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« Donner des soins, et écouter »

Appareiller et rééduquer
Syrie

Depuis 6 mois, Abeer Ameen travaille comme kinésithérapeute pour Handicap International à Zahle, dans la plaine de la Beeka au Liban.

Abeer Amen soigne une personne

© G.Dubourthoumieu/ Handicap International

« Je m'appelle Abeer Ameen, j'ai 23 ans. Avant de travailler pour la mission d'urgence de Handicap International, j'étais kinésithérapeute à domicile autour de Majadal Anjar, à l'Est du Liban. Depuis janvier 2013, je fais partie d'une des équipes de Handicap International qui intervient auprès des réfugiés syriens. »

De la rééducation physique...

« Pour accomplir ma mission, j'utilise seulement mes mains et ma technique de kinésithérapeute, nous n'avons pas d'autre équipement comme parfois dans les hôpitaux. C'est d'ailleurs ainsi que je travaille habituellement. Ce qui change fondamentalement avec cette mission, c'est qu'en soignant des réfugiés syriens, j'ai désormais affaire à des cas beaucoup plus complexes. Les blessés peuvent avoir des traumatismes multiples, des fractures complexes par balles, voire des amputations. Et puis très souvent, parce qu'ils étaient dans des conditions très précaires, les patients n'ont reçu que des soins d'urgences qui visent à éviter le pire mais insuffisants pour permettre une bonne guérison. Dans un contexte normal, chaque fois que c'est nécessaire, un médecin prescrit des séances avec un kinésithérapeute. De cette manière, le patient bénéficie du suivi dont il a besoin pour retrouver un maximum de mobilité et d'autonomie. Les réfugiés syriens dont s'occupe Handicap International – les plus vulnérables et isolés – n'ont presque jamais eu l'opportunité de voir un médecin avant de me rencontrer. J'essaie donc vraiment de répondre à toutes leurs questions pour les aider à comprendre ce qu'ils ont et comment ils peuvent améliorer leur condition. Quand un patient parvient à acquérir une certaine autonomie grâce à mon travail, alors qu'auparavant il ne pouvait sortir de son lit, ça me remplit de joie et de fierté ! »

... au soutien psychologique.

« Je passe aussi beaucoup de temps à les écouter, à leur parler, à tenter de les comprendre, à m'occuper d'eux ou tout simplement à être présente, parce qu'ils ont besoin d'une très grande attention. Je n'avais jamais connu ça jusqu'à présent dans mon travail. C'est un aspect très nouveau pour moi, mais tout aussi important que la rééducation physique. Il faut que ces personnes puissent se sentir mieux, cela participe beaucoup à leur rétablissement physique. »

« Lorsque j'ai commencé ma mission, je crois que j'étais moi-même très touchée par ce que je voyais, par la détresse psychologique des réfugiés, leurs conditions d'hygiène déplorables J'étais minée par un sentiment d'impuissance... Heureusement, Handicap International organise un soutien, pour que nous soyons assez solides et en mesure de continuer à aider les réfugiés.

Sans aucun doute, travailler dans un contexte d'urgence est une expérience forte pour une jeune kinésithérapeute ; cela m'oblige à être très créative, à m'adapter. Je travaille au sein d'une équipe très variée, avec des travailleurs sociaux et des psychologues. Le rythme est intense, mais j'ai l'impression d'avoir plus appris en six mois avec Handicap International que si j'avais travaillé dix ans dans une clinique ! »

Publié le : 13 août 2013
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