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Abdullah : « Je crois que j'ai changé pour toujours »

Secourir les victimes
Syrie

La Journée internationale de la solidarité humaine, ce 20 décembre, est l’occasion de vous faire découvrir le témoignage poignant d’Abdullah. Contraint de quitter la Syrie pour fuir les combats, il revient dans son pays aux côtés de Handicap International.

Centre de réadaptation de Handicap International en Syrie

© Brice Blondel / Handicap International

« Quitter la Syrie, vendre la petite entreprise de taxi que j'étais en train de lancer, cela a été une décision difficile. Mais quand les bombes ont commencé à exploser près de notre maison, j'ai compris que je n'avais pas le choix. En comparaison, il m'a semblé beaucoup plus difficile de revenir. Comment expliquer à ma famille que je voulais retourner dans les régions que nous venions de fuir ? Mais les personnes de Handicap International qui sollicitaient mes services avaient parcouru des milliers de kilomètres pour aider mon peuple, pour m'aider... J'ai pris ma décision rapidement et je ne l'ai jamais regrettée depuis. »

Abdullah, 36 ans, est la première personne recrutée par Handicap International à l'intérieur du territoire syrien. Agent de liaison depuis septembre 2012, il participe au recrutement du personnel, s'assure que les missions de l’association sont bien comprises, guide nos équipes dans les zones qu’il connaît bien… Pas vraiment ce qu'il recherchait lorsqu'il a décidé de quitter son pays et de se réfugier à l'étranger avec sa famille.

« Travailler pour Handicap International me permet d'agir, de faire quelque chose de bien pour améliorer la situation de ces personnes »

« C'est très étrange pour moi de me retrouver ici. J'ai passé ces deux dernières années à guider le personnel de Handicap International dans les camps de personnes déplacées et dans les hôpitaux de fortune bondés de blessés... Il y a deux ans, je ne pouvais pas supporter le vue du sang et j'aurais fait n'importe quoi pour éviter d'entrer dans un hôpital. C'est terrible de voir tant de souffrances, il est difficile d'y faire face. Mais au moins, travailler pour Handicap International me permet d'agir pour changer les choses. De faire quelque chose de bien pour améliorer la situation de ces personnes. C'est mon peuple. Que pouvais-je faire d'autre ?
Aujourd'hui, quand je suis auprès d'un blessé, j'arrive à le voir comme un ami, ou comme un fils si c'est un enfant. Je sens sa peine et je le soutiens. Je ne croyais pas en être capable. Je crois que j'ai changé pour toujours. »

Publié le : 19 décembre 2014
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