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Apaiser les « veuves du génocide des Tutsis »

Améliorer la santé mentale
Rwanda

Plus de vingt après le génocide des Tutsis, de nombreux Rwandais sont toujours victimes de détresse psychologique. Handicap International apporte un soutien psychosocial aux femmes qui ont perdu leur famille à ce moment-là. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'elles peuvent s'exprimer sur ces violences.

© Wendy Huyghe / Handicap International

En 1994, le génocide des Tutsis faisait au moins 800 000 morts au Rwanda. Pendant trois mois, des hommes, des femmes et des enfants sont torturés, violés, massacrés. Aujourd'hui, le pays enregistre le plus haut taux d'habitants rencontrant des troubles de stress post-traumatique dans la région.

Déployées en 1994 immédiatement après le génocide, les équipes de Handicap International conduisent au Rwanda un projet de santé mentale depuis 1996. Elles organisent des groupes de paroles en partenariat avec des organisations rwandaises et assurent un soutien psychologique individuel. L'insertion sociale de ces personnes vulnérabilisées, notamment, par le financement de microprojets économiques est le second volet de cette action. Ouvert aux victimes du génocide des Tutsis, ce projet vise également d'autres personnes vulnérables comme des victimes de violences, de viols ou des personnes séropositives.

« Personne ne veut parler avec nous de ce qui s'est passé alors que tout le monde dans les environs sait ce qui m'est arrivé », explique Victorine, 58 ans.

Cette mère de six enfants a été torturée et a perdu son mari lors du génocide des Tutsis. Il y a dix ans, elle a pris l'initiative de fonder un groupe pour que les femmes victimes de ces événements puissent s'exprimer sur ce douloureux passé.

« En 2004, j'ai rencontré une dame également “veuve du génocide”. Comme moi, elle n'avait personne pour s'occuper d'elle. Pour la première fois, dix ans après les faits, j'ai pu parler de ce qui m'était arrivé. L'idée nous est alors venue d'inciter d'autres femmes vivant la même situation à se réunir avec nous », témoigne Victorine.

Ce groupe accueille aujourd'hui une trentaine de femmes. Il est accompagné par une psychologue de Handicap International. « À travers les problèmes quotidiens de chacune, j'identifie celles qui ont besoin d'une assistance plus spécifique. J'organise des petits groupes de parole composés de femmes rencontrant les mêmes difficultés. Le seul fait qu'elles admettent avoir un problème les aide déjà. Pour les femmes atteintes de traumatismes plus graves, je prévois des sessions d'entretiens individuels. », précise Marie Gaudence, psychologue de l'association.

Handicap International a également financé le démarrage d'une activité agricole et d'une autre de vente de tissus afin d'apporter un soutien complet à ces victimes. Les bénéfices de leur travail servent à aider les membres du groupe qui traversent un moment difficile.

« Depuis la naissance du groupe de femmes, je peux à nouveau me concentrer sur l'avenir. Nous nous entraidons et nous nous protégeons. ça nous rend fortes. Et grâce à nos activités, je suis capable de mieux m'occuper de mes six enfants », confie fièrement Victorine.
Publié le : 9 octobre 2015
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