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Reprise des actions à Kobané

Déminer les terres Eduquer au danger des mines et des restes explosifs de guerre
Syrie

Les équipes de Handicap International sont de nouveau mobilisées dans la ville de Kobané, qui avait connu des combats d’une extrême violence entre septembre 2014 et janvier 2015. Après avoir interrompu ses activités suite à une série d’attaques fin juin, l’association a redémarré des programmes de déminage et de sensibilisation aux risques des restes explosifs de guerre.

Handicap International reprend ses activités de déminage et de sensibilisation aux risques dans la ville de Kobané en Syrie.

© P. Houliat / Handicap International

Suite à une série d’attaques sur la ville syrienne de Kobané, à la frontière turque, Handicap International avait été contrainte de quitter la zone et de suspendre ses activités. Le travail entamé en mai 2015 avait alors permis de neutraliser plusieurs tonnes d’engins explosifs.
La reprise des activités depuis quelques semaines va permettre de relancer la formation de démineurs, d’identifier des engins dangereux et de les neutraliser avant qu’ils ne blessent ou tuent les civils qui réinvestissent la ville. Des opérations délicates dans une zone comptant l’une des plus fortes densités de restes explosifs de guerre au monde.

Les combats menés entre septembre 2014 et janvier 2015 ont engendré une pollution sans précédent, exposant les civils qui reviennent dans leur quartier à des risques quotidiens. Si la quasi-totalité des habitants a dû fuir les combats, plus de 120 000 sont déjà retournés à Kobané et sa périphérie. Sensibiliser la population aux risques engendrés par cette contamination est donc une nécessité vitale. Depuis le mois de mai, plus de 2 000 personnes ont bénéficié des sessions de sensibilisation dispensées par Handicap International, et au moins 15 000 personnes ont reçu des brochures de sensibilisation concernant le danger permanent que constituent les restes explosifs de guerre. Ces opérations de sensibilisation se poursuivent.

« Les habitants sont très réceptifs et ils connaissent déjà bien les risques. J’ai été frappée de rencontrer des enfants sachant à peine parler et qui étaient déjà capables d’identifier les engins explosifs dans une liste d’objets. Chacun a chez lui ou chez un proche un reste explosif de guerre ou un piège explosif avec lequel il cohabite en attendant de pouvoir le détruire ou le retirer. Nous sommes là pour les amener à prendre un maximum de précaution et pour organiser le déminage de façon sécurisée. Nous devons nous préparer à une intervention longue qui demandera beaucoup d’énergie et de patience. Le déminage, le déblaiement des milliers de tonnes de gravats cachant souvent des engins explosifs, puis la reconstruction, vont prendre du temps et nécessiter des moyens importants. »
Maelle, coordonnatrice des opérations à Kobané

En avril 2015, Handicap International avait mené une évaluation des dommages causés par les combats à Kobané et dans les villages alentours. Sur place, l’équipe d’évaluation avait constaté les conséquences dévastatrices de l’utilisation intensive d’armes explosives – mortiers, missiles, roquettes, obus d’artillerie, bombes… – en zones peuplées par toutes les parties au conflit syrien : civils tués et blessés, maisons et infrastructures détruites (hôpitaux, écoles…). Les équipes de Handicap International avaient rarement été confrontées à une telle contamination par les restes explosifs de guerre.

Publié le : 9 septembre 2015
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