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+ 12 % de victimes de mines en un an, une recrudescence inquiétante

Lutter contre les mines, les BASM et restes explosifs de guerre

Alors que sort ce 26 novembre le rapport 2015 de l’Observatoire des mines, Handicap International s’alarme de la recrudescence du nombre de victimes dans le monde, en hausse significative entre 2013 et 2014. Une conséquence de l’augmentation de l’utilisation de ces armes dans les conflits, pourtant interdites depuis 1999. L’ONG rappelle aux 163 pays signataires du Traité d’Ottawa leur engagement pris l'année dernière : celui de « libérer » le monde de ces armes d’ici 2025.

Démineur de Handicap International au Liban

© M. Feltner / Handicap International

Selon le rapport 2015 de l’Observatoire des mines1 publié le 26 novembre, 3 678 personnes ont été tuées ou blessées par des mines antipersonnel ou des restes explosifs de guerre2 en 2014, soit une hausse de 12 % par rapport à 2013. Une augmentation significative alors que la tendance est à la baisse depuis l’entrée en vigueur du Traité d’Ottawa3 en 1999. L’interdiction des mines et les efforts de déminage ont permis une diminution constante du nombre de victimes, passant de 9 000 en 1999 à 3 300 en 2013. En 2014, 10 personnes chaque jour étaient encore victimes de ces armes dans le monde… 80 % des victimes sont des civils et un tiers sont des enfants qui ne soupçonnent même pas leur existence !

Un monde sans mines dans 10 ans ?

Le rapport souligne également l’augmentation constante de l’utilisation d’engins explosifs improvisés par les groupes armés non étatiques. Également connus sous le nom de « bombes artisanales », ces pièges explosifs ont le même pouvoir qu’une mine antipersonnel : lorsqu’ils explosent ils tuent, mutilent et entraînent de graves séquelles pour les victimes. En Syrie, après les combats qui ont ravagé Kobané fin 2014, les démineurs de Handicap International ont découvert en mai 2015 une ville jonchée de pièges explosifs, visant clairement à tuer des civils dans leurs maisons et lieux de vie. 

En 2014, les États signataires du Traité d’Ottawa se sont engagés à redoubler d’efforts pour éradiquer les mines antipersonnel de la planète. « Il nous reste 10 ans pour relever le défi », explique Anne Héry, directrice du Plaidoyer à Handicap International. « 10 ans pour achever le déminage, détruire les stocks existants et prendre en charge les victimes. Nous demandons aux pays engagés de ne pas relâcher leurs efforts ! » 

Le rôle majeur de Handicap International

Se libérer du fléau des mines est pourtant possible, comme l’a récemment montré le Mozambique qui s’est déclaré « libre de mines » le 17 septembre dernier. Handicap International a joué un rôle majeur dans ce pays en déminant 16 millions de mètres carrés entre 1998 et 2015. Au Liban, l’organisation a décontaminé 92 000 m² cette année, au Laos ce sont 3,1 millions de m² de terres qui ont été déminées depuis 2006 et remises à leurs habitants. Des opérations analogues débutent en cette fin d’année en Casamance, au Sénégal. 

Dans le monde, 57 États et 4 territoires sont encore contaminés par les mines et autres restes explosifs de guerre. Handicap International est engagée contre ces armes depuis 1992, intervenant dans les quatre secteurs du déminage humanitaire : la dépollution des terres, la prévention des accidents, l’assistance aux victimes et le plaidoyer dans 43 pays, notamment en Syrie, en Irak et en Ukraine. Handicap International a reçu conjointement le prix Nobel de la paix en 1997 pour son combat contre les mines antipersonnel, avec les autres membres de la Campagne internationale pour interdire ces armes.

Télécharger le rapport de l’Observatoire des mines

Infographie / chiffres clés des opérations de Handicap International contre les mines en 2015

1- Le rapport est publié par la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel – ICBL (prix Nobel de la paix en 1997) dont Handicap International est l’un des six membres fondateurs.
2- Le terme « restes explosifs de guerre » désigne différents engins non explosés, tels que des grenades, des obus, des roquettes… qui demeurent actifs et dangereux, même après la fin d’un conflit armé.
3- Le Traité d’Ottawa interdit l'acquisition, la production, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel. Le traité a été ouvert à signature le 3 décembre 1997 et est entré en vigueur le 1er mars 1999. 163 États en sont signataires. 162 sont États parties au Traité. 

Publié le : 26 novembre 2015
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