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Sous-munitions : augmentation vertigineuse du nombre de victimes

Mines et autres armes

Le rapport 2017 de l’Observatoire des sous-munitions rend compte de l’augmentation vertigineuse des nouvelles victimes : entre 2015 et 2016, leur nombre a plus que doublé. 98 % des victimes sont des civils. Le conflit syrien a causé à lui seul 89 % des victimes de sous-munitions dans le monde en 2016. Alors que la Conférence des États parties à la Convention d’Oslo se tient du 4 au 6 septembre à Genève, Handicap International appelle les États à appliquer le Droit international humanitaire et à faire pression sur les belligérants pour qu’ils cessent d’utiliser ces armes barbares.

Sous-munitions de type BLU 24 B

© Z. Johnson / Handicap International

Publié ce 31 août, le rapport 2017 de l’Observatoire des sous-munitions dresse le bilan, sur la période de janvier à décembre 2016, de l’application de la Convention d’Oslo qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions. Le rapport couvre également le premier semestre 2017 quand l’information est disponible.

Le rapport montre que le nombre de personnes tuées ou blessées par des armes à sous-munitions a plus que doublé entre 2015 et 2016 : 971 personnes ont été victimes de ces armes barbares en 2016, contre 419 en 2015. 98 % des victimes des sous-munitions recensées dans le monde sont des civils. Ce bilan est très probablement en dessous de la réalité. L’utilisation des armes à sous-munitions en Syrie est continue depuis mi-2012. Le conflit syrien a causé à lui seul 89 % des victimes des armes à sous-munitions recensées dans le monde en 2016, soit 860 victimes sur un total de 971. 51 nouvelles victimes ont été recensées au Laos et 38 au Yémen.

Portrait d'Anne Héry, responsable du plaidoyer à Handicap International

Lire l’interview d'Anne Héry, responsable du plaidoyer à Handicap International :
« Sous-munitions : des armes faites pour provoquer des massacres »

Au total, 6 États et un territoire ont été concernés par l’utilisation de sous-munitions depuis janvier 2015 : en plus de la Syrie et du Yémen, l’utilisation d’armes à sous-munitions a été encore recensée au Haut-Karabakh, territoire disputé entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, et en Somalie en 2016, en Ukraine, au Soudan et en Libye début 2015. D’autre part, selon des informations fiables mais pas encore confirmées, des armes à sous-munitions auraient été utilisées en Libye et en Irak en 2016 et début 2017. 

Alors que la vaste majorité des nouvelles victimes (857) ont été blessées ou tuées lors d’attaques utilisant des armes à sous-munitions, 114 personnes ont été victimes des restes de sous-munitions en 2016. Jusqu’à 40 % de ces armes n’explosant pas à l’impact, les sous-munitions deviennent aussi dangereuses que des mines antipersonnel et rendent des zones entières inhabitables. La moitié des accidents recensés en 2016 ont eu lieu au Laos (51 victimes), pays le plus contaminé au monde par les sous-munitions. Au total, 26 États et trois territoires sont contaminés par les restes de sous-munitions dans le monde.

« Handicap International appelle les belligérants à stopper immédiatement toute utilisation de sous-munitions. Elle appelle également les États à faire pression sur les pays qui utilisent ces armes afin que ceux-ci cessent de telles pratiques. Ils doivent condamner fermement et systématiquement toute nouvelle utilisation. L’exemple du Yémen, où l’utilisation des armes à sous-munitions a fortement diminué suite aux condamnations de la communauté internationale en 2016, montre que la stigmatisation de ces armes interdites produit des effets. »

La Convention d’Oslo compte désormais 119 membres (dont 102 États parties et 17 États signataires). Deux États (le Bénin et Madagascar) ont récemment ratifié la Convention. D’autre part, le 5 décembre 2016, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, 141 États – dont 32 non signataires de la Convention d’Oslo – ont adopté une résolution la soutenant. 

Depuis l’entrée en vigueur de la Convention d’Oslo, le 1er août 2010, 28 États parties ont détruit 1,4 million de stocks d’armes à sous-munitions, soit 175 millions de sous-munitions. Cela représente 97 % de toutes les armes à sous-munitions et 98 % des sous-munitions déclarées par les États parties. En 2016, trois États parties – Slovaquie, Espagne et Suisse – ont détruit 56 171 armes à sous-munitions et 2,8 millions de sous-munitions. 

En 2016, un total de 88 km² (soit presque deux fois la superficie de la capitale du Luxembourg) ont été déminés et 140 000 sous-munitions ont été sécurisées et détruites.

Publié le : 31 août 2017
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