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Mossoul : « La majorité des civils ont encore besoin d’aide humanitaire »

Urgence
Irak

Le 17 octobre 2016, les forces armées lançaient une offensive pour reprendre la ville de Mossoul en Irak. Les combats, qui ont duré neuf mois, ont déplacé plus d’un million de civils et plus de 18 000 personnes ont été blessées. Point de situation sur l’une des plus importantes crises humanitaires de la région.

Groupe d'enfants dans un camp de réfugiés en Irak avec Shahed, 12 ans, bénéficiaire de Handicap International (à droite)

Groupe d'enfants dans un camp de réfugiés en Irak avec Shahed, 12 ans, bénéficiaire de Handicap International (à droite) | © B. Kormann / L’illustré / Handicap International

Portrait de Fanny Mraz, chef de mission en Irak pour Handicap International« Bien que l’offensive militaire sur la ville de Mossoul ait pris fin en juillet 2017, près de 80 % des personnes déplacées par les combats ne sont toujours pas rentrées chez elles. Le haut niveau de destruction, la contamination liée aux mines et aux restes explosifs de guerre, et le manque d’opportunités économiques empêchent ce retour. Dans les zones de déplacements, les conditions sont sommaires et l’assistance humanitaire reste insuffisante. »

Fanny Mraz, chef de mission en Irak

Accompagner les personnes blessées et traumatisées

« Nous continuons d’assister la population dans les camps de déplacés avec des services de kinésithérapie et de soutien psychosocial et psychologique. Les séquelles physiques et psychologiques ne s’effaceront pas facilement : ce travail de reconstruction est long », ajoute Fanny. Handicap International a également développé son intervention au sein même de la ville de Mossoul, où près de 300 000 personnes sont retournées s’installer au cours des derniers mois et où plusieurs dizaines de milliers étaient restées pendant les combats, dans l’incapacité de fuir le conflit. Des équipes de l’association interviennent dans plusieurs quartiers auprès de la population. 

Accompagner et aider la population au retour 

« Nous adaptons notre intervention à l’évolution de la situation », poursuit la chef de mission. Handicap International continue de sensibiliser les populations aux risques des restes explosifs de guerre avant qu’elles ne rentrent à Mossoul. En effet, une grande partie de la ville est encore contaminée par des armes explosives et des engins explosifs improvisés, ce qui représente l’une des plus grandes menaces pour la population. « Dans la même logique, nous avons mis en place un programme d’aide au retour dans plusieurs gouvernorats, où de nombreux civils sont retournés s’installer récemment. Nous aidons notamment à relancer certains services interrompus lors des combats. » 

Répondre aux nombreux besoins et aux nouvelles urgences 

« Une fois les affrontements à Mossoul terminés, les forces armées ont continué leur offensive cet été sur les villes de Tel Afar, puis de Hawiga. Plus de 100 000 personnes ont été déplacées au cours des trois derniers mois. C’est désormais dans la région ouest d’Anbar que l’armée intervient : près de 50 000 civils ont déjà été déplacés au sein de ce gouvernorat, et ce nombre pourrait doubler au cours des semaines à venir. Les mouvements de population continuent donc et l’urgence humanitaire est encore là », ajoute Fanny.

« Plus de 5 millions de personnes ont été déplacées depuis 2014 en Irak et plus de la moitié d’entre elles ne sont toujours pas rentrées dans leurs zones d’origine. La situation humanitaire à Mossoul est une illustration à petite échelle des besoins dans un pays où plus de 10 millions de personnes sont actuellement dépendantes de l’assistance des organisations humanitaires », conclut la chef de mission de Handicap International. 


Handicap International et la crise irakienne

Plus de 250 000 personnes ont bénéficié d’actions de Handicap International depuis le lancement de ses opérations d’urgence en Irak, en 2014. Les actions de l’association sont réévaluées régulièrement, pour tenir compte d’une situation très volatile sur l’ensemble du territoire irakien. Handicap International mène actuellement des activités d’aide au retour des populations, de sensibilisation aux risques de mines et armes conventionnelles, d’études non techniques et de dépollution de zones potentiellement dangereuses, de réadaptation physique et fonctionnelle, de soutien psychosocial, d’appui à des centres de santé , de formation, de plaidoyer et de support technique à des partenaires pour renforcer l’inclusion des personnes vulnérables (handicapées, blessées, âgées, etc.) au sein de leurs services.

Publié le : 17 octobre 2017
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