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"Au Yémen, les bombardements de civils ne doivent pas devenir la règle"

Mines et autres armes
Yémen

Un hôpital soutenu par l’organisation humanitaire Médecins sans frontières a été touché par un raid aérien, faisant 11 morts et une dizaine de blessés, ce lundi 15 août, dans la ville d’Abs, dans la province de Hajja, au Nord du Yémen. Cette attaque intervient deux jours après le bombardement d’une école dans la province de Sadaa, qui a coûté la vie à 10 enfants. Handicap International et 5 associations humanitaires exigent une enquête indépendante sur ces attaques. Handicap International condamne ces bombardements et appelle toutes les parties au conflit à respecter le Droit international humanitaire.

Au Yémen, de récents bombardements ont touchés une école et un hôpital. Bombarder des civils est un crime !

© Handicap International

Depuis l’échec des négociations pour un accord de paix le 1er aout dernier, le Yémen est en proie à une recrudescence de violences. Les civils sont au centre du conflit. La semaine dernière a ainsi été particulièrement meurtrière pour les populations civiles : une école a été bombardée samedi 12 août. 28 enfants ont été blessés et 10 sont morts. Lundi 15 août, c’est un hôpital soutenu par MSF qui a été ciblé par un raid aérien de la coalition menée par l’Arabie Saoudite, faisant 11 morts et une dizaine de blessés.

Handicap International, associée à cinq  associations humanitaires, Care, Oxfam, Save the Children, Mercy Corps et Intersos, dénoncent ces violations graves et répétées du Droit international humanitaire dans un communiqué de presse conjoint.

"Ces bombardements touchant une école, puis un hôpital, ont des conséquences dévastatrices pour les populations civiles. Ce n’est pas acceptable. Handicap International demande à ce que toute la lumière soit faite sur ces attaques et appelle l’ensemble des parties au conflit au Yémen à cesser immédiatement tout bombardement contre les civils."

Anne Héry, Directrice du plaidoyer et des relations institutionnelles

Les populations civiles sont particulièrement touchées : les Nations unies ont comptabilisé 272 morts et 543 blessés entre avril et août 2016. Plus de 2,8 millions de personnes ont fui leurs domiciles en raison des bombardements quotidiens et tirs d’obus depuis le début du conflit. Les frappes aériennes ont été identifiées comme responsables de 60 % des 785 enfants tués et 1 168 blessés au Yémen l'an dernier.

Les armes explosives sont utilisées de façon massive dans les zones peuplées au Yémen avec un impact effroyable sur les civils, qui en sont les principales victimes. La communauté internationale doit agir pour mettre fin à cette pratique qui est la cause de lourdes pertes civiles également sur d’autres théâtres de conflits comme la Syrie, l’Ukraine ou l’Afghanistan.

Utilisées dans les zones peuplées, les armes explosives tuent, provoquent des souffrances et blessures graves (brûlures, plaies ouvertes, fractures, etc.). Elles sont la cause de handicaps et de traumatismes psychologiques lourds. Elles détruisent des habitations et des infrastructures civiles essentielles comme les écoles et les hôpitaux et provoquent le déplacement forcé des populations.

Les restes explosifs qui demeurent sur les zones impactées, génèrent une menace permanente pour les populations civiles longtemps après les combats, rendant la vie sur place impossible et le retour dans les quartiers extrêmement périlleux une fois l’attaque passée ou le conflit terminé.

Bombarder les civils, ce n'est pas la guerre, c'est un crime !

Bombarder les civils, ce n'est pas la guerre, c'est un crime !

Handicap International conduit une campagne visant à sensibiliser le grand public et interpeller la communauté internationale afin de mettre fin aux bombardements des civils.
Le massacre des civils n'est pas une fatalité ! L’obtention du Traité d’Ottawa interdisant les mines (1997) et celui d’Oslo interdisant les bombes à sous munitions (2008), nous rappelle que nous avons le pouvoir de changer les choses !
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Publié le : 16 août 2016
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