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Imtithal : « Il me faudra du temps »

Appareiller et rééduquer
Jordanie Syrie

Victime d’un bombardement en Syrie fin 2013, Imtithal a perdu sa fille de 4 ans et a été grièvement blessée. Arrivée deux ans plus tard avec son mari dans le camp d’Azraq en Jordanie, elle bénéficie aujourd’hui du soutien de Handicap International* qui l’aide à se rétablir physiquement et psychologiquement de ce tragique événement.

Victime d’un bombardement en Syrie, Imtithal a perdu sa fille de 4 ans et a été grièvement blessée. Elle bénéficie de soins de kinésithérapie avec Handicap International.

© E. Fourt / Handicap International

« Ce jour-là nous étions au milieu de notre salon et j’entendais des explosions au loin... Je ne savais pas ce qui allait se passer, mais j’avais la sensation que cet endroit était celui où nous serions le plus en sécurité. J’avais ma fille dans les bras quand les bombardements se sont abattus sur notre maison. En un instant, tout a basculé. J’ai ressenti une douleur intense au niveau de ma jambe. J’ai repris mes esprits, j’ai regardé ma fille et j’ai tout de suite compris. Elle était décédée », raconte Imtithal, encore très affectée. 

Les professionnels de Handicap International l’écoutent en silence alors qu’elle continue son récit : « On m’a transportée dans un hôpital de fortune et on m’a prodigué des soins de base pour que je puisse rester en vie. Mais mon opération de la jambe n’a eu lieu que vingt jours après le bombardement. Suite à l’intervention, j’ai dû passer huit mois alitée, c’était une période extrêmement longue et pénible. Nous étions partis nous installer dans un village de la région, en attendant que les choses se calment dans notre ville. Et puis, nous avons finalement décidé de rentrer. Nous avons dû repartir de zéro, reconstruire la maison. Cela nous a pris deux ans. Ces années ont été très dures, nous vivions dans une incertitude constante, nous ne savions jamais de quoi demain serait fait. Nous avons finalement décidé de partir quand les combats se sont de nouveau intensifiés dans notre quartier, à la fin de l’année dernière. Nous avons pris le chemin de la Jordanie et c’est ici, à Azraq, que nous avons finalement été envoyés. » 

Se déplacer plus facilement

Les équipes de Handicap International ont immédiatement été informées de l’arrivée d’Imtithal dans le camp de réfugiés et différentes sessions lui ont été proposées. De la kinésithérapie, pour l’aider à gagner en mobilité et des séances d’ergothérapie, pour faciliter son quotidien. Des séances d’accompagnement social personnalisé lui ont aussi été suggérées, pour l’aider dans la gestion de ses émotions. Si Imtithal a accepté les deux premières, elle avoue ne pas encore se sentir prête pour l’accompagnement social personnalisé. « Il me faudra du temps… Ici, tout est nouveau et si différent, je dois m’habituer. Le plus important pour moi pour l’instant est de me déplacer plus facilement : mon bonheur passe avant tout par ma capacité à aider mon mari et mes enfants. »

Noor, kinésithérapeute de Handicap International, ne veut pas brusquer Imtithal. La session commence doucement. Par quelques mots et des gestes simples, elle lui explique les mouvements à faire pour souffrir le moins possible lors de ses déplacements. Elle lui indique également comment utiliser la béquille donnée par l’association. Bientôt, Imtithal disposera également d’un fauteuil roulant pour se déplacer sur de plus longues distances. Noor propose ensuite à Imtithal de se rendre à l’extérieur de son logement pour s’entraîner à marcher.

Elle fera les exercices préconisés

Imtithal continue de se confier à la jeune kinésithérapeute, alors que les deux femmes vont jusqu’aux sanitaires. Comme les structures du camp ne sont pas encore toutes adaptées aux personnes à mobilité réduite, Imtithal, en dépit de sa blessure à la jambe, doit s’habituer à cet environnement. Noor lui montre comment monter et descendre la marche qui mène aux sanitaires, tout en ménageant ses efforts. Imtithal s’applique, même si elle avoue se sentir très fatiguée. La kinésithérapeute se veut optimiste et essaie de la rassurer : « Avec cette béquille, puis le fauteuil roulant, Imtithal se déplacera plus facilement dans le camp, elle aura accès à des centres de soin dans lesquels elle ne pouvait pas se rendre avant ».

Après un peu de marche et quelques exercices, les deux femmes reviennent au logement. Imtithal remercie Noor pour le temps que lui accorde le personnel de Handicap International et elle insiste sur le fait qu’elle fera les exercices préconisés par la jeune kinésithérapeute pour se mouvoir plus facilement dans ce nouvel environnement. Puis elle conclue en répétant : « Il me faudra du temps… »

* Projet réalisé avec le soutien d'ECHO (Office humanitaire de la Commission européenne).

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Publié le : 26 février 2016
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