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« Petit à petit, mon cœur devient plus léger »

Améliorer la santé mentale
Rwanda

Ce jour-là, Madeleine se dépêche de cacher ses enfants. Pour son mari, il est déjà trop tard. Il est torturé et tué à la machette sous ses yeux. Quant à elle, elle est violée.

© Wendy Huyghe / Handicap International

« À un moment, ils ont découvert les enfants cachés dans le plafond. Heureusement, les voisins sont passés me voir et ont pu, d'une manière ou d'une autre, amener les malfaiteurs à changer d'avis. Ainsi, mes enfants ont échappé à la mort. »

Plus tard, Madeleine comprend que le violeur l'a mise enceinte. Sa belle-famille, avec laquelle elle vit, la jette alors à la rue avec ses enfants. « Les miens m'ont reniée », dit Madeleine, 64 ans. « Mes voisins actuels sont au courant du meurtre de mon mari et que mon enfant est né d'un viol, mais ils se sentent coupables du tort qu'on m'a fait. Pour cette raison, ils préfèrent m'ignorer. Avant de devenir membre du groupe de partage, j'étais donc très seule. Je vivais isolée avec mes enfants. J'avais souvent peur. »

« Les blessures sont très profondes. Maintenant je peux partager mes expériences avec des personnes ayant vécu la même chose que moi. Et, surtout, je suis accompagnée grâce au soutien psychologique de Handicap International. Alors, petit à petit, mon cœur devient plus léger. La première fois que j'ai partagé tout cela avec les autres, ici, j'ai fait des cauchemars pendant des semaines. Les images défilaient à nouveau devant mes yeux. Mais cela m'aide. Maintenant, je peux regarder devant moi, sans avoir peur. »

« J'ai également appris comment en parler à mes enfants, ce qui n'est pas évident parce qu'ils nient le passé. Ils ont construit une histoire dans leur tête et préfèrent ne rien savoir et s'en tenir là. Je peux le comprendre », ajoute Madeleine.

Publié le : 7 avril 2014
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