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Survivre aux mines antipersonnel

Déminer les terres
Afghanistan

Handicap International soutient les nombreux Afghans victimes de mines antipersonnel ou de restes explosifs de guerre. Grégory Le Blanc, Directeur du Programme Afghanistan, témoigne.

© H. Laurenge / Handicap International

Quelle est la situation des victimes de mines et restes explosifs de guerre en Afghanistan ?

Depuis plus de 30 ans que l'Afghanistan est marqué par des conflits armés qui ont créé une crise humanitaire profonde. Ce pays compte environ 140 000 amputés et est un des pays au monde les plus affectés par les mines . En 2011, le pays avait le plus grand nombre de victimes de mines et de restes explosifs de guerre (REG) au monde. La situation des personnes handicapées est rendue extrêmement difficile par la difficulté d'accès aux services (fournis à la fois par l'Etat et par les ONG), ce qui renforce leur vulnérabilité.

Sans appareillage, un enfant n'a bien souvent pas accès à l'éducation. Et un adulte ne peut plus s'occuper de sa famille. Ici, l'accès aux soins et à l'appareillage pour les victimes de mines et de restes explosifs de guerre est un besoin prioritaire. C'est pourquoi Handicap International a créé des ateliers d'appareillage et mène des projets de réadaptation physique pour les victimes.

Pour bien comprendre la situation, il est important d'expliquer que le nombre de survivants de ces armes en Afghanistan est inconnu mais, qu'en 2006, il était estimé entre 52 000 et 60000... En 2011, et pour ne parler que des cas qui ont pu être recensés, il y a eu plus de 812 victimes. Parmi elles, 88% sont des civils et au moins 52% sont des enfants* ! Ces chiffres sont l'une des tristes réalités du pays.

Quelle est la réponse de Handicap International à cette situation ?

Handicap International intervient aux côtés des Afghans depuis 1987. Aujourd'hui nous dédions une équipe importante à toutes les questions en lien avec les mines et restes explosifs de guerre. 182 personnes agissent au quotidien, dont beaucoup de personnes handicapées, parfois elles-mêmes victimes. Nous concentrons nos efforts sur la réadaptation physique, l'assistance aux victimes et la prévention aux risques.

Le centre de réadaptation physique de Kandahar, dans le sud du pays, est le point central de notre action. Il reçoit 6 000 patients par an, qui sont suivis et bénéficient de séances de réadaptation. 62 personnes de notre équipe, tous Afghans, y travaillent. Des prothèses, chaises roulantes et béquilles y sont produites en grand nombre. En 2012, 6 700 appareillages y ont été distribués.

La prévention des risques des mines et restes explosifs de guerre s'avère tout simplement primordiale puisqu'elle permet d'éviter des accidents. Pour cela, nous nous appuyons sur un réseau d'une centaine de personnes volontaires que nous formons. Enseignants, chef de tribus, religieux... tous apprennent les techniques et les messages clés à dispenser pour sensibiliser de façon efficace le plus grand nombre de personnes, même les plus isolées.

Enfin, Handicap International mène des activités d'assistance aux victimes. L'accompagnement social, l'insertion des personnes handicapées dans la société et la défense de leurs droits sont, par exemple, des actions essentielles. Les victimes de mines et restes explosifs de guerre sont concernées au premier-chef par cette action.

Quel est l'impact de vos interventions en Afghanistan ?

Handicap International est un acteur reconnu en Afghanistan et bénéficie d'une forte acceptation parmi les populations et les personnes bénéficiaires de nos actions. Cela permet d'obtenir des résultats positifs et encourageants, d'aider un grand nombre de personnes dans le besoin, de faire plus facilement connaître nos actions et de porter haut et fort les messages de prévention et de plaidoyer pour les droits des personnes handicapées. Mais tout ceci ne serait pas possible sans notre équipe. Ces résultats reposent en effet en grande partie sur les compétences et le mérite du personnel afghan, qui est formé sur place. Au bout du compte, le plus important, c'est l'autonomie retrouvée pour les personnes handicapées et les nombreuses victimes.

Sources : Landmine Monitor 2008 et Landmine Monitor 2011

Publié le : 28 octobre 2013
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