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Sommet humanitaire mondial : pour ne plus jamais laisser les personnes handicapées de côté ?

Le tout premier Sommet humanitaire mondial (23-24 mai, Istanbul) est une occasion unique de mieux prendre en compte les besoins des millions de personnes handicapées affectées par des crises. Une Charte qui engage les ONG, les États et les bailleurs de fonds à les inclure dans leur réponse à l’urgence sera proposée à signature. Handicap International appelle les parties prenantes à ne pas manquer ce rendez-vous et à adopter le texte. Le nombre de signatures déterminera l’impact réel de ce texte sur les conditions de vie de millions de personnes.

Handicap International Haïti, abri équipé d'une rampe d'accès pour que la benéficiaire puisse se déplacer en fauteuil roulant.

Handicap International Haïti, abri équipé d'une rampe d'accès pour que la benéficiaire puisse se déplacer en fauteuil roulant. | © B. Aurenche / Handicap International

Organisé à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, le tout premier Sommet humanitaire mondial rassemblera les 23 et 24 mai prochains plus de 5 000 acteurs humanitaires (ONG, États, bailleurs de fonds, agences des Nations Unies...) à Istanbul en Turquie. Pour Handicap International, il s’agit d’une occasion historique de faire entendre la voix des oubliés de l’aide humanitaire, puisque l’une des 15 sessions spéciales organisées pendant le Sommet est dédiée à la prise en compte des personnes handicapées dans l’aide humanitaire. Cette session est le résultat d’un travail conjoint mené en collaboration avec les organisations de personnes handicapées, avec le soutien d’un petit groupe d’ONG et d’États convaincus de l’absolue nécessité de comprendre et lever les obstacles auxquels sont confrontées les personnes handicapées pour accéder à l’aide. 

Cette session sera l’occasion de lancer la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire (en anglais) dont l’élaboration a été coordonnée par Handicap International. Les signataires s’engageront sur 5 principes pour délivrer une aide plus inclusive : non-discrimination et respect de la diversité des personnes handicapées ; participation des personnes handicapées dans la conception des programmes humanitaires ; mise à disposition de services inclusifs ; mise en place de politiques mondiales inclusives ; coopération et coordination entre acteurs humanitaires pour améliorer l’inclusion des personnes handicapées. La Charte est proposée à signature aux États, aux ONG et aux bailleurs de fonds. Elle est accompagnée d’un plan d’action pour son application.

20 millions de personnes font face à une crise

Les personnes handicapées sont parmi les plus vulnérables lors d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle. On estime qu’environ 20 millions de personnes handicapées font actuellement face à une crise humanitaire. Alors qu’elles sont déjà souvent marginalisées dans leurs communautés, fuir une zone sinistrée et accéder à l’aide humanitaire peut s’avérer autrement plus difficile que pour une personne valide. Leurs droits et leurs besoins sont souvent mal pris en compte. Selon l’enquête Disability In Humanitarian Context (en anglais) menée par Handicap International pendant le premier semestre 2015, les trois quarts des personnes handicapées interrogées et concernées par une crise humanitaire estiment ne pas avoir eu un accès approprié à une aide de base (eau, nourriture, abri, soins médicaux). La moitié des répondants ont signalé l’absence d’accès à des soins spécifiques (réadaptation et aides à la mobilité).

Anne Héry, directrice du Plaidoyer et des relations institutionnelles à Handicap International :

« La mise en œuvre de cette Charte constituera un progrès majeur vers une aide plus impartiale et plus efficace. Pour la première fois, ONG, États et financeurs de l’aide humanitaire s’engagent pour mieux prendre en compte les droits et les besoins des personnes handicapées lors des urgences humanitaires. La façon dont ces personnes peuvent être laissées pour compte dans la réponse d’urgence constitue une injustice : elle est en voie d’être réparée. »

« Nous invitons toutes les ONG, tous les États et tous les financeurs de l’aide à adopter la Charte pour l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire », poursuit Anne Héry. « Ce texte appelle à la fois à un changement de pratiques mais aussi de mentalités de la part des acteurs humanitaires pour qu’ils prennent en compte les droits et les besoins des personnes handicapées, qui sont encore largement ignorées lors des crises. »

> Télécharger le dossier « Sommet humanitaire mondial : vers une avancée majeure pour les personnes handicapées ? »

Publié le : 20 mai 2016
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