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Les souffrances programmées de générations entières de Yéménites

Mines et autres armes
Yémen

Handicap International publie le 12 juin son rapport « Condamnation à mort pour les civils : l'impact à long terme des armes explosives en zones peuplées au Yémen ». Il montre comment les bombardements ont anéanti des décennies de développement dans le pays.

Au Yémen, destruction de l'hopital Al-Joumhori à Ta'izz - Handicap International

Destruction de l'hopital Al-Joumhori à Ta'izz au Yémen | © HI

Le rapport de Handicap International « Condamnation à mort pour les civils : l'impact à long terme des armes explosives en zones peuplées au Yémen » (en anglais) montre comment l'utilisation des armes explosives au Yémen aura un impact sur la vie des Yéménites pendant des décennies : les infrastructures et les services essentiels nécessaires à l'alimentation, au transport, à la santé et à l'eau tels que les ports, les routes, les établissements de santé et les systèmes d’adduction d’eau ont été endommagés ou détruits.

Le rapport produit par l’association montre l'étendue et l'impact de ces destructions à travers six études de cas. L'une d'entre elles concerne les dommages causés au port de Hodeidah par les bombardements. Un seul incident au début du conflit, en 2015, a fortement perturbé l'approvisionnement en produits de base et provoqué une hausse des prix des biens essentiels, notamment alimentaires. Le rapport montre également que la destruction des routes et des ponts augmente considérablement le délai nécessaire à l'approvisionnement des villes, tout en entravant l'accès de la population aux services de base. Les bombardements d’infrastructures comme le port de Hodeidah en 2015 ont encore aujourd'hui et auront pendant des décennies de graves conséquences pour les civils

Les trois quarts de la population ont besoin d’aide humanitaire

Les bombardements massifs des zones peuplées ont fait reculer le pays de 25 ans, soit l’équivalent d’une génération*. Le Yémen ne sera pas capable d’assumer seul le coût effroyable de la reconstruction, ni la décontamination des sols – pollués par des restes explosifs de guerre – nécessaire avant toute reconstruction.

Selon le Humanitarian Needs Overview, jusqu'à 600 infrastructures civiles ont été détruites ou endommagées chaque mois en 2018**. Au Yémen, 50 % des installations médicales ne fonctionnent plus alors que 19,7 millions de personnes ont besoin de soins de santé. 17,8 millions n'ont pas accès à l'eau potable ni à des sanitaires. Le blocus économique et les perturbations de l'économie ont provoqué l’inflation des denrées alimentaires et du carburant. Les dommages causés aux infrastructures essentielles ont exacerbé les besoins humanitaires dans le pays où 24,1 millions d’habitants (soit les trois quarts de la population totale) ont besoin d'une aide humanitaire.

16 300 victimes en 4 ans dont 80 % de civils

« Le bombardement des zones urbaines est un crime sanitaire lent et silencieux. Les infrastructures sanitaires du Yémen sont également anéanties par les bombardements répétés favorisant le retour des maladies liées à l'eau. Les bombardements et les pilonnages tuent et blessent les civils. Ils auront également un impact persistant et à long terme sur des générations de personnes qui survivront à la guerre. La destruction des infrastructures essentielles par les bombardements laisse le Yémen aux prises avec des épidémies comme la Covid-19. Les services sociaux et médicaux sont désorganisés et affaiblis par cinq années de bombardements massifs et répétitifs. Des populations entières – en particulier les personnes déplacées – sont extrêmement vulnérables et ont peu accès aux services de santé, d'eau et d'assainissement dont elles ont besoin pour se protéger contre les maladies. »

Alison Bottomley, responsable de plaidoyer à Handicap International

En cinq ans de guerre le Yémen a été dévasté par l'utilisation des armes explosives : l'organisation Action on Armed Violence AOAV rapporte que près de 16 300 personnes ont été tuées ou blessées par de telles armes entre 2015 et 2018. Environ 80 % d'entre elles étaient des civils. Lorsque les armes explosives sont utilisées dans des zones peuplées, la proportion de civils parmi les victimes grimpe à 95 %.

* Source : Assessing the Impact of War on development on YEMEN, PNUD, 2019
** Source : https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/2019_Yemen_HNO_FINAL.pdf 

Processus diplomatique pour mettre fin aux bombardements en zones peuplées 
Cofondatrice du Réseau international sur les armes explosives (INEW), Handicap International travaille avec les États pour élaborer une déclaration politique forte visant à mettre fin à l'utilisation des armes explosives à large portée dans les zones peuplées et à assurer un soutien aux victimes de ces pratiques.
Les négociations pour une déclaration politique visant à mettre fin aux souffrances humaines causées par l'utilisation des armes explosives en zones peuplées ont débuté à Vienne les 1er et 2 octobre 2019. Deux cycles de négociations ont eu lieu à Genève en novembre 2019 et février 2020, et seront suivis d'un autre cycle de consultations plus tard cette année. Ce processus diplomatique sera finalisé par une déclaration politique qui sera ouverte à l'approbation des États.
Publié le : 12 juin 2020
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