Face au Palais des Nations à Genève le 13 février, elle a porté la voix des victimes face à la décision de l’administration Trump de réintroduire les mines antipersonnel dans l’arsenal américain, et demande aux États d’user de toute leur influence pour que les États-Unis reviennent sur cette décision révoltante.

Civils bombardés : la déclaration politique devra être ambitieuse
© ISNA Agency / HI
Mines et autres armes Protéger les populations vulnérables

Civils bombardés : la déclaration politique devra être ambitieuse

Plus de 70 États se sont réunis le 10 février à Genève lors du deuxième cycle de négociations, destiné à aboutir le 26 mai prochain à Dublin à la Déclaration politique contre l’usage des armes explosives en zones urbaines.