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Hodan, ou comment la vie commence à 17 ans

Insertion
Ethiopie

En Éthiopie, les enfants nés avec un handicap sont souvent vus comme une malédiction par leurs parents. Ils restent la plupart du temps à la maison et ne sont pas autorisés à aller à l'école. C'était le cas de Hodan, qui souffre depuis sa naissance d’un handicap physique et intellectuel. Handicap International, qui mène un programme d'insertion scolaire à l'école Afetisa toute proche, a convaincu ses parents : elle a pu commencer l'école à 17 ans.

Désormais intégrée dans son école, Hodan peut avoir un avenir grâce à Handicap International

© M. Feltner / Handicap International

À 17 ans, Hodan Abdulkadir ne ressemble pas aux élèves de CP habituels. Grande et svelte, elle dépasse ses camarades d'une tête et doit s'asseoir au fond de la classe pour que les autres puissent voir l'enseignant. Quand celui-ci écrit au tableau, Hodan copie soigneusement les lettres dans son cahier. Elle regarde ce qu'elle a écrit, vérifie que cela correspond au texte de l'enseignant, puis lit doucement les lettres à voix haute. Un grand sourire s'épanouit sur son visage alors qu'elle entend sa voix transformer ces lettres tracées avec hésitation en mots et en phrases.

Avant d'aller à l'école, Hodan était illettrée et avait du mal à formuler des phrases complètes. Née avec plusieurs handicaps, dont des déficiences auditives, physiques et intellectuelles qui n'ont jamais été entièrement diagnostiquées, Hodan était gardée à l'intérieur de la petite maison familiale à Dire Dawa, en Éthiopie, et ne sortait jamais. Ses parents, qui se battent pour gagner leur vie et envoyer leurs trois autres enfants à l'école, ne voyaient aucun espoir pour leur fille handicapée. 

« Je restais au lit toute la journée et je ne faisais rien. Je n'avais pas d'amis, je n'allais pas à l'école, je ne savais rien du monde. »

En Éthiopie, où il pourrait y avoir jusqu'à 4,8 millions d'enfants handicapés, seuls 3 % d'entre eux vont à l'école. « Certains parents pensent que les enfants handicapés sont des malédictions ou le résultat des péchés de leur mère, et ils les cachent à la maison », explique Abraham Seleshi, coordinateur du projet d'insertion scolaire de Handicap International en Éthiopie. « Même quand les parents souhaitent scolariser leur enfant, les écoles sont souvent incapables d'accueillir les élèves avec un handicap ou des besoins pédagogiques spéciaux. » 

Hodan a été transformée

En juillet 2012, Handicap International a lancé un programme pilote dans six écoles primaires de l'Est de l'Éthiopie. L'objectif était simple : rendre les écoles accessibles aux enfants handicapés. L'association a construit des rampes pour fauteuils roulants et d'autres dispositifs d'accessibilité. Elle a créé des centres de ressources sur le handicap avec des supports pédagogiques tels que des livres en braille. Elle a par ailleurs formé des dizaines d'enseignants et administrateurs à répondre aux besoins des enfants présentant différents types de handicaps. Le personnel et des bénévoles locaux sont également allés à la rencontre des parents pour les encourager à scolariser leurs enfants handicapés. Ce projet pilote a conduit à scolariser 256 enfants handicapés de plus.
Forte de ce succès, Handicap International déploie ce projet dans six régions d’Éthiopie – Dire Dawa, Harar, Somali, Oromia, Amhara et Addis Ababa – depuis fin 2014. Il permettra d'ici la prochaine rentrée de scolariser plus de 6 700 enfants handicapés dans 49 écoles primaires ordinaires.

« Il y a quelques mois, j'ai dirigé une formation auprès de l'association parents-enseignants à l'école Afetisa et j'ai souligné l'importance de l'éducation pour les enfants handicapés », raconte Abraham Seleshi. « Au cours de la réunion, le président de l'association m'a dit qu'il avait une fille handicapée à la maison, Hodan, et qu'il ne l'avait jamais envoyée à l'école. Après de nombreuses formations et rencontres individuelles avec moi, il a fini par comprendre qu'il devait scolariser sa fille pour lui assurer un meilleur avenir. »

Hodan a été transformée :

« Je suis tellement contente d'aller à l'école, j'apprends à lire et à écrire. J'ai eu du mal à m'habituer toute seule, mais j'ai des amis à l'école, qui m'aident à marcher quand j'en ai besoin. »

« J'ai vu ma fille changer considérablement », affirme Hibo Adan, la mère de Hodan. « Maintenant, elle parle tout le temps et elle sourit. Comme elle se lève et qu'elle marche, elle prend aussi des forces physiques. Maintenant, je peux imaginer un avenir pour elle. »

Hodan, 17 ans, peut désormais sortir de chez elle, aller à l'école... bref commencer sa vie © M. Feltner / Handicap International

Hodan, 17 ans, peut désormais sortir de chez elle, aller à l'école... bref commencer sa vie © M. Feltner / Handicap International

Publié le : 9 janvier 2017
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