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Le combat pour éradiquer les armes à sous-munitions est loin d'être terminé

Mines et autres armes
International

Le Rapport 2020 de l’Observatoire des sous-munitions révèle de nouvelles attaques les utilisant en 2019. Handicap International poursuit son combat et appelle tous les États à condamner systématiquement l’utilisation de ces armes, dont 99 % des victimes sont des civils. L’association demande à tous les États qui ne l’ont pas encore fait de rejoindre la Convention d’Oslo.

Sensibilisation des élèves aux dangers des sous-munitions au Laos par Handicap International

Sensibilisation des élèves aux dangers des sous-munitions au Laos | © HI

Un bilan encore inquiétant

Publié le 25 novembre, le Rapport 2020 de l’Observatoire des sous-munitions dresse le bilan de l’application de la Convention d’Oslo* sur la période allant de janvier à décembre 2019. Le rapport couvre également l’année 2020 jusqu’au mois de septembre, quand l’information est disponible.

Entre juillet 2019 et juillet 2020, de nouvelles utilisations d'armes à sous-munitions** ont été signalées en Syrie et en Libye : au moins 11 attaques utilisant des armes à sous-munitions ont eu lieu en Syrie pendant cette même période. En 2019, il y a également eu plusieurs cas ou allégations d'utilisation d'armes à sous-munitions en Libye.

> Lire le témoignage de notre spécialiste « Des armes faites pour provoquer des massacres »

Baisse du nombre de nouvelles victimes

L'Observatoire a enregistré 286 nouvelles victimes d'armes à sous-munitions en 2019 dans le monde, causées soit par des attaques utilisant ces armes (221), soit par des restes d'armes à sous-munitions (65). Cela représente une forte baisse par rapport aux 951 victimes enregistrées en 2016, principalement en raison d'un changement dans le contexte du conflit syrien.

Selon l’Observatoire des sous-munitions, 80 % des victimes recensées en 2019 ont été enregistrées en Syrie, comme c'est le cas depuis 2012 : dans ce pays, 219 victimes d'attaques aux armes à sous-munitions et 13 victimes de restes d'armes à sous-munitions ont été signalées l’année dernière, sachant que les chiffres réels sont probablement plus élevés en raison de l'accès limité et des difficultés de collecte des données. 

Des armes de plus en plus stigmatisées

Les chiffres du rapport 2020 soulignent les conséquences dramatiques de l'utilisation des armes à sous-munitions, qui créent une contamination à long terme et une menace mortelle pour la population.

Depuis l’entrée en vigueur de la Convention d’Oslo, le 1er août 2010, 35 États ont détruit 1,5 million de stocks d’armes à sous-munitions, soit 178 millions de sous-munitions. Cela représente 99 % de toutes les armes à sous-munitions déclarées par les États parties à la Convention. Au total, 23 États et trois territoires sont encore contaminés par les restes de sous-munitions dans le monde.

Portrait d'Anne Héry de Handicap International« La Convention d'Oslo a fait de grands progrès pour la protection des civils contre ce fléau. Chaque année, des stocks sont détruits et d'importantes zones de terres contaminées sont nettoyées, tandis que ces armes sont de plus en plus stigmatisées. Les États parties ont également fait beaucoup de progrès pour l'assistance aux populations touchées, mais les pays concernés ont encore du mal à financer les services nécessaires aux victimes, qui vivent trop souvent dans des conditions extrêmement difficiles. »

Anne Héry, directrice du Plaidoyer à Handicap International

Utilisations dans le Haut-Karabakh

Des utilisations récentes d’armes à sous-munitions par les forces d'Azerbaïdjan et d'Arménie ont eu lieu dans le conflit du Haut-Karabakh. Elles n'ont pas été enregistrées dans le Rapport 2020 de l’Observatoire des sous-munitions, qui couvre principalement l'année 2019. Selon l’ONG Human Rights Watch, les forces arméniennes ont tiré avec des armes à sous-munitions ou en ont fourni lors d'une attaque sur la ville de Barda, tuant au moins 21 civils et en blessant au moins 70 autres. L'armée azerbaïdjanaise a utilisé des armes à sous-munitions dans au moins quatre incidents distincts.

Ces utilisations récentes – et celles enregistrées en Syrie et en Libye par le Rapport 2020 – doivent inciter davantage d'États à adhérer à la Convention d'Oslo. L'Azerbaïdjan, l'Arménie et la Syrie n'ont pas encore signé ce texte contraignant, et des pays comme les États-Unis, la Russie et la Chine continuent de refuser d'y adhérer. La Convention d'Oslo doit devenir une norme universelle.

Comment nous aider ?

Vous pouvez bien sûr faire un don pour soutenir l'action de Handicap International pour les victimes, et vous pouvez signer la pétition de l'association demandant l'arrêt des bombardements en zones peuplées par les civils, les premières victimes de ces pratiques barbares.

Merci de votre soutien !


* La Convention d’Oslo interdisant l’utilisation, le stockage, le transfert, la production et la vente de sous-munitions a été ouverte à signature en décembre 2008. À ce jour, 120 pays en sont signataires.

** Les armes à sous-munitions sont composées d’un conteneur regroupant jusqu’à plusieurs centaines de mini-bombes appelées sous-munitions. Conçues pour être dispersées sur de larges surfaces, elles atteignent inévitablement des zones civiles. Jusqu’à 30 % (voire 40 %) d’entre elles n’explosent pas à l’impact. Comme les mines antipersonnel, elles peuvent être déclenchées au moindre contact, tuant et mutilant pendant et après les conflits. En n’opérant aucune distinction entre personnes et biens civils et cibles militaires, les armes à sous-munitions violent les règles du Droit international humanitaire.

Publié le : 25 novembre 2020
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