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Fayez, 3 ans, fait d'énormes progrès

Réadaptation
Liban

Fayez, 3 ans seulement, a été victime d’un attentat-suicide en Syrie cette année. Lui et ses parents se sont réfugiés au Liban. Partiellement paralysé à son arrivée dans le pays, le petit garçon a été pris en charge par une équipe de Handicap International qui lui prodigue des soins de réadaptation. Avec l'aide de Mariam, sa kinésithérapeute, il fait beaucoup de progrès et peut à nouveau marcher.

Fayez lors d'une session de réadaptation avec Mariam, kinésithérapeute de Handicap International

Fayez lors d'une session de réadaptation avec Mariam, kinésithérapeute de Handicap International | © E. Fourt / Handicap International

Aujourd’hui Mariam, kinésithérapeute de Handicap International, vient rendre visite à Fayez, l’un des bénéficiaires les plus récents de l’association. Le petit garçon et ses parents ont trouvé refuge au Liban il y a quelques mois, après plusieurs années passées en Syrie au cœur de la guerre. Arrivée chez Fayez, Mariam le prend dans ses bras et démarre une nouvelle séance de réadaptation dans le salon familial. Noor, la maman, regarde avec attention les gestes effectués par la kinésithérapeute. Au milieu de la session, le père de Fayez les rejoint dans la pièce. Il regarde son fils en souriant, heureux des progrès qu’il a réalisés depuis son arrivée dans le pays.

"Il va mieux"

La route jusqu’au Liban a été longue. Ils ont été victimes de plusieurs attaques et ont dû se déplacer plusieurs fois en Syrie depuis le début du conflit. Noor raconte : « Au début de l’année, un missile s’est abattu sur notre maison et a touché mon oncle, mon mari et mon beau-frère. Après ça, nous avons trouvé refuge à Damas chez ma famille. Nous voulions que mon mari puisse s’y faire soigner. Mais une fois que nous étions là-bas, une seconde attaque a eu lieu. Un jour, un homme vêtu d’un habit militaire s’est fait exploser à côté de nous. Impossible de retrouver les enfants... je ne voyais que du sang autour de moi, un bain de sang. Nous avons commencé à chercher mes fils. Des personnes nous ont aidés et nous les avons finalement retrouvés à l’hôpital ».

Fayez, leur fils aîné, est gravement blessé. Des éclats d’obus se sont incrustés dans son cerveau et il est partiellement paralysé.

« Nous sommes venus au Liban pour que Fayez puisse recevoir des soins car en Syrie, nous avions tout perdu. Et puis, la situation là-bas était devenue insoutenable. Les attaques et les bombardements étaient constants, nous n’étions en sécurité nulle part et c’était extrêmement compliqué de fuir... »

Peu après leur arrivée dans le pays, les parents de Fayez entendent parler de Handicap International. Une équipe de l’association vient rencontrer leur fils et commence les sessions de kinésithérapie. « Il va mieux depuis », indique Noor en souriant. « Lorsque nous sommes arrivés, il ne pouvait ni parler, ni marcher ni même se tenir debout. Aujourd’hui il a encore du mal à s’exprimer, mais au moins il bouge à nouveau. »

Lui garantir un avenir

Les progrès de Fayez redonnent un peu d’espoir à ses parents, qui ont du mal à accepter leur situation de réfugiés au Liban. « On vivait si bien en Syrie il y a encore quelques années. C’est vraiment dur de se faire à l’idée que nous avons tout perdu. Avant la guerre, nous ne manquions de rien et nous menions une vie normale et paisible. On allait au travail, on avait une belle maison… Je ne sais pas si ça redeviendra un jour comme ça. Mais je l’espère pour lui… », soupire le père de Fayez en regardant son fils faire ses exercices.

Alors que la session touche à sa fin, Noor conclue : « Mon fils n’a que 3 ans et il a été victime de deux explosions cette année. Il est maintenant réfugié dans un pays qu’il ne connaît pas... Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est d’essayer de lui garantir un bel avenir. Et j’espère aussi qu’on pourra bientôt rentrer dans notre pays. Je rêve chaque jour que l’on puisse retrouver notre vie d’avant. Et que mon fils puisse grandir heureux, comme tous les autres enfants. C’est vraiment tout ce que je souhaite aujourd’hui. » Fayez s’installe sur les genoux de sa mère, comme pour la réconforter. Elle lui caresse les cheveux et essuie une larme, silencieusement.

Publié le : 5 décembre 2017
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