Accès direct au contenu
 
 

Xiemna, 33 ans : « Une grenade, une explosion, ma vie ravagée »

Mines et autres armes
Colombie

Xiemna, 33 ans, a été victime d’un accident avec une grenade dans sa propre maison. En quelques secondes, elle a perdu ses deux enfants et a été gravement blessée. Grâce au soutien de Handicap International (HI) et de Tierra de Paz, elle a bénéficié d’un appui psychologique et mène aujourd’hui un nouveau projet professionnel : la production de yaourts artisanaux.

Photo de Xiemna | ©Jules Tusseau/HI

« 17 août 2012. Je suis chez moi, dans ma maison. On prépare le repas, la télévision est allumée. Je suis enceinte de six mois. Je vais coucher mon fils de cinq ans. J’entends un bruit. Tout va très vite. Une explosion, un bruit fort, je ne vois plus rien. Je veux crier, hurler, appeler mon mari, je cherche mon fils, mon enfant, mon amour, j’entends des hurlements, j’ai du sang dans mon ventre, sur mon corps. Ma tête est lourde. On hurle « Xiemna », encore et encore. Le corps de mon fils ne bouge pas. Je respire difficilement, on m’emmène à toute vitesse à la clinique de Cali. Les médecins crient : « C’est très grave ! C’est très grave ! ». Je ne demande qu’une chose : « Où sont mes enfants ? ». Lentement, doucement, la douleur monte, violente, lourde, amère. Je commence à comprendre : ils sont morts. Mon corps est meurtri. J’ai des éclats de grenade dans la tête et des lésions sur le front, sur la poitrine, les mains, les hanches et les poumons », confie Xiemna, la voix douce, les yeux plein de larmes. « En quelques secondes, une grenade a ravagé ma vie ».

Armando, son mari, complète : « Notre maison est située dans la réserve indigène de El Nilo, dans le Cauca, un département qui a été fortement affecté par le conflit en Colombie. Une grenade a été lancée par la fenêtre, dans notre maison ».

Xiemna est soignée à l’hôpital, mais son traumatisme reste profond : « Grâce au soutien de HI et de Tierra de Paz, j’ai reçu une aide psychologique. J’ai aussi découvert le christianisme, qui m’a donné énormément de force. J’ai pu retrouver de la sérénité, ne pas tomber dans la haine et le désir de vengeance ».

Armando poursuit : « On ne s’est pas laissés abattre. HI et Tierra de Paz nous ont aidés à monter un nouveau projet : la production de yaourts artisanaux. On a d’abord suivi une formation avec un producteur laitier, et on a reçu du matériel (frigo box, plaques de cuisson, etc.). Au début, j’allais dans la montagne, je frappais aux portes et je proposais nos yaourts à la mûre et aux ananas. Aujourd’hui, le bouche à oreille fonctionne. On construit une cuisine qui répond aux normes d’hygiène dans le jardin. C’est devenu un vrai projet professionnel, notre moteur. Mon rêve : vendre nos yaourts dans un supermarché ».

Xiemna conclut calmement : « On avance, doucement. J’aide d’autres victimes de mines à exprimer leur ressenti. Je leur donne ce que je voudrais recevoir. Et notre fils, Samuel, deux ans et demi, est notre plus beau cadeau ». 

Publié le : 9 novembre 2017
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relation donateur :
Tél. : 04 78 69 67 00
Écrivez-nous

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Syrie : neuf ans de violences, le chaos humanitaire
© Bahia Z. / HI
Mines et autres armes Secourir les déplacés/réfugiés Urgence

Syrie : neuf ans de violences, le chaos humanitaire

Alors que près d'un million de personnes – principalement des femmes et des enfants – ont fui les combats et les bombardements à Idlib en Syrie, Handicap International appelle les États à s'engager pleinement dans le processus diplomatique international visant à mieux protéger les civils contre l'utilisation des armes explosives en zones peuplées. La situation actuelle constitue l’une des pires crises humanitaires depuis le début du conflit en 2011.

Une victime de mine lance un appel international pour faire reculer l’administration Trump
© Basile Barbey / HI
Mines et autres armes

Une victime de mine lance un appel international pour faire reculer l’administration Trump

Victime d’une mine, Gniep Smoeun est l’une des premières personnes appareillées par Handicap International au début des années 80. Face au Palais des Nations à Genève le 13 février, elle a porté la voix des victimes face à la décision de l’administration Trump de réintroduire les mines antipersonnel dans l’arsenal américain, et demande aux États d’user de toute leur influence pour que les États-Unis reviennent sur cette décision révoltante.

Civils bombardés : la déclaration politique devra être ambitieuse
© ISNA Agency / HI
Mines et autres armes Protéger les populations vulnérables

Civils bombardés : la déclaration politique devra être ambitieuse

Plus de 70 États se sont réunis le 10 février à Genève lors du deuxième cycle de négociations, destiné à aboutir le 26 mai prochain à Dublin à la Déclaration politique contre l’usage des armes explosives en zones urbaines.