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Bushra a 24 ans. Assise sur son lit de l’hôpital Al Thawra de Sana’a, son visage fermé et ses mains serrées témoignent des épreuves qu’elle a subies ces derniers mois. Originaire du gouvernorat de Dhamar, à quelque 120 kilomètres de Sana’a, la jeune femme a été blessée lors d’un bombardement qui a détruit la maison de son voisin. « Après le bombardement, j’ai eu très mal à la jambe, je n’arrivais plus à marcher. On m’a emmenée au centre de santé de Dhamar, mais ma blessure était trop grave ; mon père a décidé de louer une voiture pour me transporter d’urgence à Sana’a. »

À Sana’a, Bushra est orientée vers l’hôpital Al Thawra, l’une des trois structures de santé soutenues par Handicap International. Là-bas, elle apprend que son fémur est fracturé. Elle doit subir une intervention chirurgicale d’urgence pour éviter de perdre l’usage de sa jambe. Après cette première opération, Bushra reçoit un déambulateur de la part des équipes de Handicap International. « On m’a appris à m’en servir ; j’arrive de nouveau à me déplacer, même si je ne peux pas encore marcher normalement », explique-t-elle.

Afin de permettre aux blessés de retrouver une plus grande autonomie, l’association a offert plus de 1 327 aides à la mobilité (béquilles, fauteuils roulants et déambulateurs, entre autres) aux structures de santé qu’elle soutient. À ce jour, 713 personnes en ont bénéficié.

Soutien psychosocial aux victimes de guerre 

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Toutefois, le traumatisme du bombardement et la solitude pèsent aujourd’hui sur le moral de Bushra. « Cela fait trois semaines que je vis à l’hôpital et ma famille me manque beaucoup. Mon père me soutient énormément, mais il a à peine les moyens de rester à Sana’a ; on ne connaît personne ici. »

Pour aider Bushra et son père, les équipes de Handicap International offrent un accompagnement régulier et des séances de soutien psychosocial. À ce jour, 1 613 personnes (les blessés et leurs proches) ont été soutenues à travers 949 séances. Ces dernières sont d’autant plus nécessaires que, même soignées, la plupart des personnes blessées par le conflit au Yémen ne sont pas épargnées par les souffrances invisibles.

Malikah, intervenante psychosociale pour Handicap International : 

« Les victimes de guerre se sentent souvent dévalorisées à cause de leurs blessures… Mais si quelqu’un écoute leurs problèmes, cela les aide à se sentir mieux. Ils méritent donc toute notre attention. » 

Malgré tout, Bushra ne peut cacher son inquiétude, à la veille d’une nouvelle intervention chirurgicale : « Je n’arrive à penser à rien d’autre pour le moment. Tout ce que je veux, c’est pouvoir marcher bientôt et retrouver une vie normale comme tout le monde ».

Conséquences humanitaires des hostilités
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le conflit au Yémen a fait plus de 34 000 victimes (6 015 morts et 28 547 blessés). Selon l’OHCHR (l’Office du Haut-Commissaire pour les droits de l’Homme), une grande partie des victimes sont des civils (au moins 2 795 morts, dont 747 enfants). Près de 2,5 millions de personnes ont dû se déplacer pour fuir les combats. 21,2 millions de personnes ont besoin d’assistance, 1,8 million d’enfants sont à risque de malnutrition, 14,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire (OCHA, février 2016). En février 2016, l’OMS estimait que 25 % des structures de santé du pays – hôpitaux, cliniques, dispensaires, etc. – étaient partiellement ou entièrement détruites par le conflit. 14 millions de Yéménis n’ont pas un accès suffisant aux services de santé. 
L’action de Handicap International au Yémen
L’association intervient à Sana’a depuis juin 2015 pour répondre aux conséquences humaines du conflit. À ce jour, 41 collaborateurs sont mobilisés par l’association (31 personnes à Sana’a et 10 personnes en soutien à Amman en Jordanie). Handicap International est présente aux côtés de deux hôpitaux – Al Thawra, Al Jumhouri – et d’un centre de réadaptation (CALP), pour améliorer la prise en charge des patients blessés par le biais d’un don d’équipement (matériel de kinésithérapie et de réadaptation) et la formation de leurs personnels (kinésithérapeutes et assistants). À travers des structures de santé renforcées, Handicap International fournit des béquilles, des fauteuils roulants, des déambulateurs, entre autres aides à la mobilité, ainsi que des séances de soutien psychosocial pour les personnes affectées par le conflit.
Publié le : 7 avril 2016
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