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Les États-Unis adoptent une nouvelle politique sur les mines antipersonnel drastiquement contraignante

Mines et autres armes
International

L'administration Biden a annoncé le 22 juin l’adoption d’une nouvelle politique sur les mines antipersonnel drastiquement contraignante, interdisant au Département de la Défense de développer, d'utiliser ou de transférer ces armes.

En vertu de cette nouvelle politique, les États-Unis détruiront également tous leurs stocks de mines. Handicap International salue l’initiative américaine, qui annule la décision prise par le président Donald Trump en 2020 d’autoriser l’utilisation de mines. L’association appelle néanmoins les États-Unis à rejoindre le Traité d’Ottawa interdisant ces armes et adopté par 164 États.

Cette nouvelle politique s’aligne sur les contraintes édictées par le Traité d’Ottawa interdisant les mines. L’Administration Biden a toutefois précisé qu’elle ne concernait pas la péninsule coréenne. Les États-Unis s’engagent à ne pas utiliser, développer, produire ou acquérir, exporter ou transférer des mines antipersonnel. Ils s’engagent également à ne pas aider, encourager ou inciter quiconque à s'engager dans une activité qui serait interdite par la Convention d'Ottawa. Ils se disent prêts à détruire tous les stocks américains de mines antipersonnel (qui ne sont pas nécessaires à la défense de la République de Corée).

L’administration Biden a également reconnu les avancées humanitaires majeures permises par le Traité d’Ottawa qui a largement contribué à faire diminuer le nombre de personnes tuées ou blessés par ces armes. Selon la déclaration publiée par la Maison Blanche, « la nouvelle politique annoncée aujourd'hui [NDLR : mardi 22 juin 2022] représente une étape supplémentaire pour faire avancer les objectifs humanitaires de la Convention d'Ottawa et pour rapprocher la pratique américaine d'un mouvement humanitaire mondial qui a eu un impact positif démontré dans la réduction des pertes civiles dues aux mines antipersonnel ».

Annuler la politique de Trump

La décision américaine était très attendue puisqu’elle correspond à un engagement pris par Joe Biden alors qu’il était en campagne électorale. Elle vient annuler la politique mise en place par l’administration Trump en 2020 (qui inversait elle-même la politique de 2014 du président Obama). Ce revirement avait choqué les défenseurs de la cause, tant aux États-Unis qu'à l'échelle internationale. La politique de Donald Trump donnait effectivement aux États-Unis la possibilité de reprendre l'utilisation et le stockage des mines antipersonnel.

« Les civils peuvent respirer un peu mieux aujourd'hui, car le chef de l'une des plus grandes armées du monde vient de promettre d'éviter toute utilisation future de ces armes en dehors de la péninsule coréenne. Nous nous félicitons évidemment de cette étape. Mais des organisations comme la nôtre ne seront satisfaites que lorsque les États-Unis auront adhéré au Traité d'interdiction des mines. »

Anne Héry, Directrice Plaidoyer et Relations Institutionnelles de Handicap International

Une bizarrerie ironique et historique

La politique américaine en matière de mines antipersonnel a toujours été un grand paradoxe. Bien que les États-Unis aient participé au processus d'Ottawa qui a abouti au Traité d'interdiction des mines en 1997, aucun président américain n'a jamais pris l'initiative d'y adhérer. Les administrations ont affirmé que les mines antipersonnel étaient nécessaires pour que les forces américaines puissent mener à bien des guerres terrestres. Cependant, les États-Unis n'utilisent plus de mines antipersonnel depuis 1991, ne les exportent plus depuis 1992, n'en produisent plus depuis 1997 et ont, entre-temps, détruit des millions de mines stockées. Le Gouvernement américain finance largement les actions menées par des organisations humanitaires – y compris Handicap International – pour neutraliser ces armes des zones autrefois en proie à des conflits, afin que les civils puissent vivre, travailler et jouer sans crainte.

« Le dernier changement de politique a rapproché les États-Unis du Traité d'interdiction des mines de 1997, mais l'administration s'arrête toujours avant la ligne d'arrivée. Le fait que les États-Unis s'abstiennent d'utiliser ou de commercialiser des mines antipersonnel depuis près de 30 ans, et qu'ils soient comptés comme le bailleur de fonds le plus généreux de la planète pour le déminage, mais qu'ils ne veulent toujours pas adhérer au Traité, est une bizarrerie ironique et historique. Cette grande contradiction laisse des milliers de vies en danger. »

Anne Héry

Une norme quasi universelle

Les États-Unis sont l'un des rares pays qui n'ont pas encore adhéré au Traité d'interdiction des mines antipersonnel, rejoignant ainsi des États comme la Chine, l'Égypte, l'Inde, Israël, le Pakistan et la Russie. Le traité compte actuellement 164 États parties, ce qui fait de l'interdiction des mines antipersonnel une norme quasi universelle du Droit international humanitaire.

Les mines antipersonnel sont des dispositifs activés par le mouvement qui ne peuvent pas distinguer le pas d'un enfant de celui d'un soldat. En 2020, les mines ont tué ou blessé plus de 7 000 personnes dans le monde, dont 80 % étaient des civils et la moitié étaient des enfants. Plus récemment, la communauté mondiale ainsi que les États-Unis ont condamné l'utilisation de mines antipersonnel dans la guerre en Ukraine.

Publié le : 23 juin 2022
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