Go to main content

« J’ai réussi à pardonner à mes oncles »

Améliorer la santé mentale
Rwanda

Lors du génocide des Tutsis en 1994, Jean-Paul avait 5 ans. Ses oncles voulaient le tuer avec sa fratrie car leur père était d'une origine différente. Récemment, avec l'aide d'un groupe de parole mis en place par Handicap International, Jean-Paul a réussi à pardonner à ceux qui voulaient le tuer.

© S.Mazoyer / Handicap International

« Je ne me souviens de rien avant ce mois d'avril 1994. Dans mon premier souvenir, je me revois enfant, sur le dos d'une de mes sœurs. Les miliciens mettent la maison à sac. Ils cherchent mon père qui se cache dans les marais. C'est à Kigali. J'ai cinq ans. Nous sommes cinq enfants, dont un bébé.

Avec ma mère, nous nous enfuyons vers le Sud, pour rejoindre sa famille. Là, nous apprenons la mort de notre père. La famille de ma mère est d'origine différente de celle de mon père. Et nos oncles maternels veulent nous tuer, nous leurs neveux. Pour nous sauver, la sœur de ma mère nous emmène au Congo.

Deux mois plus tard, nous apprenons que notre père est encore en vie ! Nous le rejoignons à Kigali, mais nous n'avons plus rien. Nos biens ont été détruits, tout est devenu difficile. Nous suivons des études grâce au Fonds d'Aide aux Rescapés du Génocide (FARG). Mais je suis trop perturbé et ne parviens plus à me concentrer en cours. J'interromps alors ma scolarité.

Jour après jour, je pense à ceux qui ont été tués

En 2013, au décès de mon père, je deviens chef de famille. C'est pour moi une charge trop lourde à assumer. Si nos biens n'avaient pas été détruits, je n'aurais pas toutes ces difficultés ! Je me sens totalement impuissant. Et jour après jour, je pense à ceux qui ont été tués.

C'est alors que Handicap International me prend en charge. J'intègre un groupe de parole composé d'autres jeunes qui ont eux aussi interrompu leur scolarité. Dans ce groupe, je dialogue avec les autres et j'élabore des petits projets. Peu à peu, je reprends confiance en moi. Je suis des formations et j'ai repris mes études secondaires.

Aujourd'hui, à 25 ans, j'ai tourné la page. J'ai réussi à pardonner à mes oncles, même si cela a pris du temps. Mais je suis inquiet pour ma sœur Agathe, qui vit encore dans la peur et s'isole. Elle n'a pas confiance en elle ni dans les autres. J'aimerais qu'elle rejoigne le groupe Handicap International, cela lui ferait du bien. »

Publié le : 17 avril 2014
Nos actions
pays
par pays

Contactez-nous

Relation donateur :
Tél. : 04 78 69 67 00
Écrivez-nous

Relations presse :
Nathalie BLIN

Tél. : 04 26 68 75 39
Mob. : 06 98 65 63 94
n.blin@hi.org

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Santé mentale : les séquelles du génocide rwandais
© Handicap International
Santé

Santé mentale : les séquelles du génocide rwandais

Handicap International intervient au Rwanda dans le domaine de la santé mentale depuis juillet 1994, au lendemain du génocide qui avait fait près d’un million de morts et traumatisé la population toute entière. Augustin Nziguheba, coordinateur technique psychosocial et protection, explique les activités actuelles de l’association qui bénéficient à plus de 6 000 personnes.

Handicap International et 11 ONG s’inquiètent de l’annonce de la fermeture de camps de réfugiés au Kenya
© B.Blondel / Handicap International
Améliorer la santé mentale

Handicap International et 11 ONG s’inquiètent de l’annonce de la fermeture de camps de réfugiés au Kenya

Les autorités kenyanes ont annoncé la fermeture des camps de réfugiés installés sur leur sol, et leur souhait d’un rapatriement rapide des réfugiés qui s’y trouvent parfois depuis plus de 20 ans. Un collectif de 11 ONG, parmi lesquelles Handicap International, a signé mardi 10 mai un appel au gouvernement kenyan pour lui rappeler ses obligations en matière d’accueil des réfugiés.

Hussein, 25 ans : « J’ai enfin des gens à qui parler »
© E. Fourt / Handicap International
Améliorer la santé mentale

Hussein, 25 ans : « J’ai enfin des gens à qui parler »

Hussein a été victime d’un bombardement en Syrie en 2013. Les éclats d’obus laissés dans son dos l’ont rendu paraplégique. Le jeune homme a fui vers le Liban pour y être soigné, laissant sa famille derrière lui. Avec le soutien de Light For the World, une équipe de Handicap International aide Hussein à se remettre physiquement et à sortir peu à peu de la dépression dont il souffre au quotidien.