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99 % des victimes de sous-munitions sont des civils

Lutter contre les mines, les BASM et restes explosifs de guerre
International

Le rapport 2018 de l’Observatoire des sous-munitions fait état d’une baisse importante du nombre de victimes entre janvier 2017 et août 2018. Cette avancée notable occulte néanmoins une réalité inacceptable : la quasi totalité des victimes de ces armes barbares sont des civils.

Une équipe de déminage de HI au Laos, pays le plus infesté au monde de sous-munitions non explosées

Une équipe de déminage de HI au Laos, pays le plus infesté au monde de sous-munitions non explosées | © Philippa Poussereau / HI

Le rapport de l’Observatoire des sous-munitions dresse chaque année le bilan de l’application de la Convention d’Oslo qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions. L'observatoire publie ce 30 août son rapport 2018.

Le nombre de victimes en forte baisse...

Handicap International prend note de la baisse importante du nombre de victimes de ces armes barbares. Cette diminution est principalement due à la baisse des attaques utilisant des bombes à sous-munitions (BASM) en Syrie (36 attaques ont été recensées entre juillet 2017 et juin 2018, contre 238 attaques entre août 2016 et juillet 2017) et aux efforts continus des États engagés dans la mise en œuvre du Traité d’Oslo, depuis son entrée en vigueur en 2010. 35 États parties au traité ont détruit 1,4 million de BASM stockées, soit 177 millions de sous-munitions. Cela représente 99 % de toutes les armes à sous-munitions déclarées par les États parties. En parallèle en 2017, 93 km² ont été déminés et 153 000 sous-munitions ont été sécurisées et détruites.

>> Lire aussi « Les bombes à sous-munitions, c’est quoi ? »

... mais les civils toujours en première ligne

Si cette baisse constitue une véritable avancée dans le combat contre ces armes de lâches, elle ne doit cependant pas faire oublier que les BASM continuent de tuer et de mutiler chaque année des centaines de civils. En 2017, 99 % des victimes étaient des civils. Au total, 26 États et trois territoires sont toujours contaminés par les sous-munitions dans le monde. En 2017, c’est en Syrie et au Yémen que plus de 80 % des victimes de ces armes ont été enregistrées. Depuis 2012, l’utilisation des BASM est continue en Syrie : au moins 600 attaques au moyen d’armes à sous-munitions ont eu lieu dans le pays entre juillet 2012 et juillet 2017, causant 77 % des victimes recensées dans le monde.

Composée d’un conteneur regroupant jusqu’à plusieurs centaines de mini-bombes appelées « sous-munitions », les BASM sont conçues pour être dispersées sur de larges surfaces. Elles atteignent alors inévitablement des zones civiles et jusqu’à 30 % voire 40 % d’entre elles n’explosent pas à l’impact.

Infographie de Handicap International expliquant le fonctionnement des bombes à sous-munitions

Éradiquer ces armes barbares

Handicap International appelle aujourd’hui les 120 pays signataires du Traité d’Oslo à poursuivre leurs efforts pour éradiquer totalement ces armes qui tuent et blessent en très large majorité des civils.

« La guerre doit obéir à des règles et le Traité d’Oslo en fait partie. Tout doit être mis en œuvre pour qu'il soit respecté et qu’à terme, cette arme barbare soit éradiquée des théâtres de conflits. Les États doivent défendre et appliquer l’ensemble des textes relevant du Droit international humanitaire. »

Anne Héry, directrice du plaidoyer à Handicap International

Lire le rapport de l’Observatoire (en anglais)

Publié le : 30 août 2018
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