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Yémen : six ONG alertent sur l'une des plus graves crises humanitaires au monde

Urgence
Yémen

Le 26 mars 2017 marque les 2 ans du lancement de l'offensive armée au Yémen. Le pays est aujourd’hui confronté à l'une des plus graves crises humanitaires au monde, avec près de 19 millions de personnes nécessitant une assistance humanitaire. Six ONG internationales, dont Handicap International, alertent la communauté internationale sur cette situation dramatique.

Au Yémen, 17 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, soit 60 % de la population. « 462 000 enfants de moins de 5 ans sont en danger de mort immédiat, car ils souffrent de la forme la plus grave de malnutrition. Ils étaient 170 000 en 2014, ce qui représente une augmentation de plus de 200 % ! », souligne Serge Breysse, directeur expertise et plaidoyer d’Action contre la Faim.

La résolution 2216 des Nations Unies d'avril 2015, qui a notamment instauré un embargo sur les armes à destination des Houthis et de leurs alliés, s'est transformée de facto en un blocus aérien et maritime empêchant la quasi-totalité des importations de produits de première nécessité, dont la nourriture. Les restrictions aux importations de blé sont aujourd'hui l'un des problèmes majeurs du pays et la principale menace à la sécurité alimentaire, alors que le Yémen importait environ 90 % de ses aliments avant le conflit. Les situations de famine risquent de se multiplier à travers le pays.

Mépris de la protection des civils

Les six ONG* s'alarment de l'utilisation massive et répétée des armes explosives dans des zones densément peuplées au Yémen. Contraire au Droit international humanitaire, l'usage des armes explosives en zones peuplées s'est accru dans les conflits contemporains au mépris des principes fondamentaux de la guerre.

« Les bombardements qui pleuvent chaque jour au Yémen témoignent d'un mépris absolu pour la vie des civils ! Chaque jour, nos équipes, quand elles peuvent parvenir aux populations, sont confrontées à la détresse physique et psychique des civils, traumatisés. Ce massacre à ciel ouvert est insupportable et indigne de notre époque. »

Jean-Pierre Delomier, Directeur de l'action humanitaire à Handicap International

Détruites notamment par la violence des affrontements, plus de la moitié des installations sanitaires (hôpitaux ou centres de santé) du pays n'étaient plus en état de fonctionnement fin octobre 2016. Le système de santé au Yémen, particulièrement affecté par le conflit, menace de s'effondrer. Les établissements sont également pénalisés par le blocus imposé et la crise financière frappant le pays : l'approvisionnement en médicaments et matériels médicaux reste très difficile et le personnel de santé n'est plus payé depuis de nombreux mois. « La guerre s'enlise au détriment des civils. Le choléra sévit depuis octobre dernier avec plus de 20 000 cas suspectés et près de 100 décès. Des troubles en santé mentale, tels que des psychoses, de l'anxiété et des troubles de stress post-traumatiques sont aussi très souvent diagnostiqués », s'alarme le docteur Jean-François Corty, directeur des Opérations Internationales de Médecins du Monde. 

Accès humanitaire limité

Deux ans après le début du conflit, l'accès aux populations vulnérables reste très limité et constitue l'un des enjeux majeurs pour les acteurs humanitaires, aucune des parties au conflit ne facilitant la bonne délivrance de l'aide. La destruction partielle ou totale de nombreuses infrastructures – routes, ponts, aéroports, ports – et de bâtiments publics restreint considérablement les déplacements et l'acheminement du personnel et des biens humanitaires, ainsi que l'accès aux services de base pour les Yéménites. 

« Pour les travailleurs humanitaires, les difficultés d'accès aux populations tendent à s'accentuer. Nous appelons la communauté internationale et les parties au conflit à intensifier leurs efforts pour améliorer cet accès toujours insuffisant », souligne Hélène Quéau, directrice des Opérations de Première Urgence Internationale.

À l'issue d’une conférence de presse le 22 mars 2017, les six ONG* ont appelé la communauté internationale et toutes les parties au conflit à une mobilisation beaucoup plus forte afin que tout soit mis en œuvre pour lever au plus vite les obstacles à la délivrance de l'aide au Yémen, dans ce contexte de pré-famine. Elles demandent à ce que le blocus, empêchant de fait les importations de nourriture et de médicaments, soit levé et que les droits des populations civiles soient respectés.

* Appel lancé par Action contre la Faim, Care, Handicap International, Médecins du Monde, Première Urgence Internationale, Solidarités International.


> Découvrir les actions de Handicap International au Yémen

> Lire également le dossier spécial "NON au bombardement des civils !"

Publié le : 23 mars 2017
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