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« Protéger et redonner espoir »

Eduquer au danger des mines et des restes explosifs de guerre
Irak

Depuis 2014, le conflit en Irak a déplacé plus de 3 millions de personnes à l’intérieur du pays. Lorsque ces populations déplacées décideront de retourner chez elles, elles seront menacées par la présence de restes explosifs de guerre et d’engins explosifs improvisés disséminés par les combattants. En décembre 2014, Handicap International a donc lancé un programme d’éducation aux risques, dont près de 70 000 personnes ont déjà bénéficié.

Handicap International organise des séances d'éducation aux risques liés aux armes conventionelles et autres engins explosifs pour des enfants déplacés.

© Sarah Pierre/Handicap International

Depuis le bureau Handicap International de Kirkuk, Mooayad encadre huit agents d’éducation, qui conduisent cinq fois par semaine des opérations de sensibilisation aux risques liés aux armes conventionnelles et autres engins explosifs. L’objectif de ce projet est de sensibiliser les personnes déplacées au travers de séances à domicile ou dans les écoles :

« Nous avons constitué quatre équipes, réparties par zones d’intervention afin de sensibiliser les personnes déplacées par le conflit. Lorsque la guerre sera terminée, ces populations rentreront chez elles et seront confrontées à des engins non explosés, issus d’armes conventionnelles ou improvisées », raconte Mooayad.

L’Irak est en effet l’un des pays les plus pollués au monde par des restes explosifs de guerre : on estime que 1 730 km² du territoire sont contaminés par des engins explosifs dans 13 des provinces du pays , sans compter les récents combats.

« Le pays souffre tellement de la présence des explosifs que cela en arrive à toucher profondément la culture de ce pays. C’est un fléau qui met la vie des civils en danger. Il faut que le plus de personnes possible apprennent à réagir face à des engins non explosés. C’est aussi essentiel et important que l’accès à l’eau et la nourriture », poursuit Mooayad.

Depuis la base de Handicap International de Kirkuk, 12 000 personnes déplacées ont déjà été sensibilisées aux mines et autres engins explosifs , y compris les engins explosifs improvisés.

« Nous devons faire comprendre aux personnes que les engins improvisés peuvent se présenter sous toutes les formes possibles et imaginables. Ils peuvent être dissimulés dans des jouets, des frigos, des livres ou derrière une porte. Une famille déplacée m’a expliqué que leurs amis avaient décidé de retourner vivre dans leur village d’origine, et qu’une fois chez eux, lorsqu’ils ont remis le système électrique en marche, la maison entière a explosé », explique Mooayad.

À Kirkuk, les équipes de l’association se rendent dans les classes pour les enfants déplacés. Mais aussi de maison en maison, là où vivent les familles qui ont fui les combats. À l’échelle du Kurdistan, le programme d’éducation est mis en place également dans les camps qui accueillent les personnes déplacées.

« Je vois nos équipes très motivées par leur travail, apportant des suggestions pour faire comprendre au mieux les dangers aux enfants par exemple. Je crois que nous avons aussi un rôle important à travers ces séances. En plus de protéger des dangers, nous essayons toujours de conclure par une note positive, pour redonner espoir aux familles. L’espoir que notre pays ira mieux bientôt », conclut Mooayad.

(1) Landmine and Cluster Munition Monitor, dernière mise à jour du 07 novembre 2012, « Enquête sur l’impact des mines » menée dans 13 provinces de l’Irak entre 2004 et 2006.

(2) Chiffres au 15 novembre 2015

 

 

Publié le : 21 décembre 2015
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