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Le Yémen s’enfonce dans le chaos dans l’indifférence générale

Secourir les victimes
Yémen

Un an après le début de l’offensive de la coalition armée menée par l’Arabie Saoudite, six ONG* qui travaillent au Yémen, dont Handicap International, alertent la communauté internationale sur l’une des plus graves catastrophes humanitaires actuelles.

C’est dans l’indifférence générale que le Yémen s’enfonce dans le chaos. Les bombardements aériens et les combats ont considérablement aggravé la situation humanitaire des populations de ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique.

Une crise humanitaire de grande ampleur

Jean-Pierre Delomier, Directeur de l’action humanitaire à Handicap International :

« L’emploi massif d’armes explosives en zones peuplées constitue une violation du Droit international humanitaire. Plusieurs hôpitaux ont été dévastés et ce sont les civils qui en sont les premières victimes. Nous appelons une nouvelle fois l’ensemble des parties aux conflits à cesser immédiatement tout bombardement contre les civils. » 

« Aujourd’hui le Yémen est confronté à l’une des crises alimentaires les plus graves au monde, associée à une crise sanitaire de grande ampleur : huit personnes sur dix n’ont pas accès à une eau potable et beaucoup n’ont pas accès à la santé. On compte plus de 2,5 millions de personnes déplacées depuis le début du conflit. Pourtant cette crise est totalement passée sous silence », déclare Hanalia Ferhan, chef de mission de l’ONG ACTED au Yémen. Une génération entière est en passe d’être sacrifiée du fait d’une paupérisation grandissante de la population et du manque d’accès aux services de base. « La situation s’est rapidement dégradée dans l’indifférence générale. Ce conflit a engendré une crise humanitaire sans précédent. 82 % de la population a besoin d’une aide d’urgence. La moitié de la population, soit 14,4 millions de personnes, est en situation d'insécurité alimentaire du fait de la perte de leurs sources de revenu et de la flambée des prix des aliments. Nous avons déjà vu l’impact de l’inaction de la communauté internationale en Syrie, nous ne pouvons pas laisser la même chose se reproduire au Yémen », alerte Violaine Gagnet, responsable des urgences de CARE France. 

De nombreux obstacles limitent l’aide

Les organisations humanitaires sont extrêmement inquiètes de la situation, les besoins sont énormes et il n’a jamais été aussi compliqué de travailler sur place. Les équipes doivent négocier quotidiennement l’accès pour mettre en œuvre les programmes d’urgence. « Sans réaction rapide, les civils vont continuer d’être les premières victimes de ce conflit. Dans le respect du droit international, l’accès aux blessés doit être facilité pour les professionnels de santé », affirme le docteur Jean-François Corty, Directeur des opérations internationales de Médecins du Monde.

En raison de l’urgence de la situation, nos associations* appellent la communauté internationale à se mobiliser pour obtenir un cessez-le feu, un accès sans entrave à l’aide, l’application du Droit international humanitaire dans la conduite des hostilités et une reprise rapide des négociations de paix. Le Yémen est depuis trop longtemps passé sous silence, en particulier par la France. « La réponse militaire à cette crise est un échec. Chaque État doit aujourd’hui s’impliquer davantage sur les fronts diplomatique et humanitaire et faire son maximum pour mieux protéger les civils », demande Isabelle Moussard-Carlsen, Directrice régionale Moyen-Orient d’Action contre la Faim.

À l’issue d’une conférence de presse conjointe le 17 mars 2016, les six ONG* demandent que le Droit international humanitaire soit respecté au Yémen. Elles appellent à l’application d’un cessez-le-feu immédiat qui faciliterait le déploiement de l’aide et permettrait de répondre à l’immensité des besoins humanitaires. Elles demandent une implication diplomatique internationale accrue pour mettre fin à ce conflit dévastateur dont les civils sont, encore une fois, les premières victimes.

* ACTED, Action contre la Faim, Care, Handicap International, Médecins du Monde, Première Urgence Internationale.

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Publié le : 17 mars 2016
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