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Le rôle crucial de la réadaptation pour les amputés du séisme

Accompagner les victimes de mines Améliorer la santé mentale Appareiller et rééduquer Secourir les victimes
Népal

Plus de 22 000 personnes ont été blessées suite au séisme au Népal. Sunil, kinésithérapeute en chef de Handicap International, explique en quoi consiste la réadaptation physique pour les victimes amputées.

Sunil, kinésithérapeute de Handicap International au Népal, fait faire des exercices de rééducation à une victime amputée d'une jambe suite au séisme

Sunil, kinésithérapeute de Handicap International au Népal, fait faire des exercices de rééducation à une victime amputée d'une jambe suite au séisme | © Lucas Veuve / Handicap International

Sunil, kinésithérapeute en chef de Handicap International au Népal : « En temps normal, la réadaptation commence avant que le patient se fasse amputer. Nous lui apprenons à renforcer ses membres supérieurs. Nous lui montrons aussi des exercices de respiration pour qu’il se relaxe et retrouve de l'énergie. Mais cela n'a pas toujours été possible avec les victimes du tremblement de terre au Népal. Nous avons malgré tout commencé la réadaptation le plus tôt possible. 

Remettre debout rapidement

Juste après l'opération, le moignon du patient doit être bandé correctement pour lui éviter de trop gonfler. La jambe doit aussi être placée légèrement en hauteur, articulations dépliées, pour éviter une contracture musculaire qui pourrait entraver définitivement ses mouvements. Les patients doivent aussi bouger et s'étirer afin de ne pas développer d’escarres en raison d’un alitement prolongé.
Quelques heures après l'opération, nous testons la capacité du patient à s'asseoir confortablement. Dans les 24 heures, nous l'encourageons à se mettre debout en s'appuyant sur un support. S'il tient debout, nous lui fournissons des béquilles et commençons progressivement à le faire marcher, entre autres exercices. 

Être porteur d’espoir

La perte d'une partie du corps provoque toujours un traumatisme psychique, et nombreux sont les survivants du tremblement de terre au Népal qui ont également perdu des proches et leur logement. C'est pourquoi il est très important d'établir une relation émotionnelle avec nos patients et leur famille. Être à leur écoute, discuter, expliquer le processus de réadaptation physique… tout cela leur redonne de l'espoir. Pour inspirer les patients, je leur raconte l'histoire de Reema, une bénéficiaire de Handicap International qui a reçu une prothèse et qui est aujourd'hui une danseuse célèbre au Népal. 

Apprivoiser la prothèse

Une fois son moignon guéri, le patient peut pratiquer des exercices plus exigeants comme des étirements pour gagner en force et en souplesse. Plusieurs mois de kinésithérapie son ensuite nécessaires avant de pouvoir recevoir la prothèse. À ce moment-là, un prothésiste qualifié prend les mesures du patient afin de lui fabriquer son appareillage. Puis des réglages sont apportés à sa prothèse jusqu'à ce qu'il puisse faire quelques pas confortablement. Ensuite, il peut commencer à apprendre véritablement à l’utiliser au quotidien. Un kinésithérapeute l’accompagne et lui montre comment appréhender des surfaces lisses et irrégulières, monter des escaliers, enfiler et retirer son appareillage et l'entretenir.

Nous faisons le maximum pour revoir les patients trois à six mois après, afin d’effectuer de nouveaux réglages sur leur prothèse. Dans un pays montagneux comme le Népal, le pied d'une prothèse doit généralement être remplacé tous les six mois, et l'ensemble de la prothèse tous les un à deux ans. »

Publié le : 26 juin 2015
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