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Handicap International alerte les élus français sur les bombardements des civils

Mines et autres armes
France

Handicap International organise le 6 décembre au Sénat une conférence pour sensibiliser députés et sénateurs français aux bombardements des civils. Jean-Marc Boivin, délégué aux relations institutionnelles, revient sur les enjeux d’un tel rendez-vous et sur son travail de plaidoyer ces derniers mois. Objectif : faire pression sur les États afin que cesse cette pratique barbare.

Safa, 8 ans, victime d'un bombardement en Syrie. Handicap International lui a donné un fauteuil roulant et l’a appareillée d’une prothèse.

Safa, 8 ans, victime d'un bombardement en Syrie. Handicap International lui a donné un fauteuil roulant et l’a appareillée d’une prothèse. | © E. Fourt / Handicap International

Portrait de Jean-Marc Boivin, déléguée aux relations institutionnelles de Handicap International © Handicap International« Alors que nous nous approchons des élections présidentielle et législatives, en mai prochain, il est important d’alerter nos élus sur une des réalités les plus graves des conflits en cours : les bombardements des civils. L’utilisation des armes explosives en zones peuplées s’intensifie dans les conflits actuels, que ce soit en Syrie, au Yémen ou en Irak. Des villes entières sont dévastées, les civils tués ou mutilés et pris au piège de conflits urbains d’une violence extrême

Réaffirmer le DIH

Lors de cette conférence mardi, nous rappellerons les principes du Droit international humanitaire (DIH) : les parties à un conflit ne doivent pas viser les populations et les infrastructures civiles. Les belligérants doivent faire un usage proportionné de la force, avec toujours pour principe de préserver les populations civiles. Nous informerons également les élus sur notre campagne internationale et sur notre participation à un processus politique international pour élaborer une déclaration politique visant à mettre fin à l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées. Nous appelons l’ensemble des États à s’engager dans ce processus et à terme à signer cette déclaration que nous espérons finalisée fin 2018.

Contre la notion de dommage collatéral

‘La guerre aujourd’hui se fait largement dans les zones d’habitations…’, nous ont dit les politiques de différents pays que nous avons rencontrés ces derniers mois, comme si faire des victimes parmi les civils était une fatalité. 90 % des victimes des bombardements en zones peuplées sont actuellement des civils. La notion de dommage collatéral n’a aucun sens ! La guerre ne justifie pas tout. Il y a des règles à respecter.

Des guerres complexes et sales

Je rencontre régulièrement des hommes politiques, des conseillers militaires ou diplomatiques pour les sensibiliser aux conséquences désastreuses des bombardements sur les civils et les encourager à soutenir notre combat. Lors de ces rendez-vous, certains peuvent nous faire remarquer que les guerres ne se déroulent plus entre deux États ‘réguliers’ sur des champs de bataille : elles engagent souvent des coalitions, avec une multitude de parties prenantes impliquées par le jeu des alliances. De plus, les groupes armés non étatiques prolifèrent sans qu’un dialogue soit possible avec eux. Alors que la guerre est de plus en plus sale, la tentation est grande de réfuter le nécessaire respect du Droit international humanitaire quand on fait face à des ennemis qui ne le respectent pas. Ces arguments ne sont pas recevables : plus la guerre devient folle et meurtrière, plus il est urgent de rappeler les principes du Droit international humanitaire.

Notre but n’est pas de ‘restreindre’ ou ‘d’encadrer’ l’utilisation des armes explosives à large impact en zones peuplées comme certains États le proposent, mais d’y mettre complètement fin. »

> Lire le dossier spécial « Bombarder des civils, ce n’est pas la guerre, c’est un crime ! »

Publié le : 6 décembre 2016
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