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« J’aimerais pouvoir sortir et revoir mes frères »

Appareiller et rééduquer
Liban Syrie

Abdallah, 11 ans, a été victime d’un bombardement en Syrie. Aujourd’hui paraplégique, il vit avec sa mère et ses frères et sœurs au Liban. Depuis son arrivée fin 2015, il est soutenu par Handicap International* qui l’aide à se rétablir progressivement et à s’adapter à sa nouvelle vie.

Abdallah est soutenu par Handicap International qui lui fournit des soins de kinésithérapie. Le garçon a hâte de retourner à l'école.

© Handicap International

« C’était le jour de l’Aïd. Nous étions partis avec mon fils faire des courses au marché pour préparer les festivités », se souvient Farida, la mère d’Abdallah. « Il a toujours été très serviable et il avait insisté pour m’accompagner. Alors que nous avions atteint la rue principale du souk, des avions ont survolé la zone où nous nous trouvions et les bombardements ont commencé. Tout s’est passé très vite, beaucoup de gens sont morts autour de nous. Lorsque j’ai relevé la tête, Abdallah était par terre et il avait l’air terrifié. J’ai compris que lui aussi avait été touché. On l’a emmené à l’hôpital le plus proche mais il n’a été opéré qu’une dizaine d’heures après son arrivée. Le lendemain, on m’a dit que mon fils ne remarcherait jamais. »

Cynthia, la kinésithérapeute de Handicap International, commence la session avec Abdallah dans la chambre familiale. Elle lui fait faire quelques étirements des bras et des jambes. Au début, le jeune garçon semble démotivé et inquiet : ses souffrances, tant physiques que psychologiques, sont encore très présentes. Puis au fil de la séance, Cynthia arrive à le mettre en confiance. Abdallah se détend alors et esquisse même un sourire lorsque la kinésithérapeute le fait taper dans ses mains.

« On a bien fait de partir »

Alors que la session continue, Cynthia raconte : « Nous suivons Abdallah depuis son arrivée au Liban. La famille a habité dans différents endroits dans la vallée de la Bekaa, avant de s’installer dans cette structure d’accueil pour personnes réfugiées (tenue par une autre ONG) à Marj. Ici, la mère d’Abdallah n’a plus de loyer à payer, ce qui aurait été impossible pour elle en étant seule avec cinq enfants. Le seul inconvénient est que la famille vit dans la seule chambre disponible, au quatrième étage de l’établissement… ». Abdallah ne peut donc pas se rendre à l’extérieur pour l’instant. « J’aimerais pouvoir sortir et revoir mes frères », explique-t-il alors timidement.

Deux des grands frères d’Abdallah sont restés en Syrie, le père du jeune garçon aussi. Si Farida est sans nouvelles de son mari depuis plusieurs mois, elle se réjouit des appels de ses fils, avec qui elle est restée en contact. « On s’appelle souvent, ils me disent que la nourriture manque et qu’ils souffrent encore des bombardements. Ils me racontent que chaque jour des gens meurent et que l’on a bien fait de partir ».

La séance suit son cours et Cynthia fait désormais exécuter à Abdallah des exercices qui lui permettront de muscler ses bras. Handicap International a fourni un fauteuil roulant au jeune garçon pour qu’il puisse se déplacer. Avant, Abdallah était très actif : plus que tout, il adorait l’équitation. « Nous avions un cheval dans notre ferme en Syrie, mais aujourd’hui il est mort, les voisins l’ont mangé car ils souffraient de la famine. Notre maison aussi a disparu sous les bombardements. »

Tout faire pour garantir leur avenir

Farida écoute son fils avec attention et fait part de ses préoccupations : « Notre situation est si différente aujourd’hui, mais je veux tout faire pour lui garantir un bel avenir. Je veux que mes enfants aillent à l’école à la prochaine rentrée scolaire. » Pour le moment, Abdallah passe ses journées à l’intérieur, à jouer aux cartes et aux petites voitures avec ses frères et sœurs. Il regarde alors sa mère et ajoute : « Moi aussi, j’ai hâte d’être à la rentrée… ». Cynthia remarque : « Il y a quelques mois, Abdallah ne voulait pas entendre parler de l’école. Je suis heureuse de l’entendre dire le contraire aujourd’hui ». Le jeune garçon lui tape une fois de plus dans la main en souriant, et c’est ainsi que s’achève sa treizième séance de kinésithérapie. 

Abdallah bénéficiera encore d’autres séances avec le personnel de Handicap International, qui lui permettront de retrouver une certaine autonomie. Des sessions de soutien psychosocial seront également mises en place prochainement pour que le jeune garçon puisse apprendre à accepter sa situation et cette nouvelle étape de sa vie au Liban. 

* Projet réalisé avec le soutien d'ECHO (Office humanitaire de la Commission européenne).

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Publié le : 2 mars 2016
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