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HI répond aux besoins physiques et psychologiques des réfugiés sud-soudanais en Ouganda

Réadaptation Urgence
Ouganda Soudan du Sud

Depuis le début de la guerre civile au Soudan du Sud, l'Ouganda a accueilli plus d'un million de personnes fuyant le conflit. Plus de 85 % des réfugiés sont des femmes et des enfants. Meryll Patois, experte en réadaptation pour Handicap International, décrit les besoins des réfugiés sud-soudanais et les services fournis par nos équipes. Découvrez son témoignage à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin.

Tabitha, 8 ans, a reçu de nouvelles béquilles pour l'aider à se rendre à l'école à pied. Camp de réfugiés d'Omugo en Ouganda, mai 2018

Tabitha, 8 ans, a reçu de nouvelles béquilles pour l'aider à se rendre à l'école à pied. Camp de réfugiés d'Omugo en Ouganda, mai 2018 | © Marlène Sigonney / HI

Pourquoi était-il important pour Handicap International de mettre en place des activités de réadaptation destinées aux réfugiés en Ouganda ?

Portrait de Meryll Patois, experte en réadaptation à Handicap InternationalHandicap International (HI) souhaitait répondre aux besoins considérables liés au type de conflit auquel sont confrontés les réfugiés sud-soudanais. Il n’existe pour l’instant aucun autre service de réadaptation au sein du camp. HI est la première organisation à fournir ce type de services.

L’impact de la violence du conflit se voit sur les bénéficiaires : leurs corps sont marqués. Certains ont souffert de violences extrêmes et n’ont eu accès à aucune prise en charge médicale, parfois pendant longtemps. Ils ont dû continuer à vivre avec leurs blessures, qui se sont donc aggravées.

Quels sont les profils des personnes aidées par HI ?

De nombreux bénéficiaires présentent des fractures et des blessures par balle. Beaucoup ont dû s’enfuir suite à une attaque nocturne. La plupart ont marché pendant des jours dans des conditions extrêmement difficiles sans avoir accès à aucun soin. Beaucoup de bénéficiaires présentent des complications découlant de lésions simples qui auraient pu être traitées rapidement si elles avaient été prises en charge à un stade précoce. Une fracture, par exemple, peut entraîner des complications susceptibles de générer un handicap permanent.

Quelles sont les modalités d’intervention de HI dans les camps de réfugiés en Ouganda ?

HI adopte une approche dite "intégrée" : nous avons une vision globale de chaque bénéficiaire que nous rencontrons. Par exemple, une mère qui a une jambe cassée ne peut plus marcher, ce qui l’empêche d’aller acheter de la nourriture au marché ou de travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants. Elle peut également souffrir d’un traumatisme psychologique. Dans ce cas, notre équipe lui fournit bien évidemment des services de réadaptation, mais également un accompagnement psychologique et une protection, et l’oriente vers d’autres organisations afin qu’elle puisse accéder à tous les services dont elle a besoin pour pouvoir s’intégrer dans la communauté.

Notre équipe évalue également si les personnes blessées ou handicapées peuvent être prises en charge par un accompagnant. Le cas échéant, nous formons chaque accompagnant pour qu’il sache comment aider son ami, son voisin, son proche. Nous observons une grande solidarité au sein des camps. Les voisins s’entraident, même s’ils ne se connaissent que depuis leur arrivée. Nous nous appuyons sur ces liens humains pour veiller à ce que les bénéficiaires reçoivent toute l’aide dont ils ont besoin.

Par exemple, l’une de nos bénéficiaires, Béatrice, est une petite fille de 10 ans paralysée des deux jambes à cause de la poliomyélite. Elle ne peut pas marcher. Nous lui fournirons un fauteuil roulant pour aller à l’école et nous expliquerons également à sa mère comment l’aider en lui faisant faire des exercices tels que des étirements.

Comment les patients peuvent-ils accéder aux services de réadaptation de HI au sein du camp de réfugiés ?

HI dispose d’un centre de soins dédié aux services de réadaptation au sein du camp, mais également d’équipes mobiles de kinésithérapeutes qui vont à la rencontre des personnes les plus vulnérables, cantonnées dans leur abri.

Au cours de chaque séance de réadaptation, nos kinésithérapeutes s’attachent à travailler la mobilité afin d’aider les bénéficiaires à se rétablir. Si cela s’avère impossible, notre équipe fournit aux bénéficiaires des aides à la mobilité visant à améliorer leur vie quotidienne (béquilles, fauteuil roulant, etc.).

Comment identifiez-vous les personnes ayant besoin d’aide au sein du camp de réfugiés ?

Nous disposons d’une équipe de protection qui parcourt le camp et identifie les personnes les plus vulnérables, ainsi que leurs besoins. Nous nous appuyons également sur les volontaires communautaires de HI, eux-mêmes réfugiés et qui connaissent très bien la communauté. Certains bénéficiaires nous sont également adressés par des ONG partenaires comme Save the Children et International Rescue Committee (IRC).

Les personnes qui ne peuvent pas se déplacer ni accéder aux services parce qu’elles ne peuvent pas quitter leur abri sont confrontées à une grande injustice. HI vient en aide aux personnes les moins visibles, qui sont souvent exclues de l’aide humanitaire. Ces personnes sont involontairement oubliées et notre rôle consiste à veiller à ce qu’elles reçoivent toute l’aide dont elles ont besoin. Malheureusement, aujourd’hui encore, beaucoup de personnes ont encore besoin d’une telle aide.

Publié le : 20 juin 2018
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