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Rapport 2019 de l’Observatoire des mines : un retour en arrière alarmant

Mines et autres armes
International

Le rapport 2019 de l'Observatoire des mines fait état, pour la quatrième année consécutive, d'un nombre exceptionnellement élevé de victimes de mines dans le monde, en particulier de restes explosifs de guerre et de mines improvisées. Alors que les États parties au Traité d’Ottawa se réunissent fin novembre à Oslo, Handicap International appelle les États à faire respecter le Droit international humanitaire et à faire pression sur les belligérants pour qu'ils mettent fin à l'utilisation de ces armes barbares.

Comme ici en Afghanistan, Handicap International accompagne les victimes de mines et engins explosifs dans leur reconstruction physique et mentale.

Comme ici en Afghanistan, Handicap International accompagne les victimes de mines et engins explosifs dans leur reconstruction physique et mentale. | © Jaweed Tanveer / HI

Le nombre de victimes a doublé depuis 2014

Publié le 21 novembre, le rapport 2019 de l’Observatoire des mines dresse le bilan de l’application du Traité d’Ottawa* sur l’année 2018, et jusqu’à novembre 2019 quand cela est possible.

Le rapport montre que le nombre de nouvelles victimes des mines antipersonnel et des restes explosifs de guerre reste élevé pour la quatrième année consécutive (6 897 en 2018, 7 253 en 2017, 9 439 en 2016 et 6 971 en 2015). Le nombre de victimes a presque doublé entre 2014 et 2018 (6 897 nouvelles victimes en 2018 contre 3 998 en 2014). En 2014, l’Observatoire enregistrait une moyenne de 10 victimes par jour. En 2018, le taux a presque doublé pour atteindre un peu moins de 20 victimes quotidiennement. De nombreuses victimes n'ont certainement pas été recensées par le rapport en raison des difficultés rencontrées dans certaines zones pour recueillir des informations.

« Le Traité d'Ottawa est entré en vigueur il y a 20 ans, ce qui a entraîné une forte diminution de l'utilisation des mines terrestres et du nombre de victimes de mines terrestres. Mais ces dernières années, nous assistons à une recrudescence alarmante de l'utilisation des mines, avec un nombre inacceptable de victimes. Notre travail contre les mines terrestres n'est pas terminé. Nous devons défendre l'application du Traité d'Ottawa, plaider en faveur du soutien aux victimes et relever de nouveaux défis avec l'utilisation des mines terrestres improvisées. Nous avons encore besoin du soutien des citoyens pour éradiquer complètement les mines terrestres de la surface de la terre. »

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International

En Afghanistan, en Syrie, au Yémen…

La grande majorité des personnes tuées ou blessées par les mines antipersonnel sont des civils : 71 % des victimes étaient des civils en 2018 et 54 % d’entre elles étaient des enfants. Ce sont les restes explosifs qui ont fait le plus de victimes parmi les enfants (871). 

En 2018, la majorité des nouvelles victimes de mines antipersonnel et de restes explosifs de guerre ont été enregistrées en Afghanistan (2 234), en Syrie (1 465), au Yémen (596), au Myanmar (430) et en Ukraine (325). Des victimes de mines ont été enregistrées dans 50 États et territoires.

L'Observatoire des mines a confirmé de nouvelles utilisations de mines antipersonnel par les forces gouvernementales au Myanmar entre octobre 2018 et octobre 2019. Des groupes non étatiques ont également utilisé des mines antipersonnel, y compris des mines improvisées, dans au moins six pays : Afghanistan, Inde, Myanmar, Nigéria, Pakistan et Yémen.

Ces utilisations ont causé une contamination étendue qui mettra en danger la vie de milliers de personnes à long terme. Au total, 60 États et territoires ont été contaminés par des mines et des restes explosifs de guerre dans le monde.

Le nombre de victimes ayant considérablement augmenté ces dernières années, les États devraient redoubler d'efforts pour leur fournir une assistance aujourd'hui et à l'avenir. Handicap International appelle également les États à soutenir les programmes de sensibilisation aux dangers des mines, de déminage et d'assistance aux victimes, qui sont absolument nécessaires dans les pays et territoires touchés.

Un nouveau défi : les mines improvisées

Cette année, l'Observatoire a également enregistré le plus grand nombre de victimes de mines improvisées depuis la publication de son premier rapport annuel en 2000 : 3 789 personnes ont été tuées ou blessées par des mines improvisées en 2018, ce qui représente 54 % du nombre total de nouvelles victimes enregistrées par l'Observatoire (6 897).

Bien qu'elles soient principalement utilisées par des groupes armés non étatiques, les mines improvisées entrent dans le champ d'application du Traité d'Ottawa et de son interdiction de l'emploi de toute arme par nature indiscriminée. Un dialogue avec certains groupes armés non étatiques est possible pour les convaincre d'abandonner de telles pratiques et d'adhérer au Traité. Le déminage – qui est une obligation du Traité d'Ottawa – est un moyen de refuser à ces groupes l'accès aux armes et aux munitions, car de nombreuses mines improvisées sont fabriquées en utilisant des explosifs ou des restes d'explosifs.


* Le Traité d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. Il a été ouvert à signature le 3 décembre 1997 et est entré en vigueur le 1er mars 1999. À ce jour, 164 pays sont États parties au Traité.

Publié le : 21 novembre 2019
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