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L’utilisation d’armes explosives en zones peuplées est inacceptable

Secourir les victimes

Handicap International est engagée dans le combat contre l’usage d’armes explosives en zones peuplées. Il est urgent de protéger les civils, premières victimes de cette pratique contraire au droit international humanitaire et qui fait des dizaines de milliers de victimes chaque année, notamment en Syrie.

Immeuble d'habitation bombardé à Gaza City. Handicap International condamne l'utilisation d'armes explosives en zones peuplées.

Immeuble d'habitation bombardé à Gaza City. Handicap International condamne l'utilisation d'armes explosives en zones peuplées. | © Xavier Bourgois / Handicap International

Qu’entend dénoncer Handicap International quand elle condamne « l’utilisation des armes explosives en zones densément peuplées » ? 

Portrait d'Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International

Anne Héry, Directrice du plaidoyer à Handicap International : Une roquette sans système de guidage qui tombe dans la cour d’une école. Des habitations civiles touchées par un tir de roquette. Une roquette tombée dans une rue tuant plusieurs passants… Ce genre d’incidents est survenu de façon régulière dans le conflit ukrainien : des armes explosives – roquettes, missiles, obus, etc. – ont été utilisées par les parties prenantes au conflit dans des villages, des centres urbains, blessant ou tuant des civils. En Syrie, où les populations sont chaque jour intensément exposées aux armes explosives, le bilan est effrayant. Les civils ne doivent évidemment pas être pris pour cibles. Le danger qu’ils courent devrait être le souci prioritaire des belligérants lors des attaques. Handicap International condamne ces pratiques inacceptables qui consistent, pour une partie prenante à un conflit, à utiliser des armes explosives dans des zones peuplées, sans considération pour la vie des civils.

Concrètement, que peut faire Handicap International ?

D’une part, nous menons un travail de plaidoyer pour alerter les acteurs politiques sur cette problématique. Nous souhaitons obtenir de leur part une déclaration commune condamnant l’utilisation des armes explosives en zones peuplées et qu’ils s’engagent à mettre fin à ces pratiques. D’autre part, nous menons des actions sur le terrain : nous apportons des soins de réadaptation aux personnes blessées et une assistance aux personnes vulnérables affectées par le conflit. Nous apprenons à la population à se prémunir contre les dangers que représentent les restes explosifs de guerre et nous déminons les zones polluées par ces engins. Lors d’une attaque par armes explosives, un pourcentage variable de ces armes n’explose pas au moment de l’impact, générant une menace permanente pour les populations civiles longtemps après les combats.

La communauté internationale vous semble-t-elle disposée à se saisir de la question ? 

Nous observons une prise de conscience grandissante. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Secrétaire général des Nations unies ont pris position contre l’usage des armes explosives en zones peuplées. Plusieurs États ont fait des déclarations condamnant cet usage. Une dynamique internationale est en cours. Elle doit être portée, accompagnée, amplifiée par une mobilisation du public et des médias. Pour Handicap International, la priorité est d’aboutir à des résultats concrets, pour protéger les civils et soutenir les victimes.

> Vidéo : voir le témoignage de Mohamad, victime d’un bombardement 

Des statistiques effrayantes
D’après une étude de l’organisation Action On Armed Violence (AOAV), au moins 41 800 personnes auraient été blessées ou tuées par des armes explosives en 2014. 78 % des victimes identifiées seraient des civils. Quand ces armes sont utilisées dans des zones densément peuplées, la part des victimes civiles atteindrait 92 %. 
En Syrie, les civils représentent plus de 50 % des décès causés par les armes explosives depuis le début du conflit. Entre janvier et juin 2014, les Nations unies ont recensé 850 enfants tués ou mutilés en Syrie, en grande majorité par l’effet des armes explosives utilisées en zones peuplées. En Afghanistan, 450 civils ont été tués en 2014 par des tirs de mortiers et des roquettes.
Handicap International s’est associée à d’autres organisations de la société civile en 2011 pour créer INEW, Réseau international sur les armes explosives. INEW regroupe aujourd’hui 19 ONG qui appellent collectivement à une action immédiate pour prévenir les souffrances humaines causées par l’utilisation d'armes explosives dans les zones peuplées.
Sources des chiffres : 
- Action on Armed Violence (2015), Explosive States: Monitoring explosive violence in 2014. Les chiffres d’AOAV sont à manier avec précaution dans la mesure où ils reposent sur une compilation des informations issues de la presse anglo-saxonne.
- OCHA (2014), Point de situation des besoins humanitaires, Nations unies, Novembre 2014, p. 1, cité par le rapport Failing Syria.
Publié le : 23 septembre 2015
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