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Près de 100 000 m² bientôt déminés en République démocratique du Congo

Mines et autres armes
République démocratique du Congo

Handicap International et son partenaire local Afrilam (Afrique pour la lutte anti-mines) déminent depuis juin 2016 un terrain de 92 000 mètres carrés – l’équivalent de la superficie de 15 terrains de football – à une quinzaine de kilomètres de Kisangani dans le Nord-est de la République démocratique du Congo. Plus de 4 000 personnes vont bénéficier directement de cette opération qui a déjà permis de neutraliser six mines antipersonnel.

Jully Angwaito, démineur de l'ONG AFRILAM, en train de tester son matériel sur le site de Bangboka à Kinsangani en RDC

© K. Batumike / Handicap International

Six mines antipersonnel type PMA-2, ainsi que deux grenades et des cartouches de petit calibre, ont été sécurisés près des villages de Bangboka et Batiabombe depuis juin 2016. Hermétiquement scellée, la mine PMA-2 peut être posée sous l’eau ou dans le sol. Elle reste dangereuse de nombreuses années : « Ce type de mines n’a pas de durée de vie vraiment connue mais compte tenu de la technologie utilisée, elle peut fonctionner bien une cinquantaine d’années, explique Denis Ricca, coordonnateur de l’action anti-mines de Handicap International en République démocratique du Congo (RDC). Posées dans le pays dans les années 90, les PMA-2 sont toujours dangereuses. »

Après excavation, la mine est détruite sur place si son état la rend dangereuse à désamorcer – quand elle est endommagée par exemple – ou désamorcée et stockée par Handicap International et son partenaire local Afrilam dans un lieu sécurisé en vue d’une destruction groupée.

Au total, 14 démineurs sont à pied d’œuvre, utilisant détecteurs de métaux et sondes pour cette opération en pleine forêt qui doit prendre fin en décembre prochain. « Nous progressons de 8 à 13 mètres carrés par jour et par démineur, ce qui est une vitesse plutôt lente, poursuit Denis Ricca. La densité de la végétation est la principale difficulté, et dans une faible mesure la pollution du sol par des déchets métalliques qui peuvent perturber les détecteurs. »

Un frein au développement du pays

En décembre prochain, l’équipe aura dépollué 92 000 mètres carrés, libérant ainsi des terres arables qui seront récupérées par près de 4 200 villageois pour l’agriculture et l’élevage. Elle sera ensuite affectée par les autorités congolaises à un nouveau site à déminer.

Les mines antipersonnel ont été employées pour la première fois en 1960 en RDC, au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance. Depuis 1996, elles ont été largement utilisées par les différents groupes armés qui se sont opposés dans le Nord et l’Est du pays, au gré des nombreux conflits qui se sont succédé.

Les mines et les restes explosifs de guerre sont une menace permanente pour les populations locales qui peuvent en être les victimes plusieurs années après un conflit. Elles sont un frein au développement économique du pays car des terrains, voire des pans entiers de territoire, ne sont plus utilisés pour cultiver, construire routes et habitations, etc.

Handicap International est présente en République démocratique du Congo depuis 20 ans. Elle a été un acteur majeur du déminage, ses dernières opérations dans le domaine remontant à 2014. Avec Afrilam, son partenaire sur le terrain depuis 2008, l’association est engagée dans de nouvelles opérations jusqu’en décembre 2017.

Membre de la Convention d’Ottawa, la République démocratique du Congo s’est donné jusqu’à janvier 2021 pour se déclarer libre de mines.


Sur le même thème : Le déminage de 50 000 m² de terres dans le Nord-est de la RDC a commencé

Publié le : 23 septembre 2016
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