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Mines et engins explosifs : + 75 % de victimes, une augmentation historique après 15 ans de baisse

Mines et autres armes

Publié le 22 novembre par Handicap International avec trois autres ONG, le rapport 2016 de l’Observatoire des mines antipersonnel* rend compte de l’augmentation vertigineuse du nombre de nouvelles victimes de mines et restes explosifs de guerre. Entre 2014 et 2015, on note une hausse de 75 % du nombre de personnes tuées ou blessées par ces armes, qui s’explique par l’escalade sans limite de la violence armée dans plusieurs conflits actuels. Alors que la Conférence des États parties au Traité d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel, se tient du 28 novembre au 1er décembre à Santiago au Chili, Handicap International appelle les États à condamner systématiquement l’usage de ces armes barbares afin de continuer à protéger les civils.

Sayed est un jeune Afghan de 6 ans victime d'un engin explosif improvisé. Il a dû être amputé de sa jambe blessée pour survivre. Il est suivi par Handicap International depuis fin 2014.

Sayed est un jeune Afghan de 6 ans victime d'un engin explosif improvisé. Il a dû être amputé de sa jambe blessée pour survivre. Il est suivi par Handicap International depuis fin 2014. | © J. Tanveer / Handicap International

Le nombre de victimes de mines a presque doublé en un an

Le rapport de l’Observatoire des mines* montre que le nombre de nouvelles victimes de mines antipersonnel – industrielles ou de fabrication artisanale – et autres restes explosifs de guerre a quasiment doublé en un an : en 2015, au moins 6 461 personnes ont été tuées ou blessées par ces armes, contre 3 695 en 2014, soit une augmentation de 75 %. Ce chiffre représente le bilan le plus lourd enregistré par l’Observatoire depuis 2006. Le nombre de victimes repart à la hausse après 15 ans de baisse continue.

Infographie de Handicap International sur les victimes de mines et engins explosifs en 2015En 2015, la majorité des nouvelles victimes ont été enregistrées en Afghanistan (1 310), en Libye (1 004), au Yémen (988), en Syrie (864) et en Ukraine (589). À eux seuls, ces 5 pays représentent 74 % des victimes enregistrées en 2015. Au total, des victimes de mines ont été enregistrées dans 61 États et territoires dans le monde. Si le nombre d’États ayant recours aux mines antipersonnel a chuté ces dernières années, ces armes sont de plus en plus utilisées par des groupes armés non étatiques. Entre octobre 2015 et octobre 2016, des mines de fabrication artisanale ont été identifiées dans 10 pays : Afghanistan, Colombie, Irak, Libye, Myanmar, Nigeria, Pakistan, Syrie, Ukraine et Yémen.

Infographie de Handicap International sur les victimes de mines et engins explosifs en 2015Les mines antipersonnel continuent de tuer une majorité de civils : en 2015, 78 % des victimes étaient des civils, dont 38 % d’enfants. Ces utilisations contaminent durablement les territoires et mettent en danger la vie de milliers de personnes sur le long terme. Au total, 64 États et territoires sont contaminés par les mines et les restes explosifs de guerre.

Portrait du petit Sayed, 6 ans aujourd'hui, victime d'une mine artisanale en Afghanistan et suivi par Handicap International>> Lire aussi l'histoire de Sayed "Comment grandir quand une mine vous a pris votre jambe à seulement 5 ans ?"

Les financements dédiés à la lutte contre les mines sont en chute libre

Infographie de Handicap International sur les victimes de mines et engins explosifs en 2015À cet effroyable bilan s’ajoute une baisse continue des financements dédiés à la lutte contre les mines, qui a chuté ces trois dernières années. Alors que le nombre de victimes ne cesse de croître, les financements ont atteint en 2015 leur plus bas niveau depuis 2005, passant de 610,8 millions de dollars en 2014 à 471,3 millions de dollars en 2015. 

Portrait d'Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International« Nous sommes face à un phénomène particulièrement inquiétant : d’un côté, le financement du déminage, de la prévention et de l’assistance aux victimes baisse et la majorité des pays encore contaminés et signataires du Traité d’Ottawa ont pris du retard dans leurs opérations de déminage. De l’autre, nous assistons à une recrudescence effrayante de l’utilisation des mines et à une augmentation du nombre de leurs victimes. Les ONG seules ne pourront pas enrayer cette progression terrifiante. »

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International

Handicap International appelle aujourd’hui les États à condamner fermement et systématiquement toute nouvelle utilisation et à faire pression sur leurs alliés qui utilisent ces armes afin que ceux-ci cessent de telles pratiques. À l’occasion de la Conférence des États parties au Traité d’Ottawa, du 28 novembre au 1er décembre à Santiago au Chili, l’association rappellera aux États leur responsabilité en matière de déminage et d’assistance aux victimes.


* Publié chaque année, le rapport de l’Observatoire des mines, dont Handicap International assure la coordination avec trois autres ONG, dresse un bilan de l’application du Traité d’Ottawa qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des mines antipersonnel. Téléchargez le rapport 2016 (anglais uniquement)

Publié le : 22 novembre 2016
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