Accès direct au contenu
 
 

Noorayesha ne veut pas être un fardeau pour sa famille

Urgence
Bangladesh

Parmi les 625 000 réfugiés Rohingyas au Bangladesh, plusieurs centaines vivent avec un handicap grave. Leurs familles doivent lutter pour prendre soin d’eux dans les conditions de vie difficiles des camps. Noorayesha est partiellement paralysée et ne peut pas quitter sa tente.

Rubel Sarker, kinésithérapeute de Handicap International, évalue la motricité de Noorayesha dans sa tente au sein d'un camp de réfugiés au Bangladesh

© Philippa Poussereau / HI

Le kinésithérapeute de Handicap International, Rubel Sarker, chemine le long d’un étroit sentier longeant le bloc B du camp d’Unchiprang. Il a été informé qu’une femme vivant là n’a pas pu bouger depuis six semaines. Il cherche sa tente. Des voisins lui indiquent une structure de bambou protégée par une épaisse bâche noire, d’environ cinq mètres carrés. On aperçoit Noorayesha depuis le seuil, allongée sur une mince natte posée sur sol de terre battue ; sa fille, Fatima, invite Rubel à entrer.

Noorayesha a 55 ans. Avec ses trois filles déjà adultes, elle a fui la Birmanie au mois d’août 2017, lorsque leur village a été attaqué. Le mari de Noorayesha a été brutalement frappé à coups de machette et a été tué presque instantanément. Les quatre femmes ont couru jusqu’aux collines pour s’y cacher, avant de marcher pendant quatre jours pour atteindre la frontière avec le Bangladesh, devant traverser de dangereux cours d’eau pour se mettre en sécurité.

Elle ne quitte jamais sa tente

Comme les plus de 625 000 réfugiés Rohingyas vivant désormais dans des camps de fortune qui n’ont rien d’officiel, cette famille a dû se battre sans cesse pour accéder à de la nourriture, de l’eau et un toit. Juste au moment où leur situation devenait stable, Noorayesha a soudain perdu toute sensation dans la partie gauche de son corps ; probablement la conséquence d’un AVC.

Rubel commence son examen physique préliminaire, demandant à Noorayesha de serrer le poing ou de lever la jambe. Il a besoin de s’assurer des mouvements qu’elle peut ou ne peut pas exécuter, et d’évaluer de quelle manière cela affecte sa qualité de vie. Fatima lui explique que ses sœurs et elle doivent aider leur mère pour presque toutes les tâches du quotidien : s’assoir, se laver, s’habiller et aller aux toilettes. Elles ont du mal à la faire manger, et n’ont pas suffisamment d’eau potable. Noorayesha ne quitte jamais sa tente.

Des exercices dix fois par jour

Rubel prend le temps de montrer à Fatima comment réaliser une série d’exercices pouvant aider sa mère à retrouver une certaine mobilité des bras, des jambes et du bassin. Il explique à toute la famille que ces exercices doivent être exécutés dix fois par jour et qu’il reviendra dans cinq jours pour évaluer les progrès. Il apportera alors une chaise percée et un pot de chambre. 

Au moment où Rubel s’en va, Noorayesha déclare qu’elle ne veut pas être un fardeau pour sa famille, que si elle pouvait seulement récupérer l’usage de sa main gauche, cela l’aiderait déjà énormément. Rubel lui répond qu’il est confiant.

Publié le : 8 janvier 2018
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relation donateur :
Tél. : 04 78 69 67 00
Écrivez-nous

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Covid-19 : HI adapte ses actions pour protéger les plus vulnérables
© Quinn Neely / HI
Insertion Santé Urgence

Covid-19 : HI adapte ses actions pour protéger les plus vulnérables

Sur le terrain, partout où c’est possible, les équipes de Handicap International adaptent leurs activités pour lutter contre la propagation du coronavirus. Les modalités d’intervention sont revues et de nouveaux projets sont créés. Mot d’ordre : protéger du virus et agir sur les effets de la crise, avec une attention particulière pour les personnes handicapées, âgées ou isolées, les enfants et les femmes.

Covid-19 : sur le terrain, nos kinés en première ligne
© B. Blondel / HI
Réadaptation Santé Urgence

Covid-19 : sur le terrain, nos kinés en première ligne

Face à la pandémie de Covid-19, Handicap International mobilise ses équipes et adapte ses actions pour protéger les plus fragiles. Les kinésithérapeutes de l'association sensibilisent notamment les populations locales aux gestes d’hygiène à respecter. Témoignage de Pauline Falipou, experte en réadaptation d’urgence à HI.

Covid-19 : rester aux côtés des plus fragiles en période de pandémie
© Johanna de Tessières / HI
Insertion Prévention Réadaptation Santé Urgence

Covid-19 : rester aux côtés des plus fragiles en période de pandémie

Alors que la pandémie de coronavirus s’étend aux pays déjà affectés par la pauvreté, les conflits ou les catastrophes naturelles, Handicap International adapte son dispositif. Il nous paraît plus que jamais essentiel de poursuivre notre action, grâce à votre générosité, pour éviter une catastrophe humanitaire de très grande ampleur.