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Mamdouh : « J’ai enfin retrouvé l’espoir »

Appareiller et rééduquer
Liban Syrie

Mamdouh a 71 ans et souffre de diabète depuis plusieurs années. Il y a trois ans, sa maison en Syrie a été détruite par un bombardement et il a fui vers le Liban avec sa famille. Sa maladie s’est depuis aggravée et il a dû être amputé. Handicap International a récemment équipé Mamdouh d’une prothèse pour lui permettre de marcher à nouveau. Découvrez son histoire à l’occasion de la Journée mondiale de la Santé le 7 avril, consacrée cette année au diabète.

Au Liban, Handicap International a pris en charge Mamdouh, réfugié syrien amputé à cause du diabète.

Au Liban, Handicap International a pris en charge Mamdouh, réfugié syrien amputé à cause du diabète. | © Till Mayer / Handicap International

C’est un après-midi ensoleillé dans la vallée de la Bekaa et pour Mamdouh et sa famille, c’est aussi un jour très spécial. Alors que l’équipe de Handicap International entre chez eux, un sourire se dessine sur chaque visage. Mouna, la femme de Mamdouh, accueille chaleureusement Cynthia, kinésithérapeute et Elias, assistant social : « Cela fait deux jours qu’il ne dort pas, depuis qu’on lui a dit que vous veniez avec la prothèse. Il est tellement impatient ! » Alors qu’Haitham, le prothésiste, fait à son tour son entrée, le sourire de Mamdouh s’élargit.

Cela fait longtemps qu’il attend. Mamdouh a dû se plier à plusieurs évaluations, pour déterminer sa capacité à être appareillé et sa volonté de se dépasser pour pouvoir se servir de cette nouvelle jambe. Ce n’est pas commun, pour quelqu’un de son âge. Mais l’équipe de Handicap International est unanime, Mamdouh avait absolument besoin de cette prothèse. « C’est un homme très actif. Il a travaillé toute sa vie et cela lui manque terriblement », raconte Mouna.

« Je voulais juste travailler »

Lorsqu’il vivait en Syrie Mamdouh possédait sa propre usine de vêtements. Quand il est parti avec sa famille pour le Liban, ils se sont d’abord installés à Saida, dans le Sud. Là, Mamdouh a recommencé à travailler à l’usine, mais cette fois comme simple employé : « Cela n’avait pas d’importance, je voulais juste travailler », explique-t-il. Malgré ses efforts, Mamdouh a eu de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de sa famille, quand leurs économies n’ont plus suffit à couvrir les besoins de la vie quotidienne. C’est également à partir de ce moment que l’état de santé de Mamdouh, diabétique, s’est aggravé. Il n’avait plus assez d’argent pour payer le traitement dont il avait besoin.

En 2015, il a subi quatre opérations avant d’être amputé de la jambe droite. Cela a complètement changé sa vie. Ne pouvant plus travailler, Mamdouh a sombré dans la dépression, laissant sa famille à la fois inquiète et désemparée. Puis, un jour, sa femme a trouvé le numéro de Handicap International. La famille a décidé d’appeler l’association pour demander de l’aide.

Prendre soin de sa famille

Haitham, prothésiste et Cynthia, kinésithérapeute, expliquent à Mamdouh comment mettre correctement sa prothèse © Till Mayer / Handicap International

Handicap International suit Mamdouh depuis janvier 2016. « Nous avons immédiatement compris l’importance de l’appareiller d’une prothèse, lors de notre première rencontre », explique Elias, l’assistant social de l’association. « Quand j’ai rencontré l’équipe de Handicap International, j’ai enfin retrouvé l’espoir », ajoute Mamdouh souriant.

Il est maintenant temps pour Mamdouh de faire ses premiers pas avec sa nouvelle prothèse. Il hésite un peu, tient fermement son déambulateur pour ne pas perdre l’équilibre. Après quelques pas, il devient plus confiant : il abandonne son déambulateur et arrive jusqu’à la porte d’entrée de la maison. L’équipe de Handicap International est derrière lui, heureuse de témoigner de si bons débuts. Après quelques minutes dehors, il est temps de faire une pause. 

Une fois de retour dans la maison, Mamdouh partage ses premières impressions avec Cynthia, sa kiné : « Je peux être indépendant à nouveau. Je vais enfin me sentir mieux. Je me sens extrêmement reconnaissant ». Il regarde alors sa femme et ses petites filles, en train de jouer dans la chambre, et ajoute : « Je suis tellement impatient de me remettre au travail. Mon vœu est simple : je veux seulement pouvoir prendre soin de ma famille et de vivre de façon digne. C’est tout dont j’ai besoin pour être heureux ». Avec sa nouvelle prothèse, Mamdouh pourra faire de ce vœu une réalité.

Publié le : 7 avril 2016
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