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Rwanda : « Avec Handicap International, je me reconstruis »

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Rwanda

Anne-Clarisse a frôlé la mort en avril 1994 quand des miliciens ont commencé à aiguiser une machette pour « la couper ». Des années plus tard, un groupe de parole de Handicap International lui a permis de se construire un avenir.

« Lorsque les événements ont commencé, en avril 1994, j'avais 7 ans. Les miliciens brûlaient nos maisons. Armés de machettes et de gourdins, ils cherchaient les personnes de notre origine pour les tuer. Après avoir changé plusieurs fois de cachette, nous nous sommes réfugiés sous un panier chez un de nos voisins. Au bout de trois jours, je suis sortie en quête de nourriture. Comme j'étais une enfant, j'étais certaine que les miliciens ne me feraient pas de mal... Mais ils m'ont attrapée. L'un des miliciens me plaquait au sol, tandis qu'un autre aiguisait sa machette par terre pour me « couper ». J'étais terrorisée. C'est alors qu'un passant m'a sauvé en leur donnant de l'argent pour m'épargner. Aujourd'hui encore, j'entends le grincement du métal sur le sol.

Avec mon frère et ma belle-mère, nous sommes parvenus à gagner la frontière du Congo. Ma belle-mère voulait nous cacher dans sa famille. Mais celle-ci, d'origine différente de celle de mon père, s'était mise en tête de nous tuer. Alors, nous nous sommes cachés dans la cave d'une voisine.

Anne-Clarisse
© S.Mazoyer/Handicap International

Après le génocide des Tutsis, je suis retournée à Kigali. L'ensemble de ma famille élargie a été massacrée, et nous avons tout perdu.

A 18 ans, j'ai été violée et je suis tombée enceinte. Je n'avais aucune ressource, et j'étais désespérée. C'est à ce moment là que j'ai rencontré les professionnels de Handicap International. Ils m'ont intégrée dans un groupe de parole et j'ai bénéficié de séances individuelles de soutien psychologique. L'association m'a également accompagnée dans les démarches pour engager un procès contre mon violeur. Elle a avancé les frais du test ADN pour la reconnaissance de paternité, et j'ai eu gain de cause !

Aujourd'hui, à 27 ans, je vais mieux. Je fais du petit commerce, et grâce à ces revenus, je peux louer la maison où je vis désormais avec ma fille, Mugisha Mbasi Esther. Si je n'avais pas rencontré l'association, je serai tombée dans la folie comme beaucoup que l'on voit aujourd'hui dans les rues. Avec Handicap International, je me reconstruis.»

Publié le : 23 avril 2014
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