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Chien + homme, un tandem choc pour déminer les terres

Déminer les terres
Sénégal

Jonathan, 33 ans, maître-chien démineur et Katja, 9 ans, femelle berger malinois détecteur d’explosifs, forment un duo terriblement efficace. Leur mission : contribuer à déminer les terres autour de villages en Casamance, une région du Sénégal fortement contaminée par les restes explosifs de guerre. Portraits croisés.

Jonathan et Katja, de Handicap International, forment un duo efficace dans le déminage des terres en Casamance au Sénégal.

© J-J. Bernard / Handicap International

Jonathan, maître-chien démineur de handicap International en Casamance au Sénégal, et Katja, l'un de ses deux chiens détecteurs d'explosifs. © J-J. Bernard / Handicap InternationalJonathan avait 20 ans quand il a commencé à travailler comme démineur. « Ce n’est pas une activité que l’on peut exercer sans passion. Ce que je recherchais c’est un métier dans l’humanitaire avec des défis, où l’on mouille sa chemise et on aide les autres. » En 2007, après quatre années de déminage manuel, il profite d’une formation et devient maître-chien démineur. « J’aime les chiens, il y en a toujours eu dans ma famille. Ma relation avec les deux chiens que nous utilisons est un peu fusionnelle mais doit rester professionnelle. Ce ne sont pas des animaux de compagnie, je dois garder mon autorité avec eux. » Aujourd’hui âgé de 34 ans, Jonathan partage sa vie entre sa famille restée au Zimbabwe et ses chiens détecteurs d’explosifs, dont Katja, avec lesquels il travaille au Sénégal.

Madame n’aime pas être dérangée

Katja, 10 ans, pourrait faire figure de vétéran. Pourtant, cette femelle berger malinois détecteur d’explosifs a une énergie et un enthousiasme pour son travail impressionnants, qui lui laissent encore devant elle de nombreuses années de service. Elle a d’ailleurs un palmarès qui force l’admiration : des dizaines d’engins explosifs ont été détectés par son odorat exceptionnel au Kenya, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo… Katja est un chien vif qui a besoin de se dépenser. Pendant le travail, Madame n’aime pas être dérangée car elle peut facilement être distraite. « Après le travail, elle aime que je lui lance la balle, que je la brosse, que je la promène… elle adore jouer », raconte Jonathan. À la maison, Katja et son autre collègue canin vivent chacun dans leur enclos. « Ils ne rentrent pas dans la maison car nous gardons une relation strictement professionnelle », ajoute Jonathan.

Katja, 9 ans, femelle berger malinois détecteur d'explosifs pour Handicap International en Casamance au Sénégal. © J-J. Bernard / Handicap International

Les chiens plus efficaces que les détecteurs

Les chiens détecteurs d’explosifs sont bien plus rapides et efficaces que des démineurs munis de détecteurs de métaux. Leur odorat repère la poudre. Ils sont très utiles pour détecter des mines qui ne contiennent pas de métal – et que les détecteurs électroniques ne signalent pas – ou pour intervenir sur des terrains contenant beaucoup de résidus métalliques. Leur dressage dure au moins six mois.
Ensemble, Jonathan et ses fidèles collègues à quatre pattes contribuent à déminer les abords de plusieurs villages en Casamance, une région du Sénégal fortement polluée par les restes explosifs de guerre qui mettent en péril la vie des habitants. Ce qui représente 60 000 mètres carrés à déminer au bénéfice de près de 70 000 villageois, l’équivalent de la superficie de plus de 7 terrains de football.

 

 

Une journée avec les chiens détecteurs d’explosifs
L’équipe cynophile commence à 8 heures le matin et termine les opérations vers 15 heures. Jonathan travaille avec un chien par tranche de 45 minutes et pause de 15 minutes. Une fois qu’un chien a inspecté une zone, le deuxième repasse sur la même zone pour s’assurer que le travail a été bien fait, ce que les démineurs appellent le « contrôle qualité ». Le tandem chien/maître-chien est toujours observé de loin par un démineur, appelé un binôme, pour contrôler que les normes de sécurité sont bien respectées et intervenir en cas d’urgence. À la fin d’une journée de déminage, Jonathan prend du temps avec les chiens. Il les brosse, les promène, joue avec eux…
 
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Publié le : 30 avril 2017
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