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Mossoul Ouest, ville fantôme

Secourir les déplacés/réfugiés Urgence
Irak

Entre octobre 2016 et juillet 2017, Mossoul a été le théâtre de violents combats. L’utilisation intensive d’armes explosives – bombardements, pose de mines artisanales, etc. – a anéanti principalement la partie Ouest de la ville. Plus de 500 000 personnes sont toujours déplacées dans des camps de la province de la Ninive.

Le camp de Jad’ah en Irak accueille plus de 6 000 déplacés qui ont fui Mossoul et ses environs.

Le camp de Jad’ah en Irak accueille plus de 6 000 déplacés qui ont fui Mossoul et ses environs. | © Fanny Mraz / HI

Déplacés deux ans après les combats

1 million de personnes avaient fui les combats au lendemain de la bataille de Mossoul qui s’est terminée le 10 juillet 2017. Elles sont actuellement 500 000 à vivre dans les camps de déplacés de la province de la Ninive. Selon les Nations Unies, 2 millions de personnes ont toujours besoin d’aide humanitaire.

« Les familles restant dans les camps ne peuvent ou ne veulent pas rentrer chez elles pour plusieurs raisons : elles craignent pour leur sécurité dans cette région qui est contrôlée par une multitude de groupes armés. Elles ont peur des restes explosifs de guerre qui contaminent Mossoul et les villages voisins. Elles n’ont souvent nulle part où aller, car leur quartier a été totalement détruit et il n’y a plus d’activité économique et sociale. »

Stéphane Senia, chef de mission en Irak

La ville est exsangue

À Mossoul, 65 % des maisons et appartements ont été endommagés, selon les Nations Unies. La vie a repris dans la partie Est de la ville alors que la partie Ouest, qui a connu le gros des combats, est toujours fortement contaminée par des restes explosifs de guerre et des mines artisanales. Des infrastructures vitales comme des écoles, des hôpitaux ont été détruits. Des routes et des ponts sont toujours impraticables.

Selon Stéphane Senia, « la partie Ouest de la ville est quasiment laissée à l’abandon, faute de moyens et de capacité politique à organiser le déminage et la reconstruction. On ne voit que peu d’améliorations possibles à court terme. Les quartiers Ouest risquent de rester en l’état pendant plusieurs années. »

Une contamination hors norme

Handicap International a lancé une campagne de sensibilisation aux risques liés à la présence des restes explosifs de guerre à Mossoul : « Pour beaucoup de familles de retour à Mossoul, la présence de restes de bombes et surtout de pièges explosifs, etc. est quelque chose d’inédit. Les habitants sont amenés à prendre des risques parce qu’ils n’ont pas d’autre choix, affirme Stéphane Senia. Or, la partie Ouest de la ville, compte tenu du niveau de contamination, est un véritable champ de mines sous les décombres. Nos équipes de sensibilisation circulent dans les rues de la ville et diffusent les bons messages : qu’est-ce qu’un engin suspect ? Quels sont les risques et sous quelle forme ? Quel sont les bons réflexes à avoir ? Le but est de réduire considérablement le nombre d’accidents qui, deux ans après les combats, reste important car la contamination est incroyablement élevée à Mossoul et dans la région. »

Ces deux dernières années, Handicap International a mené un programme similaire dans 9 camps pour 120 000 personnes afin de sécuriser leur éventuel retour dans leur lieu de vie.

Des besoins en réadaptation immenses

Handicap International offre depuis juillet 2017 des soins de réadaptation et du soutien psychologique dans deux hôpitaux gérés par Médecins sans Frontières : le premier dans Mossoul même et le second près du village de Qayara. L’association a également mis en place des points d’accueil pour des soins en réadaptation et en soutien psychosocial dans 9 camps de déplacés. En deux ans, 2 500 personnes ont déjà bénéficié des soins en réadaptation prodigués par les équipes de Handicap International.

« Nous sommes obligés de mettre des gens sur liste d’attente pour les soins en réadaptation, tellement les demandes sont importantes et nos capacités de réponse limitées compte tenu du désengagement des bailleurs de fonds d’urgence. Nous apportons des soins pour améliorer la mobilité des patients et faire en sorte qu’ils soient le plus autonomes possible dans leurs gestes du quotidien comme se lever du lit, aller seul aux toilettes, etc. Nous apportons également une écoute psychologique car nombre d’entre eux sont en souffrance, angoissés ou déprimés. Nous aidons beaucoup de personnes totalement perdues qui ne savent pas de quoi sera fait leur avenir », ajoute Stephane Senia.

Depuis l’été 2017, Handicap International a assuré le suivi psychosocial de 1 500 personnes.

Publié le : 9 juillet 2019
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