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«Ils ont soigné mon corps et mon esprit »

Réadaptation
Jordanie

Na’elah, 44 ans, souffrait de graves douleurs au niveau de l’épaule et était complètement immobilisée. Elle bénéficie, depuis plusieurs mois, de séances de kinésithérapie dans un centre partenaire de Handicap International en Jordanie. L’association est en mesure d’apporter son support aux structures locales  de santé dans le pays grâce au soutien du Département du Développement International du gouvernement Britannique (DFID). 

Na’elah discute de ses progrès avec Hamzeh et Manal. | © E. Fourt / Handicap International

Dans le centre de réadaptation de Zarqa, au nord-est de la capitale jordanienne, la salle d’attente ne désemplit pas. La structure, située au cœur d’un des multiples camps de réfugiés palestiniens du pays, accueille chaque jour des dizaines de patients. « Plus de 12 000 personnes vivent dans le camp », explique Hamzeh, spécialiste en kinésithérapie de l’association. « Nous soutenons ce centre avec des équipements, du matériel et nous formons ses employés. La structure accueille des réfugiés de diverses nationalités (Palestiniens, Syriens, etc.), mais aussi des Jordaniens. La plupart des personnes à qui nous apportons notre assistance ont été identifiées grâce à notre programme de réadaptation à base communautaire : ce sont nos volontaires, au sein du camp, qui ont identifié ce dont elles souffraient et les ont informées qu’ici, elles pourraient être soignées gratuitement. Dans cette zone populaire, beaucoup de gens ont besoin de kinésithérapie mais peu d’entre eux ont les moyens de payer pour ce type de soins. » Grâce à son programme de fonds d’actions, Handicap International est en mesure d’apporter un soutien financier aux personnes fréquentant le centre. En effet, le coût des services tels que la kinésithérapie est une des plus grosses barrières pour l’accès à des soins de qualité en Jordanie.

Na’elah fait son entrée dans la salle de réadaptation. Pour cette mère de quatre enfants, la gratuité des services a fait toute la différence. « Mon mari est Syrien et nous vivons avec peu de moyens. Pour moi, la kinésithérapie était un luxe que je pensais ne jamais pouvoir me payer. Je suis extrêmement reconnaissante de bénéficier de ces séances. Ma vie n’est pas facile mais voir le soutien que m’apportent les gens ici, les efforts qu’ils font pour que je me sente mieux, cela m’aide à aller de l’avant », explique-t-elle en souriant.

Manal, kinésithérapeute du centre supportée par l’association, entame une série d’exercices avec Na’elah. « Je viens chaque semaine ici, depuis le début de l’été », indique la Jordanienne. « Il  y a quelques mois, mon épaule s’est bloquée et du jour au lendemain, j’étais complètement immobilisée. Mon mari a entendu parler de ce centre quelques semaines plus tard et j’ai rapidement pu commencer la réadaptation ».

Manal sourit et ajoute : « C’est la vingtième session aujourd’hui. Elle a fait d’énormes progrès ! » Na’elah confirme : « Quand je suis arrivée ici, je ne pouvais rien faire seule. Ma fille m’aidait pour tous mes gestes quotidiens. Les mots me manquent pour expliquer à quel point Manal et l’équipe du centre m’ont aidée dans ma convalescence. Je peux m’habiller sans l’aide de personne maintenant, je peux à nouveau m’occuper de mes enfants… Cela peut paraître simple mais c’est un peu de ma dignité que j’ai retrouvée, au cours des dernières semaines. »

Nae’lah montre à la kinésithérapeute une photo prise lors de sa première séance. « Je pouvais à peine lever le bras, tu te rappelles ? Et regarde maintenant ! », dit-elle en tendant les doigts vers le plafond. « Ici, je n’ai pas uniquement récupéré mes mouvements, c’est avant tout l’espoir qui est réapparu dans ma vie. L’équipe du centre a soigné mon corps mais aussi mon esprit. Je les considère désormais comme des membres de ma propre famille. » Les exercices de kinésithérapie touchent à leur fin et Manal salue Nae’lah. Les deux femmes se reverront dans quelques jours, pour une nouvelle séance de réadaptation. 

 

Publié le : 25 octobre 2017
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