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« Notre rôle est de briser ce cercle de violence »

Améliorer la santé mentale
Rwanda

« Le mot pour dire "traumatisme" n'existait pas au Rwanda avant le génocide des Tutsis », explique Augustin Nziguheba, psychologue et coordonnateur technique des projets de santé mentale de Handicap International.

© Wendy Huyghe / Handicap International

« Les problèmes de santé mentale causés par le stress post-traumatique lié au génocide ont de graves répercussions sur la société. Ils ont une incidence sur les difficultés rencontrées au sein même de la famille, sur l'augmentation des pratiques sexuelles à risque, sur les phénomènes de violence et sur l'incapacité à trouver du travail... Tout ceci constitue un cercle vicieux qui exacerbe la pauvreté et entrave le développement communautaire. De nouveaux problèmes de santé mentale apparaissent. Notre rôle est de briser ce cercle de violence. »

En 1996, deux ans après avoir débuté ses activités d'aide aux victimes du génocide des Tutsis au Rwanda, Handicap International initie son premier projet de santé mentale. Aujourd'hui, plus de 7 000 personnes bénéficient d'une aide psychosociale.

« Parmi les bénéficiaires, se trouvent des victimes directes du génocide, comme des veuves qui ont perdu leur famille, des femmes devenues mères suite à un viol », poursuit Augustin. « Le projet cible aussi des orphelins qui sont chefs de famille, des prostituées, des femmes séropositives, des victimes de violence sexuelle, des familles en prise à la violence... Beaucoup ont vécu des choses horribles et n'ont jamais pu en parler. Grâce à la “règle de protection” instaurée entre les participants aux groupes de parole, ils osent enfin s'exprimer pour la première fois. Un sentiment de confiance naît progressivement. Je rencontre des bénéficiaires qui disent “J'arrive à parler aux personnes qui ont tué ma famille”. Les résultats de cet accompagnement sont étonnants. »

Vingt ans après le génocide, près de 29% des Rwandais souffrent de stress post-traumatique. La santé mentale est aujourd'hui une priorité publique au Rwanda.

Publié le : 14 avril 2014
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