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COP21 : « La nécessité de prendre en compte les populations les plus à risques »

Limiter l’impact des catastrophes naturelles sur la population
International

Véronique Walbaum, spécialiste de la Réduction des risques de catastrophes à Handicap International, a participé à la COP21 pour faire entendre la voix de l’association pendant les négociations. Elle insiste sur la nécessité de préparer les populations à faire face aux catastrophes. Elle a répondu à nos questions.

Pour Handicap International, il est important que les États impliquent davantage les populations les plus à risques, dont les personnes handicapées, dans l’élaboration et la mise en œuvre des processus de gestion des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique.

Quels ont été les messages portés par Handicap International pendant la COP21 ?


Aujourd’hui, 9 catastrophes sur 10 sont liées au climat. Avec nos partenaires, nous pensons qu’il est essentiel que les États impliquent davantage les populations les plus à risques, dont les personnes handicapées, dans l’élaboration et la mise en œuvre des processus de gestion des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique.

Il est important de mettre en place des mécanismes de préparation comme des équipes d’urgence locales davantage formées, des messages d’alerte largement disséminés, des sensibilisations afin que chacun sache quoi faire avant, pendant et après une catastrophe, entre autres.

Enfin, davantage de financements publics et privés doivent être mobilisés pour que les populations puissent s’adapter aux conséquences du changement climatiques et qu’elles soient mieux préparées face aux catastrophes naturelles. 

Que penses-vous des résultats des négociations ? Y a-t-il eu des avancées significatives en matière de réduction des risques de catastrophes naturelles ?


Handicap International salue des progrès notables dans ce texte. L’accord mentionne l’objectif de limitation du réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, la mise en place de cycles de révision des ambitions des États en matière de réduction des gaz à effet de serre, des objectifs de financement fixés à 100 milliards par an à partir de 2020, entre autres progrès… Même si on est loin de répondre à l’ensemble des besoins des pays affectés par le changement climatique, c’est un progrès.
Cependant, il manque un engagement clair à défendre les droits humains, dont l’égalité liée au genre, à l’âge et à la situation de handicap. Quant à la réduction des risques de catastrophes, si des liens explicites sont entrepris dès le préambule du texte, les mesures concrètes ne sont pas assez définies.


Au-delà de l’accord, quelles sont les actions concrètes menées par Handicap International pour s’adapter aux effets du changement climatique ?


Parmi les premières victimes de catastrophes, on compte régulièrement les mêmes populations à risques dont les personnes handicapées. C’est le cas notamment du tsunami au Japon de 2011, où les personnes handicapées ont été deux fois plus affectées que le reste de la population.


Via nos projets de réduction des risques de catastrophes, nous développons des pratiques d’adaptation au changement climatique afin que ces populations soient plus résilientes. Notamment par la mise en place de systèmes d’alerte pour avertir les populations, l’élaboration de plans familiaux de préparation aux risques, en encourageant la diversification des ressources économiques selon les saisons pour permettre de s’adapter aux conséquences du climat ou encore en préparant les populations à réagir aux catastrophes naturelles.
Ces activités permettent aux populations à risques de développer des mécanismes d’adaptation. Ceci est particulièrement pertinent dans les contextes déjà fortement impactés par les conséquences du changement climatique, tels que l’Asie du Sud-Est, l’océan Indien.

Publié le : 16 décembre 2015
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