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"Je suis fière de contribuer à la résolution du problème de la contamination au Laos"

Mines et autres armes
Laos

Lamngueun a rejoint Handicap International en 2006 comme experte en neutralisation des explosifs. Aujourd'hui, elle dirige une équipe de déminage. Elle nous raconte son expérience.

Lamngueun avec des bombes neutralisées

Lamngueun avec des bombes neutralisées | © HI

Lamngueun est experte en neutralisation des explosifs (EOD) depuis 15 ans. Elle dirige une équipe de 8 démineurs au Laos, le pays le plus contaminé par les armes à sous-munitions.

Je m'appelle Lamngueun et j'ai 40 ans. J'ai grandi à Phine, une ville de la province de Savannakhet au Laos, qui est fortement touchée par les engins non explosés. Je viens d'une famille nombreuse - j'ai 7 sœurs et frères ! J'ai maintenant trois enfants à moi.

Je suis fière d'être une femme démineuse - chaque jour, je me dis que c'est un grand honneur de montrer que la destruction des engins explosifs n'est pas une profession réservée aux hommes. Je suis l'une des rares femmes démineuses à avoir atteint le niveau 3 de neutralisation des explosifs et munitions (EOD 3), ce qui signifie que je dirige une équipe de déminage et que je supervise la remise en état des sites contaminés.

Y a-t-il une tâche particulière qui vous a frappée récemment ?

Fin 2021, nous avons déminé une zone dans le village de Nalaeng, au nord du Laos, avec l'équipe féminine d'expertes en neutralisation des explosifs et munitions. La zone contaminée se trouvait sur toute une colline entourant le village. Comme d'habitude, nous avons trouvé beaucoup de sous-munitions, mais pas seulement.

Après 5 ou 6 jours de travail, un matin, un opérateur a découvert un grand objet métallique pendant qu'il creusait. Il m'a appelé pour inspecter et identifier ce qu’il avait trouvé. C’était une bombe d'avion Mk82 de 200 kg posée à l’horizontale, à environ 60 cm sous la surface du sol. Il s'agit d'une bombe de grande taille, très courante dans la province de Savannakhet (à l'Est du pays), mais pas si courante ici, dans le Nord, où nous trouvons habituellement des objets plus petits tels que des pièces d'artillerie, des mortiers, des grenades, des roquettes et des armes à sous-munitions. C’était un événement pour l'équipe et une l’occasion pour les superviseurs de partager leur expertise. Ils ont expliqué le fonctionnement du détonateur et comment l'identifier.

Nous avons marqué le site où l'engin a été découvert, ainsi que la zone à risque qui l'entoure. Ensuite, le chef des opérations s'est rendu sur place pour aider à planifier l'élimination de la bombe. Une telle bombe nécessite un rayon de sécurité de 1,5 km autour de l'engin. Deux jours plus tard, la bombe était désamorcée après l'évacuation partielle du village voisin et le déplacement de l'engin vers une fosse d'élimination où elle a été détruite avec 3 kg de TNT.

Pour cela, j'ai contribué à l'identification de la bombe, à la planification de sa démolition et à la sécurisation de la zone le jour de l'élimination.

Quelles sont les principales qualités d'un bon expert en déminage ?

Le plus important est d'être toujours concentré sur ce que l'on fait. En tant que chef d'équipe, je dois prendre faire en sorte que toutes les tâches soient assignées en toute sécurité et réalisées avec une bonne qualité, comme prévu.

Nous sommes en contact avec des engins explosifs presque tous les jours, nous devons donc être vigilants en permanence. Il y a quelques jours, nous avons trouvé et détruit plus de 10 armes à sous-munitions et munitions explosives en une journée alors que nous nettoyions une rizière dans le village de Homphanh, dans le district de Houameuang, au nord du Laos !

Pour ce travail, vous devez également être fort physiquement et mentalement. Les opérations sur le terrain peuvent être difficiles. Par exemple, les terres agricoles ici à Houameuang se trouvent pour la plupart au bord des montagnes. Nous travaillons de longues heures en balayant un détecteur de 12 kg. L'excavation est un travail difficile. Puis, à la fin de la journée, lorsque vous pensez avoir terminé, nous rentrons au camp de la base où nous devons laver nos vêtements, aider à préparer le dîner et remplir notre rapport quotidien.

Quand et comment êtes-vous devenu démineuse pour HI ?

C'est en 2005, alors que je venais de terminer mes études, Handicap International recherchait des gens à former pour devenir démineurs. J'ai décidé de poser ma candidature pour travailler pour l'organisation. Le processus de candidature n'a pas été facile : j'ai eu la chance d'être présélectionnée, j'ai ensuite dû passer une série de tests : mathématiques, lecture, tests médicaux et physiques ! Après avoir travaillé dur, j'ai appris que j'avais réussi !

Le travail a commencé par une formation intensive de deux mois. Je me suis retrouvée dans une salle de classe avec 25 autres jeunes garçons et filles. Nous avons appris comment fonctionnent les engins explosifs, quels sont les dangers, comment utiliser des équipements spécialisés comme un détecteur, comment détruire une bombe non explosée, comment utiliser une radio ou un mégaphone, comment donner les premiers soins médicaux.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail ?

J'ai été heureuse d'obtenir un emploi qui contribue à protéger les gens contre le danger des munitions et des armes explosives, encore nombreuses au Laos. Il y en a beaucoup au Laos. Il y a de nombreux accidents. Elles provoquent d’innombrables accident, dont celui de mon père en 1984 qui restera gravé dans ma mémoire. Un accident reste gravé dans ma mémoire : un jour, après avoir terminé son travail de bureau le soir, il est allé travailler à la rizière. Il a creusé et réparé une digue en terre avec sa bêche. Il a heurté un engin explosif qui a explosé. Il a eu beaucoup de chance car il n'a pas été gravement blessé. Il a dû aller à l'hôpital pendant une semaine.

J'ai vu mes grands-parents, mes parents, mes enfants et de nombreuses personnes de ma communauté vivre dans la peur chaque jour, en connaissant les risques des munitions non explosées mortelles. Je suis très heureuse de participer à la résolution de ce problème.

Comment conciliez-vous votre travail d'experte en neutralisation des explosifs et votre vie de famille ?

Lorsque la base de Handicap International a été déplacée de la province de Savanakhet, où vivent mes 3 enfants, à Houameuang dans le nord du Laos, cela a été vraiment difficile. Je suis plus éloignée de ma famille. Il faut un jour et demi pour rentrer chez moi. Nous avons trois périodes de congés par an, mais l'année dernière, à cause du Covid-19, il y a eu beaucoup de perturbations et nous avons travaillé d'avril à fin décembre sans rentrer chez nous. C'était une longue période pour moi. Les appels vidéo m'aident car je peux voir comment vont mes enfants à la maison. Il n'y a pas beaucoup d'opportunités d'emploi à proximité de ma famille et il est crucial pour moi de fournir un revenu pour les soutenir. C'est ce qui me motive à poursuivre un travail aussi important.

Publié le : 8 mars 2022
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