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25 ans après, le Rwanda se souvient

Améliorer la santé mentale
Rwanda

Un quart de siècle après le génocide au Rwanda, Handicap International aide toujours les victimes à surmonter leurs traumatismes, notamment à travers des groupes de partage et d'entraide.

Groupes de partage organisés au Rwanda par Handicap International pour apporter un soutien psychologique aux victimes de violence, notamment celle liée au génocide

Groupes de partage organisés par HI pour apporter un soutien psychologique aux victimes de violence, notamment celle liée au génocide | © HI

Le 7 avril 2019, le Rwanda lance la commémoration du génocide. Hommes, femmes, enfants, torturés, violés, massacrés en trois mois... En 1994, plus de 800 000 personnes sont tuées dans le pays. Une violence incompréhensible qui laisse encore des traces indélébiles, vingt-cinq ans plus tard. Aujourd’hui, on estime qu’environ 29 % de la population, soit près d’une personne sur trois, souffre encore de troubles de stress post-traumatiques liés au génocide, et que plus d’une personne sur cinq connaît des épisodes dépressifs.

Handicap International, qui a démarré son intervention au Rwanda en 1994 au lendemain du génocide des Tutsis, a mené son premier projet de santé mentale en 1996 en apportant un soutien psychologique aux enfants ayant perdu leurs parents. Aujourd’hui, l'association accompagne toujours les victimes directes et indirectes du génocide. En 2018, plus de 5 800 victimes de violence ont participé aux activités psychosociales afin de se libérer de leurs traumatismes.

Les séquelles toujours présentes

Durant cette période de commémoration qui dure trois mois, Handicap International, en collaboration avec la Coordination nationale de santé mentale, mobilise les professionnels de la santé mentale dont les psychologues. L’association les prépare notamment aux interventions liées à la gestion des crises du trauma et à accompagner les victimes du génocide sur les lieux de la commémoration.

« Souvent, dans la vie courante, le traumatisme lié au génocide est enfoui, refoulé. Durant cette période de commémoration, les souvenirs, les ressentis, les émotions, reviennent. Les victimes sont "au rendez-vous de la souffrance". Certains nous disent "Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai revu ceux que j’ai perdus, je n’ai pas pu fermer les yeux". Ils peuvent revivre des crises de panique, la perte de leurs proches... Les séquelles sont toujours présentes. Dans cette période de souffrances, le soutien mutuel est essentiel et le partage de ressentis très libérateur. Dans les groupes thérapeutiques, les participants se confient et échangent leurs expériences : "J’ai vécu la même situation que toi. Je vais t’expliquer ce qui m’a aidé". C’est salvateur. »

Chantal Umurungi, référente santé mentale et soutien psychosocial de HI au Rwanda

Soutenir les victimes depuis 25 ans

Depuis 1996, Handicap International a accompagné plus de 25 000 victimes de violences, notamment liées au génocide, et mené plus de 46 000 séances de soutien psychosocial. Aujourd'hui, son intervention évolue vers une approche de santé mentale communautaire : l’association propose des groupes d’écoute et de partage, qui permettent aux participants de s’exprimer et de se libérer de leur détresse psychologique, en s’écoutant les uns les autres, en présence d’un psychologue ou de volontaires communautaires.

Ces groupes évoluent ensuite vers des groupes d’entraide, qui permettent de mettre en place des petits projets économiques, en collectivité, avec le soutien de Handicap International : petit magasin de légumes, élevage de bétail, etc. S’investir dans une activité économique collective leur permet de se sentir plus autonomes et de reprendre confiance en eux.

« Le génocide a entraîné des conséquences sur la santé mentale, qui en amènent d’autres, indirectes : consommation de drogues, pratiques sexuelles à risque, violences, conflits de couple, etc. Ce contexte appauvrit les familles et fragilise le lien social. En proposant cette approche de santé mentale communautaire, en permettant de partager les ressentis, en recréant du lien, Handicap International veut briser le cercle vicieux de la violence et d’une santé mentale dégradée », ajoute Chantal Umurungi.


Chiffres clés

  • Suite au génocide en 1994, Handicap International a immédiatement mené des distributions d’aide alimentaire et des projets de réadaptation auprès des victimes.
  • Depuis 1996, l'association a accompagné plus de 25 000 personnes en proposant près de 46 000 séances de soutien psychosocial, individuel ou collectif.
  • Aujourd’hui, on estime qu’environ 29 % de la population, soit près d’une personne sur trois, souffre encore de troubles de stress post-traumatiques liés au génocide, et que plus d’une personne sur cinq connaît des épisodes dépressifs.
Publié le : 7 avril 2019
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