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Victime d'un bombardement, Sawsan réapprend à vivre

Réadaptation Secourir les déplacés/réfugiés
Irak

Sawsan et ses proches ont été touchés par un bombardement à Mossoul alors qu’ils fuyaient les combats. Ils ont trouvé refuge dans un camp de déplacés, où Handicap International accompagne la jeune fille avec des sessions de kinésithérapie et de soutien psychologique. L’association vient également en aide à d’autres membres de sa famille qui ont été blessés.

Sawsan pendant une session de kinésithérapie

Sawsan pendant une session de kinésithérapie | © E. Fourt / HI

« Lorsque les combats ont commencé dans notre quartier, nous avons immédiatement fui Mossoul », raconte Younes, le père de Sawsan.

« Alors que nous étions presque parvenus à nous échapper, nous avons été bombardés. Ma femme, deux de mes enfants et ma belle-mère ont été touchés par des éclats d’obus. On nous a directement emmenés à l’hôpital le plus proche. Là, on m’a appris que Sawsan souffrait d’une fracture, que son petit frère devait être opéré de la tête et que ma femme venait de perdre notre bébé… »

Complètement traumatisée

Assise sur l’un des lits donné par Handicap International à la famille, Hanan a du mal à cacher son émotion. Elle se rappelle de ce jour où elle a fait une fausse couche et où sa fille aînée a radicalement changé. « Sawsan n’est plus la même depuis l’accident. Elle est complètement traumatisée. Elle se passe constamment de l’eau sur tout le corps et elle ne supporte plus d’être touchée. Elle a aussi très peur dès que quelqu’un hausse la voix et elle n’interragit pas avec les autres enfants de son âge. Son bras se remettra, mais c’est pour sa santé mentale que nous nous inquiétons aujourd’hui. » Allongée dans un coin de la tente, Sawsan semble perdue dans ses pensées. Le regard vide, elle se passe un mouchoir imbibé d’eau sur le visage. Pour lui éviter de trop penser, Nader, kinésithérapeute, initie avec elle des exercices de réadaptation.

Elle fait déjà des progrès

« Handicap International est la seule association qui est venue nous proposer son aide depuis notre arrivée dans le camp. Heureusement que vous êtes là pour aider ma fille… »

« En plus des sessions de kinésithérapie, nous lui faisons bénéficier de soutien psychologique », ajoute Mohammad, psychologue de l’association. « Lorsque les exercices de réadaptation seront terminés, je la ferai dessiner. Quand elle est occupée à ce genre d’activités, elle oublie ses peurs pendant un instant. Je vois déjà les progrès que Sawsan a fait depuis notre dernière session. »

Younes, le père, admet que les deux années passées dans la ville contrôlée par le groupe État islamique ont aussi beaucoup impacté le mental du reste de la famille. « Des gens étaient éxecutés dans la rue, sous nos yeux. Nous avions tous peur et mes enfants dormaient peu. » Le père de Sawsan regarde Sawsan et ajoute : « Je me rappelle encore de notre vie d’avant, elle était tellement heureuse. Aujourd’hui, tout ce qui m’importe, c’est que ma fille puisse se sentir bien à nouveau.»

Elle sourit un instant

Nader termine la session de kinésithérapie avec Sawsan. Un sourire illumine alors le visage de la petite fille, pendant quelques secondes. « Il lui faudra du temps pour oublier car son traumatisme est profond, mais elle est déjà sur la bonne voie », conclut Mohammad. Alors que son collègue kinésithérapeute distribue des aides à la mobilité à la mère et à la grand-mère de Sawsan, le psychologue commence l’exercice de dessin avec la petite fille. Comme elle, des milliers d’enfants ont besoin d’un accompagnement psychologique adapté, pour se remettre des événements des dernières années.

Publié le : 11 septembre 2018
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